« Depuis quatre ans, je suis à fond dessus. » C’est en ces termes qu’un responsable de restauration collective a résumé son engagement en faveur des circuits courts, lors des premières rencontres locales organisées par le pays de l’Anjou Bleu. Comme le rapporte Ouest France, cette journée s’est tenue mercredi 20 mai 2026 au collège Jacques-Prévert de Châteauneuf-sur-Sarthe, dans les Hauts-d’Anjou (Maine-et-Loire). L’événement, co-organisé avec la chambre d’agriculture, avait pour objectif de dresser un état des lieux des évolutions observées dans les assiettes des restaurants scolaires et autres structures collectives de la région.
Ce qu'il faut retenir
- Un événement inaugural : premières rencontres locales de la restauration collective, organisées par le pays de l’Anjou Bleu et la chambre d’agriculture.
- Un lieu symbolique : le collège Jacques-Prévert de Châteauneuf-sur-Sarthe, en Maine-et-Loire.
- Un engagement croissant pour les circuits courts, avec une dynamique qui s’amplifie depuis quatre ans.
- Un focus sur la restauration scolaire, secteur où les attentes en matière de produits locaux se renforcent.
Un tournant dans les pratiques alimentaires collectives
Les rencontres de l’Anjou Bleu ont permis de mettre en lumière une transformation progressive des approvisionnements en restauration collective. Autrefois dominée par les circuits longs et les grandes enseignes de distribution, cette filière intègre désormais une part croissante de produits issus des exploitations locales. « On ne peut plus ignorer l’impact environnemental et la qualité des produits », a souligné un intervenant, sans préciser de chiffres précis. L’accent a été mis sur la nécessité de concilier accessibilité économique et proximité géographique.
Le collège Jacques-Prévert, choisi pour accueillir l’événement, incarne cette volonté de changement. L’établissement, comme d’autres dans la région, sert désormais des repas préparés à partir de denrées achetées auprès de producteurs du territoire. « C’est une démarche qui demande du temps et de la coordination », a expliqué un responsable présent lors des débats. L’organisation logistique, notamment pour les légumes de saison ou les viandes, reste un défi à relever pour les collectivités.
Les circuits courts, un levier pour l’économie locale
D’après les échanges lors de la journée, la restauration collective représente un marché porteur pour les agriculteurs du Maine-et-Loire. « En contractualisant avec les cantines, les producteurs sécurisent une partie de leurs débouchés », a indiqué un représentant de la chambre d’agriculture. Les rencontres ont également permis d’évoquer les freins persistants : adaptation des volumes de production, régularité des livraisons, ou encore formation des équipes en cuisine pour travailler de nouveaux ingrédients.
Un agriculteur présent lors de l’événement a témoigné de son expérience : « Depuis deux ans, je fournis des pommes de terre à trois collèges. Le volume est modeste, mais c’est un revenu stable et une visibilité accrue pour mon exploitation. » Les participants ont souligné que ce type de partenariats bénéficiait autant aux consommateurs qu’aux producteurs, en réduisant l’empreinte carbone liée au transport.
Un public engagé, mais des défis à surmonter
La journée a réuni une centaine de participants, mêlant élus locaux, responsables de cantines, agriculteurs et représentants associatifs. « L’enjeu n’est pas seulement alimentaire, mais aussi éducatif », a rappelé une élue du pays de l’Anjou Bleu. Les débats ont notamment porté sur la sensibilisation des enfants aux enjeux de l’alimentation durable, via des ateliers ou des menus pédagogiques.
Pour autant, les obstacles ne manquent pas. Certains intervenants ont pointé du doigt le manque de structures de stockage frigorifique adaptées, ou encore les coûts parfois supérieurs des produits locaux par rapport aux circuits classiques. « Le surcoût est réel, mais il est compensé par la valeur ajoutée pour la santé et l’environnement », a tempéré un nutritionniste présent lors des échanges.
Quels que soient les défis à venir, une chose est sûre : la restauration collective en Anjou Bleu a bel et bien pris le virage du local.
Selon les échanges lors des rencontres, les produits les plus fréquemment concernés sont les légumes de saison, les viandes, les produits laitiers et les fruits. Certains collèges intègrent également des œufs ou des céréales locales dans leurs menus.