Une série d’attaques ukrainiennes menées par drones depuis le début du mois de mai a mis à mal un quart des capacités de raffinage de la Russie. Selon Capital, plusieurs grandes raffineries situées dans le centre du pays ont dû ralentir ou stopper leur production, fragilisant davantage l’industrie pétrolière russe déjà sous pression.
Ce qu'il faut retenir
- Un quart des capacités de raffinage russes (soit 25 %) est actuellement à l’arrêt ou fortement réduit en raison des frappes ukrainiennes par drones.
- Parmi les sites touchés figurent les raffineries de Kirishi (près de Saint-Pétersbourg), Moscou, Nijni Novgorod, Riazan et Iaroslavl.
- La raffinerie de Kirishi, capable de traiter 20 millions de tonnes de pétrole par an, est totalement à l’arrêt depuis le 5 mai.
- Ces perturbations menacent l’approvisionnement intérieur en carburants et réduisent les recettes budgétaires de Moscou, dont un quart provient des exportations pétrolières.
- Le gouvernement russe a prolongé l’interdiction d’exporter de l’essence jusqu’à la fin du mois de juillet.
- Ces attaques pourraient aussi affecter les marchés pétroliers mondiaux, la Russie restant l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures.
Des frappes ciblées pour fragiliser l’économie russe
Les attaques menées par Kiev visent explicitement à perturber les infrastructures industrielles et logistiques russes. Comme l’indique Capital, l’objectif est de réduire les recettes du Kremlin, qui financent en grande partie l’effort de guerre en Ukraine. « Ces frappes ne sont pas anodines : elles ciblent directement les ressources financières de la Russie », explique un analyste spécialisé dans les questions énergétiques. Pour Moscou, la situation est d’autant plus critique que les recettes pétrolières représentent un quart des revenus fédéraux du pays.
Parmi les sites les plus touchés, la raffinerie de Kirishi, située dans la région de Leningrad, est totalement paralysée depuis le 5 mai. Avec une capacité annuelle de 20 millions de tonnes, son arrêt complet prive le marché intérieur russe d’une partie significative de ses approvisionnements en carburants. D’autres complexes, comme celui de Nijni Novgorod, ont également été visés. La raffinerie NORSI, l’un des principaux sites de la région, a subi une attaque le 20 mai, mais son degré de paralysie reste encore indéterminé à ce stade.
Un impact direct sur l’approvisionnement et les finances publiques
La paralysie partielle des capacités de raffinage russes a des répercussions immédiates sur le marché intérieur. Les carburants devenant plus rares, les prix pourraient s’envoler, aggravant une inflation déjà élevée. « L’arrêt de Kirishi est un coup dur pour l’industrie russe », souligne un expert interrogé par Capital. « Sans cette raffinerie, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en carburants qui est perturbée. »
Côté finances, la situation est tout aussi préoccupante. Les exportations pétrolières, qui représentent un quart des revenus de l’État, sont désormais menacées. Pour limiter l’hémorragie, le gouvernement russe a décidé de prolonger jusqu’à la fin du mois de juillet l’interdiction d’exporter de l’essence, une mesure exceptionnelle prise en mars 2026. Cette décision, bien que nécessaire pour protéger le marché intérieur, risque d’aggraver les tensions sur les marchés mondiaux, où la Russie joue un rôle clé. Avec l’Arabie Saoudite et les États-Unis, elle figure parmi les trois plus grands producteurs mondiaux de pétrole.
Un enjeu stratégique pour les marchés énergétiques mondiaux
Les perturbations en Russie pourraient avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières. Les pays importateurs, notamment en Europe et en Asie, pourraient subir des difficultés d’approvisionnement ou une hausse des prix. « La Russie reste un acteur incontournable sur le marché pétrolier », rappelle un économiste cité par Capital. « Toute perturbation majeure de sa production ou de son raffinage se répercute immédiatement sur les prix à l’échelle mondiale. »
Cette situation survient alors que les tensions sur le marché pétrolier sont déjà élevées. La guerre en Ukraine, combinée aux sanctions occidentales et aux fluctuations géopolitiques au Moyen-Orient, a créé un contexte de forte instabilité. Les analystes s’attendent à une volatilité accrue dans les semaines à venir, d’autant que d’autres raffineries russes pourraient être ciblées par des frappes ukrainiennes.
En attendant, Kiev semble déterminé à poursuivre sa stratégie de ciblage des infrastructures énergétiques russes. « L’objectif est clair : affaiblir la capacité de la Russie à financer sa guerre », a déclaré un porte-parole du ministère ukrainien de l’Énergie. Pour l’heure, aucune indication ne laisse présager un ralentissement de ces attaques dans les semaines à venir.
Cette mesure, prolongée jusqu’à la fin du mois de juillet, vise à protéger le marché intérieur russe face à la pénurie de carburants provoquée par les frappes ukrainiennes. En limitant les exportations, Moscou cherche à préserver ses stocks et à éviter une flambée des prix, qui aggraverait l’inflation déjà élevée dans le pays.