À six jours de l’ouverture de Roland-Garros, deuxième Grand Chelem de la saison, une fronde inédite anime le monde du tennis. Une vingtaine de joueurs et joueuses, dont les numéros un mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, ont décidé de réduire à seulement quinze minutes leur participation au traditionnel « Media day », prévu ce vendredi 23 mai 2026 au sein du tournoi parisien. Leur objectif ? Faire entendre leur mécontentement face à la répartition jugée trop déséquilibrée des revenus générés par les quatre tournois du Grand Chelem, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Une vingtaine de joueurs et joueuses, dont Sinner et Sabalenka, limitent leur temps de presse à 15 minutes ce vendredi 23 mai 2025 lors du « Media day » de Roland-Garros.
  • Cette action vise à protester contre la part actuelle des revenus des Grands Chelems, estimée à 15 % pour les joueurs, alors qu’ils réclament 22 %.
  • Parmi les contestataires figurent sept membres du top 10 masculin et sept du top 10 féminin, selon une source proche des joueurs citée par Le Figaro.
  • Cette fronde s’inscrit dans un conflit récurrent opposant les joueurs aux organisateurs des Grands Chelems sur la question des dotations.
  • Le début des qualifications de Roland-Garros est prévu pour ce lundi 19 mai 2025, avant l’entrée en lice du tableau principal.

Une protestation organisée et revendiquée

Cette décision, confirmée jeudi 22 mai 2025 par l’AFP via une source proche des joueurs, marque une escalade dans le bras de fer entre les joueurs et les organisateurs des Grands Chelems. Les athlètes réclament depuis plus d’un an une augmentation de leur part des revenus, actuellement fixée à environ 15 %, contre 22 % qu’ils estiment équitable au regard de l’apport des joueurs à l’attractivité des tournois. Côté, quatorze joueurs issus des dix meilleurs mondiaux, répartis à égalité entre hommes et femmes, devraient se plier à cette mesure symbolique. Leur action vise à attirer l’attention sur un déséquilibre persistant, alors que les revenus des Grands Chelems ont explosé ces dernières années.

Pour rappel, les quatre tournois du Grand Chelem (Roland-Garros, Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie) génèrent chaque année des centaines de millions d’euros de recettes, principalement grâce aux droits télévisés et au sponsoring. Pourtant, la part allouée aux joueurs reste marginale au regard de l’investissement et du risque encouru par les athlètes, soulignent les signataires de cette protestation.

Le « Media day », un symbole de la contestation

Le traditionnel « Media day » de Roland-Garros, organisé chaque année la veille de l’ouverture officielle du tournoi, est devenu le théâtre d’une confrontation directe entre les joueurs et les instances dirigeantes. Ce rendez-vous médiatique, obligatoire pour les participants, permet aux athlètes de répondre aux questions de la presse internationale avant le début de la compétition. Or, pour la première fois, plusieurs stars mondiales ont choisi de réduire drastiquement leur présence, limitant leurs interventions à un quart d’heure. Une décision qui, selon Le Figaro, reflète l’exaspération grandissante des joueurs face à des négociations jugées insuffisantes.

Parmi les joueurs concernés figurent des figures majeures du circuit, comme Carlos Alcaraz, Novak Djokovic ou encore Iga Świątek. Leur absence ou leur présence écourtée lors de ce « Media day » envoie un signal fort aux organisateurs, mais aussi aux sponsors et aux diffuseurs, dont dépendent en grande partie les revenus des tournois. Autant dire que l’impact médiatique de cette action pourrait dépasser le cadre strict du tennis.

Une réponse des organisateurs attendue dans les prochains jours

Interpellée par cette fronde, la direction de Roland-Garros n’a pas tardé à réagir. Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, a déclaré ce jeudi : « On est triste de ce choix. Le dialogue reste ouvert, et nous espérons que cette situation ne s’envenime pas davantage. » Une déclaration qui laisse entrevoir une volonté de négociation, même si les joueurs semblent déterminés à faire pression. Pour rappel, les Grands Chelems avaient jusqu’ici maintenu leur position, arguant que les joueurs bénéficiaient déjà de dotations individuelles et de primes de performance élevées.

« Les joueurs ont toujours été une priorité pour nous, mais il faut aussi prendre en compte la viabilité économique de nos tournois. »
— Un porte-parole des quatre Grands Chelems, sous couvert d’anonymat

Cette tension intervient alors que les préparatifs de Roland-Garros battent leur plein. Les qualifications, qui doivent désigner 64 hommes et 64 femmes pour le tableau principal, débuteront dès ce lundi 19 mai 2025. Le tableau final, lui, s’ouvrira dans une semaine, le lundi 26 mai, pour une quinzaine de compétition riche en enjeux sportifs et économiques.

Et maintenant ?

La question qui se pose désormais est de savoir si cette protestation unilatérale des joueurs pourrait s’étendre à d’autres tournois du Grand Chelem. Les prochaines semaines s’annoncent décisives, alors que les négociations entre les représentants des joueurs et les organisateurs pourraient s’intensifier. Une réunion est déjà prévue la semaine prochaine à Paris, mais aucune date précise n’a été communiquée pour l’instant. Bref, le monde du tennis semble entré dans une phase de tension inédite, où l’équilibre entre compétitivité sportive et équité économique sera au cœur des débats.

Pour l’heure, les organisateurs de Roland-Garros ont rappelé que le tournoi se déroulerait normalement, malgré cette fronde. Les fans pourront donc compter sur deux semaines de compétition intense, mais aussi sur des échanges tendus entre les acteurs du circuit. Reste à voir si cette action collective des joueurs aboutira à une redistribution plus favorable des revenus, ou si elle restera sans lendemain. Une chose est sûre : le tennis mondial entre dans une nouvelle ère, où les joueurs entendent faire entendre leur voix bien au-delà des courts.

Les joueurs estiment que leur part actuelle, fixée à environ 15 %, ne reflète pas leur contribution à l’attractivité des tournois. Avec l’augmentation des droits télévisés et du sponsoring, ils jugent cette rémunération insuffisante au regard des risques financiers et physiques encourus. Leur revendication s’appuie sur une étude interne du circuit ATP/WTA, qui propose une répartition plus équitable des revenus.

Rien n’est exclu. Plusieurs joueurs ont déjà évoqué la possibilité de renouveler cette protestation lors des prochains tournois du Grand Chelem, notamment à Wimbledon et à l’US Open. La dynamique collective pourrait encourager d’autres athlètes à rejoindre le mouvement, surtout si les négociations n’aboutissent pas d’ici là.