Dans un arrêté préfectoral rendu public ce mercredi 13 mai 2026, la raffinerie TotalEnergies de Donges, située en Loire-Atlantique, se voit enjoindre par l’État de procéder sans délai à la remise en état de sa tuyauterie, tout en déployant un plan de maîtrise du vieillissement et de la corrosion des installations. Selon Ouest France, cette décision intervient après que les services de l’État ont constaté des dégradations significatives sur certains éléments critiques du réseau, compromettant potentiellement la sécurité et la conformité environnementale du site.

Ce qu'il faut retenir

  • Un arrêté préfectoral en date du 13 mai 2026 impose à TotalEnergies de Donges de corriger la corrosion de sa tuyauterie sous 30 jours.
  • L’État exige la remise en état des installations et la mise en œuvre d’un plan de maîtrise du vieillissement des équipements.
  • La raffinerie, située en Loire-Atlantique, doit garantir la sécurité des opérations et le respect des normes environnementales.
  • Cette décision s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue des sites industriels à risque en France.

Une mise en demeure assortie d’un délai strict

L’arrêté préfectoral, daté précisément du 13 mai 2026, fixe un calendrier contraignant pour TotalEnergies. La raffinerie de Donges — l’une des plus importantes de France avec une capacité de traitement de près de 11 millions de tonnes de pétrole par an — doit non seulement réparer les zones de corrosion identifiées, mais aussi établir un programme de maintenance préventive pour limiter les risques de dégradation future. « Les inspections ont révélé des défauts de corrosion avancée sur des tronçons de tuyauterie, nécessitant une intervention immédiate », a expliqué un porte-parole de la préfecture de Loire-Atlantique. L’État ne laisse aucune marge de manœuvre : les travaux doivent débuter sous 30 jours et être achevés dans un délai maximal de six mois.

Des enjeux de sécurité et d’environnement sous surveillance

La corrosion des équipements dans une raffinerie n’est pas un phénomène anodin. Ces dégradations peuvent entraîner des fuites d’hydrocarbures, des risques d’incendie ou d’explosion, et des pollutions accidentelles. « La tuyauterie joue un rôle central dans la sécurité des installations », a rappelé un expert en sécurité industrielle joint par Ouest France. À Donges, où des produits pétroliers sont stockés et transformés en continu, le vieillissement des infrastructures est un sujet de préoccupation récurrent. Les autorités locales ont d’ailleurs renforcé leurs contrôles depuis plusieurs années, notamment après l’incident de 2022, où une fuite avait provoqué une pollution localisée du fleuve Loire.

Bref, cette mise en demeure s’ajoute à une série de pressions réglementaires sur le secteur. Les raffineries françaises, soumises à des normes environnementales de plus en plus strictes, doivent désormais justifier en permanence de leur capacité à anticiper les risques techniques.

Une décision qui s’inscrit dans une dynamique nationale

Cette décision n’est pas isolée. Depuis 2023, la Direction régionale de l’environnement (DREAL) en Pays de la Loire multiplie les audits ciblés sur les sites industriels à haut risque, comme l’illustre l’affaire de l’usine Lubrizol à Rouen en 2023, dont les conséquences ont marqué les esprits. À Donges, les services de l’État ont agi en coordination avec les équipes de TotalEnergies pour évaluer l’ampleur des dégradations. Les résultats préliminaires, rendus publics dans l’arrêté, pointent des « zones critiques » sur plusieurs circuits de transport de fluides inflammables. — Autant dire que la vigilance est maximale.

Et maintenant ?

TotalEnergies dispose désormais d’un délai de 30 jours pour soumettre un plan d’action détaillé à la préfecture, détaillant les étapes de réparation et les mesures de prévention mises en place. Si les travaux ne sont pas engagés dans les temps, ou si leur qualité est jugée insuffisante, la raffinerie s’expose à des sanctions administratives, voire à une fermeture partielle ou totale des installations concernées. Une réunion de suivi est prévue dès le 10 juin 2026 pour faire un point d’étape. Par ailleurs, les associations locales de riverains et les syndicats ont déjà annoncé qu’ils suivraient de près l’évolution de la situation.

Reste à savoir si cette mise en demeure marquera un tournant dans la gestion du vieillissement des infrastructures pétrolières en France. Pour l’instant, TotalEnergies n’a pas encore réagi officiellement à cette décision, mais le groupe a confirmé à Ouest France qu’il « prenait acte des prescriptions » et qu’il travaillait à la mise en conformité de ses installations.

En attendant, une question se pose : comment les autres raffineries françaises, confrontées aux mêmes défis de corrosion et de vieillissement, vont-elles s’adapter à cette exigence accrue de sécurité ?

En cas de non-respect des délais ou des exigences de l’arrêté, TotalEnergies s’expose à des sanctions administratives (amendes, astreintes) et, en dernier recours, à une fermeture partielle ou totale des installations concernées par la corrosion. La préfecture de Loire-Atlantique a déjà indiqué qu’elle n’hésiterait pas à prendre des mesures coercitives si nécessaire.