D’après RFI, des hommes armés identifiés comme membres de groupes séparatistes anglophones ont commis une incursion meurtrière dans la commune de Bangourain, située dans la région de l’Ouest du Cameroun. Cette attaque, qui s’est déroulée dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai 2026, a visé une zone francophone, provoquant un bilan provisoire de un mort et treize personnes enlevées, dont le sort reste aujourd’hui inconnu.
Ce qu’il faut retenir
- Une attaque attribuée à des séparatistes anglophones a eu lieu dans la nuit du 9 au 10 mai 2026 à Bangourain, dans la région de l’Ouest du Cameroun.
- Le bilan provisoire fait état d’un mort et de treize personnes enlevées, toujours portées disparues.
- L’incident s’est produit en zone francophone, alors que les violences séparatistes persistent dans les régions anglophones du pays.
Une attaque nocturne ciblant un village francophone
Selon les témoignages recueillis par RFI, les assaillants ont fait irruption dans le village de Bangourain, situé dans la commune du même nom. Leur venue, survenue après minuit, a plongé la localité dans la panique. Les forces de sécurité locales n’ont pas encore communiqué de bilan définitif, mais les premières constatations confirment la mort d’un habitant et la disparition de treize autres personnes. Les motivations précises de cette attaque restent à éclaircir, bien qu’elle s’inscrive dans le contexte plus large du conflit opposant les séparatistes anglophones aux autorités camerounaises.
Bangourain, bien que située en zone francophone, n’est pas épargnée par les violences liées à la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Cette attaque rappelle la porosité des frontières entre les zones francophones et anglophones, malgré les mesures de sécurité renforcées mises en place par l’État camerounais.
Un bilan provisoire et des recherches en cours
Les autorités locales n’ont pas encore officialisé le bilan de l’attaque, mais des sources sécuritaires citées par RFI évoquent un mort et treize disparus. Les familles des victimes ont été réunies dans des centres de rassemblement improvisés, où elles attendent des nouvelles des autorités. Aucune revendication n’a été enregistrée à ce stade, mais l’attaque porte les caractéristiques des exactions attribuées aux groupes séparatistes, notamment les milices d’auto-défense locales comme les « Amba Boys ».
Les forces de l’ordre ont lancé des opérations de ratissage dans la zone pour tenter de localiser les ravisseurs ou les personnes enlevées. Pour l’instant, aucun indice ne permet d’établir avec certitude le lieu où se trouvent les disparus, ni les conditions dans lesquelles ils ont été emmenés. Les ONG locales, contactées par RFI, appellent à une intervention rapide pour éviter une issue tragique.
Par ailleurs, cette attaque pourrait relancer le débat sur la protection des populations civiles dans les zones frontalières entre les régions anglophones et francophones, où les tensions persistent malgré les efforts de dialogue engagés depuis plusieurs mois. Les observateurs craignent que de telles violences ne se multiplient à l’approche des prochaines échéances politiques, notamment les élections locales prévues en 2027.
Les séparatistes anglophones, qui réclament l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mènent régulièrement des attaques en zones francophones pour étendre leur influence et fragiliser l’autorité de l’État. Ces incursions visent aussi à semer la terreur parmi les populations civiles et à discréditer le gouvernement camerounais, comme l’a expliqué un analyste politique interrogé par RFI.