Le groupe Safran accélère la production de ses bombes air-sol modulaires AASM, avec un objectif de 1 400 unités fabriquées en 2026. Cet objectif s’inscrit dans une stratégie d’expansion industrielle menée par l’équipementier aéronautique français, qui investit 120 millions d’euros dans son site de Montluçon (Allier) pour augmenter ses capacités et créer plus de 150 emplois. Selon Capital, cette montée en puissance illustre la volonté de la France d’accroître ses capacités de défense face à un contexte géopolitique tendu.
Ce qu'il faut retenir
- Safran vise une production de 1 400 bombes AASM en 2026, contre 1 000 en 2025 et seulement 200 en 2022.
- Un investissement de 120 millions d’euros est consacré à l’usine de Montluçon, avec la création de plus de 150 emplois.
- La production des gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH) doit tripler d’ici 2032, passant de 10 000 à 30 000 unités annuelles.
- L’AASM, une bombe guidée de haute précision, équipe notamment les Rafale et Mirage 2000, ainsi que des appareils ukrainiens comme les MiG-29 et Sukhoï.
- La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit une hausse de 240 % du parc des AASM dans l’armée française.
Un investissement stratégique pour renforcer la souveraineté industrielle
Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche et rapporté par Capital, Olivier Andriès, directeur général de Safran, a confirmé le déploiement d’un plan d’investissement de 120 millions d’euros pour moderniser l’usine de Montluçon. Ce site, dédié à la fabrication d’équipements de défense, concentre une partie des efforts de l’État pour réduire la dépendance française aux importations d’armement. La création de plus de 150 postes s’ajoute à cette dynamique, soulignant l’importance accordée à la relocalisation de la production.
Parmi les produits phares de l’usine, les bombes AASM (Armement Air-Sol Modulaire) occupent une place centrale. Ces engins, disponibles en trois versions (250 kg, 500 kg et 1 000 kg), se distinguent par leur précision et leur capacité à opérer dans des environnements brouillés, sans dépendre du GPS. « Nous annonçons un investissement de 120 millions d’euros pour augmenter nos capacités dans notre usine de Montluçon », a déclaré Olivier Andriès. « Plus de 150 emplois vont être créés. »
Une production en forte croissance depuis 2022
Les chiffres illustrent l’ampleur de l’accélération industrielle. Entre 2022 et 2026, la production d’AASM devrait être multipliée par plus de six, passant de 200 à 1 400 unités. À terme, Safran pourrait fabriquer jusqu’à 2 000 bombes guidées laser d’ici 2027, selon les projections évoquées par le dirigeant. Cette hausse s’inscrit dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, qui prévoit une augmentation de 240 % du parc des AASM au sein de l’armée de l’air et de l’espace française.
Parallèlement, l’usine de Montluçon produit des gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH), des composants critiques pour la navigation inertielle. Ces équipements, capables de fonctionner sans signal satellitaire, sont utilisés dans des systèmes comme les canons Caesar, les navires de guerre ou encore les véhicules terrestres. Safran précise que sa production de GRH passera de 10 000 à 30 000 unités par an d’ici 2032, triplant ainsi sa capacité. « Nos technologies ont été retenues pour tous les éléments de la dissuasion française, mais également les canons Caesar, des navires de guerre, des véhicules terrestres et aussi notre bombe guidée, l’AASM (Hammer) », a précisé Olivier Andriès. « Et c’est à Montluçon que nous fabriquons ces senseurs inertiels de nouvelle génération. »
Des équipements déployés sur plusieurs théâtres d’opérations
Les bombes AASM, développées en collaboration avec Dassault Aviation, équipent les avions de combat français et alliés. Leur portée, supérieure à 70 kilomètres, et leur précision en font une arme de choix pour les opérations aériennes. Les Rafale et Mirage 2000 de l’armée française en sont les principaux utilisateurs, mais ces bombes sont également déployées par les forces ukrainiennes, notamment sur des MiG-29 et des Sukhoï. Cette polyvalence renforce l’intérêt stratégique de la production française, alors que les tensions internationales poussent les États à renforcer leurs arsenaux.
L’AASM se décline en trois versions, adaptées à différentes missions. La version 250 kg, la plus répandue, offre un compromis idéal entre puissance et précision. Les versions 500 kg et 1 000 kg, plus lourdes, sont destinées à des cibles plus robustes ou nécessitant une frappe plus profonde. Toutes bénéficient d’un système de guidage laser, garantissant une précision chirurgicale, même dans des conditions de brouillage électromagnétique intense.
L’engagement de Safran dans la défense s’inscrit enfin dans une dynamique plus large du secteur aéronautique français, qui mise sur l’innovation pour renforcer sa position sur la scène internationale. Alors que les tensions géopolitiques persistent, la capacité à produire en masse des équipements de pointe devient un atout majeur pour la France.
L’AASM (Armement Air-Sol Modulaire) est une bombe guidée de précision, conçue pour être larguée par des avions de combat comme le Rafale ou le Mirage 2000. Elle combine un kit de guidage laser et un système de propulsion, lui permettant d’atteindre des cibles à plus de 70 kilomètres avec une extrême précision. Son avantage réside dans sa capacité à fonctionner sans GPS, grâce à une navigation inertielle, ce qui la rend résistante aux brouillages électromagnétiques.