Onze ans après avoir été victime d’un enlèvement au zoo de Beauval, une femelle tamarin-lion doré a fait son retour dans l’établissement ce jeudi 28 mai 2026. L’animal, retrouvé vivant en 2023 en Slovaquie, a été rapatrié après une longue procédure administrative et judiciaire, comme le rapporte Reporterre.

Ce qu'il faut retenir

  • Enlèvement en mai 2015 : la femelle tamarin-lion doré faisait partie des seize singes disparus ce mois-là du zoo de Beauval.
  • Retrouvée en 2023 : l’animal a été localisé vivant en Slovaquie, après huit ans de disparition.
  • Nom slovaque : elle a été prénommée Zlatka (« petit bout d’or » en slovaque) par les soigneurs du zoo de Bojnice, où elle a été placée après sa capture.
  • Naissance en 2013 : Zlatka était née à Beauval en juillet 2013, soit deux ans avant son enlèvement.
  • Rapatriement le 28 mai 2026 : son retour définitif à Beauval a été organisé après plusieurs années de négociations.

L’émotion était palpable au zoo de Beauval ce jeudi 28 mai, lors de l’arrivée de Zlatka. L’animal, alors âgé de seulement deux ans au moment de son enlèvement, avait disparu dans la masse des seize singes victimes de ce rapt en mai 2015. Selon Reporterre, c’est en 2023 que les autorités slovaques ont localisé Zlatka vivante, après des années de recherches infructueuses.

Une fois localisée, la primate a été placée sous la protection des équipes du zoo de Bojnice, en Slovaquie, où elle a reçu le nom de Zlatka. Ce prénom, qui signifie « petit bout d’or », lui a été attribué en référence à son espèce, le tamarin-lion doré, reconnaissable à sa crinière dorée. Les soigneurs slovaques ont veillé sur elle jusqu’à ce que les procédures administratives permettent son rapatriement vers la France.

Le retour de Zlatka s’inscrit dans un contexte de renforcement des mesures de protection des espèces menacées. Le tamarin-lion doré, classé en danger critique d’extinction, est une espèce protégée dont la survie dépend en grande partie des programmes de conservation comme celui du zoo de Beauval. D’après les spécialistes, le rapatriement de Zlatka constitue un symbole fort de la lutte contre le trafic d’animaux sauvages.

« Ce retour est une victoire pour la protection des espèces, mais aussi pour les équipes qui n’ont jamais abandonné les recherches », a déclaré un porte-parole du zoo de Beauval, cité par Reporterre. « Zlatka va désormais pouvoir retrouver un environnement adapté à ses besoins, après des années de captivité. »

Le parcours de Zlatka illustre également les défis liés aux enlèvements d’animaux dans les zoos. Entre 2015 et 2023, les recherches n’ont pas abouti, malgré les signalements et les interventions des autorités. Ce n’est qu’en 2023, grâce à des contrôles renforcés dans des élevages et des collections privées en Slovaquie, que Zlatka a été identifiée. Les experts soulignent que ce type de cas reste rare, mais que chaque réussite renforce la lutte contre les réseaux de trafic.

Pour les responsables du zoo de Beauval, ce retour marque une étape importante dans la réhabilitation de Zlatka. L’animal va désormais bénéficier d’un suivi vétérinaire et comportemental pour s’adapter à son nouveau milieu. Les équipes espèrent que son expérience pourra servir de leçon pour renforcer les protocoles de sécurité dans les parcs zoologiques.

Et maintenant ?

Dans les prochains mois, les soigneurs de Beauval devraient évaluer l’état de santé physique et psychologique de Zlatka. Une période d’observation sera nécessaire pour déterminer si l’animal pourra intégrer à terme le groupe de tamarins-lions dorés du zoo. Par ailleurs, les autorités françaises et slovaques pourraient tirer les enseignements de cette affaire pour durcir les contrôles sur les transferts d’animaux sauvages.

Ce retour soulève aussi des questions sur le devenir des quinze autres singes enlevés en 2015. Si certains ont pu être retrouvés morts ou dans des conditions précaires, d’autres restent portés disparus. Les associations de protection animale appellent à une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur ce trafic.

À plus long terme, le zoo de Beauval mise sur ce succès pour sensibiliser le public à la préservation des espèces menacées. Des ateliers et des expositions pourraient être organisés autour de l’histoire de Zlatka, afin de rappeler l’importance de lutter contre le trafic d’animaux sauvages.

La procédure a été retardée par des démarches administratives et judiciaires entre la France et la Slovaquie. Une fois Zlatka localisée en 2023, il a fallu prouver sa propriété légale et organiser son rapatriement dans le respect des réglementations internationales sur la protection des espèces.