Comme le rapporte Le Monde, l’Agence des participations de l’État (APE) a annoncé ce lundi la cession de trois de ses participations non stratégiques, pour un montant total de 2,5 milliards d’euros. Parmi ces actifs figurent le tunnel du Mont-Blanc, le tunnel du Fréjus et la Société pour le logement intermédiaire (SLI). Cette opération s’inscrit dans une stratégie de recentrage du portefeuille de l’État sur ses priorités économiques et sociales.

Ce qu'il faut retenir

  • L’État vend pour 2,5 milliards d’euros trois participations : le tunnel du Mont-Blanc, le tunnel du Fréjus et la Société pour le logement intermédiaire (SLI).
  • Cette cession est justifiée par le caractère « moins stratégique » de ces actifs pour les missions actuelles de l’État.
  • La transaction intervient dans un contexte de recherche de désendettement et de recentrage des finances publiques.
  • L’Agence des participations de l’État (APE) a été chargée de mener cette opération.

Une opération de désengagement financier et stratégique

Cette vente s’ajoute à une série de cessions d’actifs publics menées ces dernières années. Selon l’APE, ces trois participations ne sont plus considérées comme prioritaires dans la stratégie de l’État. « Ces actifs ne sont plus alignés avec les priorités économiques et sociales actuelles », a précisé un porte-parole de l’Agence, cité par Le Monde. L’objectif affiché est de dégager des liquidités tout en recentrant le portefeuille de l’État sur ses missions régaliennes et ses investissements stratégiques.

Le tunnel du Mont-Blanc, infrastructure majeure reliant la France à l’Italie, est exploité depuis 2002 par la société concessionnaire ATMB (Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc). De son côté, le tunnel du Fréjus, reliant la France à l’Italie via le col du même nom, est géré par la société SFTRF (Société française du tunnel routier du Fréjus). Quant à la SLI, elle intervient dans le secteur du logement intermédiaire, un domaine où l’État souhaite désormais jouer un rôle moins direct.

Un contexte budgétaire sous tension

Cette opération s’inscrit dans un cadre plus large de réduction de la dette publique et de recherche d’économies. Le gouvernement a multiplié les annonces de cessions d’actifs publics ces dernières années, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’immobilier. « Ces ventes permettent de réduire l’endettement tout en évitant de nouvelles hausses d’impôts », a rappelé un économiste interrogé par Le Monde. Les recettes générées par ces transactions devraient être réinvesties dans des projets jugés plus prioritaires, comme la transition écologique ou la rénovation des infrastructures.

Le montant de 2,5 milliards d’euros, bien que conséquent, reste inférieur à certaines estimations initiales. En 2024, des analystes tablaient sur une valorisation plus élevée, notamment pour le tunnel du Mont-Blanc, considéré comme l’un des actifs les plus rentables du portefeuille public. « Le prix de vente reflète une évaluation prudente, dans un contexte économique incertain », a expliqué un spécialiste du secteur des concessions.

Quelles conséquences pour les usagers et les salariés ?

La question de l’impact de cette cession sur les usagers des deux tunnels est au cœur des préoccupations. Pour l’instant, aucune modification de la gestion ou des tarifs n’est annoncée. Les concessions en cours, attribuées à des opérateurs privés, devraient se poursuivre selon les mêmes modalités. « Les contrats en place restent valables jusqu’à leur terme », a confirmé un représentant de l’APE. De même, les quelque 1 500 salariés travaillant sur ces sites ne devraient pas être directement affectés par cette transaction.

Côté logement intermédiaire, la SLI continuera d’opérer sous une nouvelle gouvernance. L’État conservera une participation minoritaire, mais son rôle opérationnel sera réduit. « L’objectif est de professionnaliser la gestion tout en maintenant un accès au logement abordable », a indiqué un responsable du ministère du Logement. Une mission qui reste d’autant plus cruciale que le marché immobilier français traverse une crise sans précédent.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à finaliser la transaction d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des approbations réglementaires et des audits en cours. L’APE a d’ores et déjà lancé un appel d’offres pour identifier les repreneurs potentiels. Dans le même temps, l’État pourrait annoncer d’autres cessions d’actifs dans les mois à venir, notamment dans le secteur énergétique. Reste à voir si ces opérations parviendront à dégager les marges de manœuvre budgétaires escomptées.

Enfin, cette vente relance le débat sur la stratégie de désengagement de l’État dans certains secteurs. Si le gouvernement mise sur une gestion plus efficace de ces actifs, certains élus locaux et syndicats s’interrogent sur les risques d’une privatisation accrue. Une question qui devrait alimenter les discussions parlementaires dans les mois à venir.

L’État n’a pas encore dévoilé l’identité des repreneurs. Une procédure d’appel d’offres est en cours pour sélectionner les candidats. Le prix de vente a été fixé à 2,5 milliards d’euros, mais des ajustements pourraient intervenir en fonction des offres reçues.

À ce stade, aucune augmentation des tarifs n’est prévue. Les contrats de concession en cours, attribués à des opérateurs privés, doivent se poursuivre selon leurs termes actuels. Les usagers ne devraient donc pas subir de changement immédiat.