L’audience prévue aujourd’hui devant le tribunal de commerce de Paris pourrait sceller l’avenir de la scission de Vivendi, un dossier suivi de près par les marchés et les actionnaires du groupe. Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance, devra convaincre les magistrats de la légitimité de cette opération stratégique, alors que les tensions entre les actionnaires persistent. Selon BFM Business, cette décision judiciaire intervient après des mois de négociations et de rebondissements, alors que le groupe cherche à se recentrer sur ses activités médias et de divertissement.

Le projet de scission, annoncé en 2025, vise à séparer Vivendi en deux entités distinctes : une dédiée aux médias (Canal+, Havas, Prisma Media) et l’autre aux télécoms (SFR). Une opération qui pourrait redéfinir l’équilibre actionnarial du groupe, où Vincent Bolloré, via sa holding Bolloré Participations, détient une influence majeure. L’audience de ce 22 mai 2026 s’annonce donc comme un tournant, alors que les opposants au projet multiplient les recours juridiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Une audience décisive se tient aujourd’hui, jeudi 22 mai 2026, devant le tribunal de commerce de Paris pour trancher sur la scission de Vivendi.
  • Le projet prévoit la séparation du groupe en deux entités : une dédiée aux médias et l’autre aux télécoms.
  • Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance, défend cette opération face à des actionnaires minoritaires opposés au projet.

Un projet de scission en suspens depuis 2025

Vivendi avait officialisé en décembre 2025 son intention de procéder à une scission en deux sociétés distinctes, une première depuis la création du groupe. Cette décision, validée par le conseil d’administration, s’inscrit dans une logique de recentrage sur les activités les plus rentables, à savoir les médias et le divertissement. Canal+, Prisma Media et Havas devaient ainsi former une entité autonome, tandis que SFR, le fleuron des télécoms, serait détaché pour attirer de nouveaux investisseurs. Une stratégie que Vincent Bolloré a présentée comme « une étape nécessaire pour maximiser la valeur pour les actionnaires ».

Pourtant, le projet n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs actionnaires minoritaires, regroupés autour de fonds d’investissement, ont contesté la légalité de la scission, arguant que le processus n’avait pas respecté les règles de transparence. Leurs recours ont retardé la mise en œuvre de l’opération, forçant Vivendi à saisir la justice pour obtenir gain de cause.

Vincent Bolloré face à la justice

C’est dans ce contexte que Vincent Bolloré, figure historique du groupe, devra défendre le projet devant le tribunal de commerce. Son principal argument réside dans la création de valeur attendue : « La scission permettra à chaque entité de lever des fonds indépendamment et de se développer sans les contraintes d’un groupe diversifié », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en avril 2026. Pour les opposants, au contraire, cette opération risque de fragiliser SFR, déjà confronté à une concurrence accrue sur le marché des télécoms français.

Selon BFM Business, les magistrats devront trancher non seulement sur la légalité de la scission, mais aussi sur les modalités de protection des actionnaires minoritaires. Une décision attendue avec impatience par les marchés, alors que Vivendi affiche une capitalisation boursière de plus de 15 milliards d’euros. Les analystes s’interrogent : une validation du projet pourrait-elle relancer l’intérêt des investisseurs pour le groupe ?

Et maintenant ?

Si le tribunal donne son feu vert à la scission, Vivendi devrait entamer les démarches pour finaliser la séparation d’ici la fin de l’année 2026. Les actionnaires recevront alors des actions dans les deux nouvelles entités, et les marchés pourront évaluer la performance de chacune. En cas de rejet, le groupe devra revoir sa stratégie, voire envisager des alternatives, comme une introduction en Bourse partielle ou une fusion avec un autre acteur du secteur. La décision pourrait aussi influencer d’autres groupes français tentés par des opérations similaires.

Quels que soient les résultats de cette audience, une chose est sûre : le dossier Vivendi illustre les tensions croissantes entre actionnaires et dirigeants dans un secteur, celui des médias et des télécoms, en pleine mutation. Entre recherche de rentabilité et préservation des emplois, la balance reste délicate à équilibrer.

Un rejet signifierait que Vivendi devra maintenir sa structure actuelle ou envisager une autre stratégie, comme une cession partielle d’actifs ou une fusion avec un concurrent. Les actionnaires minoritaires pourraient alors négocier des compensations, tandis que le cours de l’action pourrait subir une pression à la baisse.