Les catastrophes liées au changement climatique ont coûté 220 milliards de dollars en 2025, selon France 24. Ce montant inclut 107 milliards de dollars de pertes couvertes par les assurances, tandis que le reste concerne des biens non assurés. Une situation qui interroge l’avenir du secteur de l’assurance face à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 220 milliards de dollars de pertes ont été causés par le changement climatique, dont seulement 107 milliards étaient assurés, selon France 24.
  • Les biens non couverts par les assurances représentent désormais plus de la moitié des pertes totales.
  • Cette tendance soulève des questions sur la viabilité du modèle assurantiel actuel face à l’aggravation des risques climatiques.

Des pertes en forte hausse, une couverture en baisse

Les données publiées par France 24 révèlent une hausse de 30 % des pertes climatiques par rapport à 2024, année où les dommages s’élevaient déjà à 160 milliards de dollars. Pourtant, la part des sinistres non assurés a progressé de manière significative. « Les assureurs commencent à se retirer des zones les plus exposées, notamment dans les régions côtières ou les zones sujettes aux inondations », explique Mathilde Viennot, cheffe de projet au département Environnement du haut-commissariat à la stratégie et au Plan. Cette réticence s’explique par des coûts devenant ingérables, ajoute-t-elle.

Un modèle assurantiel mis à l’épreuve

Tom Hauser, chargé de campagne assurabilité des risques climatiques à l’ONG Reclaim Finance, rappelle que « le secteur de l’assurance n’a pas été conçu pour absorber de tels chocs ». Selon lui, les réassureurs, qui prennent en charge une partie des risques des assureurs, commencent eux aussi à durcir leurs conditions. « Certaines compagnies refusent désormais de couvrir des zones entières, comme certaines îles du Pacifique ou des régions du sud des États-Unis », précise-t-il. Une situation qui pourrait, à terme, exclure des millions de personnes de l’accès à une protection financière.

Les solutions envisagées, entre adaptation et innovation

Face à cette crise, plusieurs pistes sont explorées. Mathilde Viennot évoque la nécessité de « repenser l’aménagement du territoire pour limiter l’exposition aux risques ». Cela passe par des restrictions de construction dans les zones inondables ou une meilleure prise en compte des aléas climatiques dans les projets urbains. De son côté, Tom Hauser souligne l’importance de « mettre en place des mécanismes de solidarité », comme des fonds publics dédiés aux catastrophes naturelles, à l’image du Fonds Barnier en France.

« Le modèle actuel n’est plus tenable. Il faut soit adapter les contrats, soit accepter que certaines populations ne seront plus assurables. » — Mathilde Viennot

Et maintenant ?

Plusieurs échéances clés sont attendues d’ici 2027 pour tenter de stabiliser la situation. Les négociations internationales sur le financement des pertes et dommages climatiques, prévues lors de la COP28 en décembre 2026, pourraient aboutir à de nouveaux mécanismes de mutualisation des risques. En parallèle, l’Union européenne travaille sur une directive visant à encadrer les pratiques des assureurs en matière de risques climatiques. Reste à voir si ces mesures suffiront à éviter une généralisation des exclusions d’assurance.

Une question majeure se pose : comment concilier viabilité économique du secteur et accès à la protection pour les populations les plus vulnérables ? Pour l’instant, aucune solution miracle n’a émergé, et le statu quo semble de moins en moins tenable.