Selon Futura Sciences, le secteur du high-tech traverse une crise majeure baptisée « RAMpocalypse » ou « RAMageddon ». Depuis un an, les prix des appareils électroniques équipés de mémoire – smartphones, PC, consoles ou tablettes – s’envolent sous l’effet d’une pénurie sans précédent. La demande croissante en composants pour les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle a redistribué les capacités de production, laissant le grand public en position de faiblesse.
Ce qu'il faut retenir
- La pénurie de mémoire DDR5 a fait bondir les prix de plus de 400 % en un an, avec des barrettes de 32 Go dépassant désormais 400 €.
- Les constructeurs réallouent leurs chaînes de production vers des puces HBM, plus rentables, au détriment des composants pour le grand public.
- Steam Machine de Valve, PlayStation 5, Nintendo Switch 2 et smartphones voient leurs prix augmenter de 100 € à plus de 50 % du coût matériel, selon des constructeurs comme Samsung ou Apple.
- Les analystes estiment que la situation pourrait persister jusqu’en 2030, malgré des annonces de relance chinoise et des extensions de production chez SK Hynix ou Samsung.
- Des solutions alternatives émergent : reconditionné, DDR4, Linux ou report d’achat pour les consommateurs.
Une pénurie mondiale alimentée par l’essor de l’IA
La crise s’explique par la réallocation massive des capacités de production de mémoire. Les fabricants, comme Samsung ou SK Hynix, ont massivement investi dans les puces HBM (High Bandwidth Memory), indispensables aux serveurs dédiés à l’IA, bien plus rentables que la DDR5 classique. Résultat : les stocks de mémoire pour le grand public se raréfient, et les prix s’emballent. Selon Futura Sciences, deux barrettes de 16 Go de DDR5 coûtent désormais plus de 400 €, contre moins de 100 € en juillet 2025.
Les conséquences se font sentir partout. Valve a relevé le prix de sa Steam Machine à plus de 1 000 €, une hausse attribuée directement à la flambée des coûts des composants. De son côté, Nintendo a augmenté le tarif de la Switch 2 de 30 €, tandis que Sony a majoré la PlayStation 5 de 100 €. Même Apple, pourtant connu pour ses marges élevées, a répercuté ces hausses sur ses Mac et iPad.
Les géants du numérique « mendient des stocks »
La situation est telle que les acteurs du secteur négocient des hausses de prix ou se tournent vers des solutions de contournement. Samsung a annoncé une augmentation de 20 % de ses tarifs pour le troisième trimestre 2026, tandis que SK Hynix et SK Group estiment que la pénurie pourrait durer jusqu’en 2030. Kim Jaejune, vice-président exécutif chez Samsung, a précisé que la situation devrait empirer en 2027, selon les informations rapportées par Futura Sciences.
Pour faire face, certains acteurs innovent. Meta a développé une puce ASIC permettant de recycler de la vieille mémoire DDR4 dans des systèmes prévus pour la DDR5. Apple, de son côté, négocierait l’achat de puces auprès de fabricants chinois, malgré des restrictions géopolitiques liées à des listes noires du Pentagone, comme l’a révélé le journaliste Mark Gurman.
Smartphones, PC et consoles : qui paie le prix fort ?
L’impact varie selon les appareils. Dans les smartphones, la mémoire représente désormais plus de 50 % du coût matériel, selon Carl Pei, PDG de Nothing, qui a partagé cette analyse sur X (ex-Twitter) le 12 juin 2026. Pour les ordinateurs gaming, les kits de 32 Go de RAM sont passés de moins de 100 € à plus de 400 €. Les consoles ne sont pas épargnées : la Switch 2 voit son prix augmenter de 30 €, et la PlayStation 5 de 100 €.
Les constructeurs de PC ont tiré la sonnette d’alarme. HP, Dell et Lenovo alertent sur une hausse inévitable des prix dans les mois à venir, risquant de pénaliser aussi bien les particuliers que les entreprises. Pour les gamers, la situation est d’autant plus difficile que les exigences techniques des nouveaux jeux imposent des configurations toujours plus gourmandes en mémoire.
Faut-il acheter maintenant ou attendre ?
La question se pose avec une acuité particulière avant la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année. Selon Carl Pei, « le meilleur moment pour changer de smartphone, c’était hier ». En effet, les analystes s’accordent à dire que les prix pourraient continuer à grimper dans les mois à venir. Pour les ordinateurs, il faudra soit accepter des budgets élevés, soit revoir ses exigences à la baisse.
Une exception subsiste : la Nintendo Switch 2. Son augmentation de prix n’interviendra que le 1er septembre 2026, laissant encore quelques semaines aux consommateurs pour profiter de l’ancien tarif. Après cette date, l’écart risque de se creuser avec les autres consoles et appareils.
La crise actuelle illustre les tensions entre l’essor de l’IA et les besoins du grand public. À plus long terme, elle pourrait redessiner les stratégies des fabricants et des utilisateurs, avec des appareils moins gourmands en mémoire ou des solutions logicielles pour optimiser les performances existantes.
La hausse des prix de la DDR5 s’explique par une réallocation massive des capacités de production vers les puces HBM, indispensables aux serveurs d’IA. Les fabricants comme Samsung ou SK Hynix ont priorisé ces composants, bien plus rentables, au détriment de la mémoire classique destinée au grand public. Résultat : une pénurie qui a fait exploser les tarifs, avec une hausse de plus de 400 % en un an.
Plusieurs solutions sont envisageables. Les consommateurs peuvent se tourner vers le reconditionné ou l’occasion, en vérifiant scrupuleusement l’état des appareils. Pour les PC, il est possible d’opter pour des configurations compatibles avec de la DDR4, dont les prix ont moins augmenté. Enfin, des astuces logicielles, comme une réinitialisation ou le passage à Linux, peuvent prolonger la durée de vie d’un appareil ancien.