Alors que la finale de la Coupe de France 2026 oppose le RC Lens à l’AS Monaco ce vendredi 22 mai au Stade de France, 50 000 supporters lensois ont fait le déplacement jusqu’à Paris pour soutenir leur équipe. Selon Franceinfo - Sport, cette mobilisation illustre l’attachement viscéral d’une région à son club, bien au-delà des performances sportives. Fondé en 1906, le Racing Club de Lens incarne une histoire profondément liée à celle du bassin minier du Pas-de-Calais, où le charbon a forgé une identité collective.

Comme chaque grande occasion, les supporters entonneront « Les Corons », le chant emblématique de Pierre Bachelet qui évoque la vie des mineurs. « C’est notre histoire », déclare un fan dans le reportage de France 2 diffusé ce vendredi soir. « Ça représente un peu comme mon grand-père, les mines, les lessiveuses, le charbon… c’est toute une région », confie-t-il, la voix tremblante. Des paroles qui résument l’âme d’un club devenu culte, où chaque victoire est célébrée comme un triomphe populaire, et chaque défaite ressentie comme un deuil collectif.

Ce qu'il faut retenir

  • Le RC Lens fête cette saison 120 ans d’existence, marqué par une identité forgée dans le bassin minier du Pas-de-Calais.
  • 50 000 supporters lensois se sont rendus au Stade de France pour la finale de la Coupe de France 2026, malgré une place en tant que favori incertaine.
  • L’hymne « Les Corons » de Pierre Bachelet, symbole du lien entre le club et l’histoire des mineurs, sera repris en chœur par les supporters.
  • Le logo du RC Lens représente une lampe de mineur, héritage direct de l’époque où joueurs et mineurs se confondaient dans la même journée de travail.
  • Muriel Beaurepaire, tenancière d’un bar près du stade, suit le club depuis ses 3 ans et incarne la transmission d’une passion familiale.

Un club né dans l’ombre des mines et devenu symbole d’une région

Le RC Lens voit le jour en 1906, sous l’impulsion du patronat local qui cherche à divertir les ouvriers des mines de charbon. Rapidement, le club s’impose comme celui des « gueules noires », ces mineurs qui, dans les années 1950, enchaînent les journées au fond des galeries et les entraînements le soir. « Certains joueurs étaient mineurs le jour et footballeurs le soir », rappelle Luc Piralla, directeur-conservateur du Centre historique minier de Lewarde, cité par France 2. Cette dualité a façonné une culture unique, où le sport et le labeur industriel se mêlent indissociablement.

Le maillot sang et or du RC Lens porte encore aujourd’hui les stigmates de cette époque : une lampe de mineur, symbole de la lumière dans l’obscurité des fosses, orne le logo. « Ici, vous voyez un maillot qui est dans les collections du musée. On considère que c’est un élément de patrimoine », souligne Luc Piralla en montrant une réplique exposée. Pour les supporters, cette lampe n’est pas un simple motif : elle rappelle que le club a été, et reste, le porte-drapeau d’une communauté soudée par l’adversité.

Des supporters dont la passion transcende le sport

À Lens, le RC n’est pas qu’un club : c’est une seconde famille. Muriel Beaurepaire, qui tient un bar en face du stade depuis 47 ans, en est l’exemple parfait. « Je suis née dans une famille de mineurs, et je suis allée au stade pour la première fois à 3 ans », confie-t-elle. Son engagement, comme celui de milliers d’autres fans, dépasse le simple soutien sportif. « Quand il y a un but marqué dans les tribunes, le stade tremble », témoigne Jean-Paul Dambrine, 77 ans, propriétaire de vingt friteries « Momo » popularisées par le film Bienvenue chez les Ch’tis. Depuis cinquante ans, ce dernier prépare des frites sur le parking du stade les soirs de match, écoutant les clameurs de la foule sans jamais quitter son comptoir.

Ce lien fusionnel entre le club et ses supporters se mesure aussi à l’aune des traditions. Chaque déplacement à l’extérieur donne lieu à des cortèges de cars aux couleurs sang et or, tandis que les chants, comme « Les Corons », résonnent comme un hommage à un passé qui n’est pas mort. « C’est plus que des frissons, parfois c’est des larmes », avoue un supporter dans le reportage. Une émotion brute, presque physique, qui explique pourquoi le RC Lens fascine bien au-delà du Nord.

Une finale de Coupe de France chargée de symboles

Cette année, la finale de la Coupe de France oppose le RC Lens à l’AS Monaco, dans un duel où l’enjeu dépasse le cadre sportif. Pour les Lensois, décrocher ce trophée représenterait bien plus qu’une victoire : ce serait l’aboutissement d’un rêve centenaire. « Peu importe le résultat, on veut montrer au pays entier ce qu’est Lens », résume un fan. Le bassin minier, souvent associé à la précarité et aux fermetures de puits, voit dans son club un moyen de redorer son blason et de prouver sa résilience.

Le parcours du RC Lens en Coupe de France 2026 a d’ailleurs été marqué par des moments de grâce, notamment une victoire en quart contre l’Olympique de Marseille à Bollaert-Delelis. Chaque but marqué dans le stade est salué par une standing ovation, et chaque occasion manquée suscite une vague de déception collective. « Ici, on vit le football comme on vivait autrefois les grèves : en bloc », résume un ancien mineur devenu retraité. Une solidarité qui rappelle les heures sombres, mais aussi les heures de gloire du club.

Et maintenant ?

Si le RC Lens remporte la Coupe de France ce soir, le club inscrira son nom au palmarès pour la première fois de son histoire. Une victoire qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère, avec un impact économique et médiatique certain pour la région. En cas de défaite, les supporters, habitués aux hauts et aux bas, continueront de soutenir leur équipe avec la même ferveur. Dans les deux cas, une chose est sûre : le RC Lens reste un phénomène social, bien au-delà du football. Reste à voir comment ce club, porteur d’une histoire unique, saura évoluer dans un paysage sportif de plus en plus globalisé.

Pour les Lensois, cette finale est bien plus qu’un match : c’est une célébration de leur identité. Et si l’histoire leur sourit ce soir, ce sera une nouvelle page de légende qui s’écrira sous les couleurs sang et or.

Le RC Lens a été fondé en 1906 par le patronat minier pour distraire les ouvriers, devenant rapidement le club des mineurs. Son logo, une lampe de mineur, et ses joueurs des années 1950, souvent mineurs le jour, illustrent ce lien indéfectible avec l’histoire industrielle du Pas-de-Calais.

L’hymne est « Les Corons », de Pierre Bachelet, qui évoque le quotidien difficile des mineurs. Pour les supporters, ce chant représente bien plus qu’un refrain : il incarne leur mémoire collective et leur attachement à une région marquée par le charbon.