Ce lundi 11 mai 2026, Antoine Fourcade, président et cofondateur de Sirius Space, était l’invité de l’émission Tech & Co sur BFM Business pour évoquer le récent rachat d’un équipementier automobile par son entreprise. L’objectif affiché est de produire des fusées en Europe, un projet qui s’inscrit dans la stratégie d’expansion du groupe spatial français.
Selon BFM Business, cette acquisition marque une étape clé dans le développement industriel de Sirius Space, qui souhaite désormais s’imposer comme un acteur majeur du secteur aérospatial en Europe. Le groupe mise sur l’assemblage de fusées, une activité jusqu’ici peu développée sur le continent, en s’appuyant sur des compétences industrielles existantes dans l’automobile.
Ce qu'il faut retenir
- Rachat d’un équipementier automobile par Sirius Space pour fabriquer des fusées en Europe.
- Antoine Fourcade, président et cofondateur, explique cette stratégie lors de son passage dans Tech & Co sur BFM Business.
- L’entreprise vise à renforcer sa position sur le marché spatial européen en diversifiant ses activités.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue entre les acteurs du spatial, américains et chinois en tête.
- Sirius Space compte sur des compétences industrielles transférables depuis le secteur automobile pour son projet.
Un rachat stratégique pour Sirius Space
Le choix de Sirius Space de racheter un équipementier automobile plutôt que de créer une usine ex nihilo s’explique par plusieurs raisons. D’abord, les infrastructures industrielles existent déjà, ce qui réduit les coûts et les délais de mise en œuvre. Ensuite, les compétences en assemblage de pièces complexes, typiques de l’automobile, sont directement transférables à la production de fusées.
Antoine Fourcade a précisé lors de son intervention que ce projet s’inscrivait dans une logique de souveraineté spatiale européenne. « Nous voulons éviter de dépendre des États-Unis ou de la Chine pour l’accès à l’espace, autant dire que ce rachat est une pièce maîtresse de notre stratégie », a-t-il déclaré. Sirius Space mise ainsi sur une production locale pour répondre aux besoins croissants en lancements de satellites et en missions habitées.
Sirius Space face à la concurrence internationale
Le secteur spatial mondial est aujourd’hui dominé par quelques géants : SpaceX aux États-Unis, avec sa fusée Starship, et les acteurs chinois, dont les performances en termes de fréquence de lancement et de réutilisabilité des lanceurs sont en forte progression. En Europe, ArianeGroup reste le principal concurrent, mais le continent peine à suivre le rythme imposé par les Américains et les Chinois.
Selon les analystes du secteur, l’ambition de Sirius Space de produire des fusées à grande échelle pourrait relancer la filière européenne. « L’Europe a des atouts, comme une main-d’œuvre qualifiée et une tradition industrielle solide, mais elle doit accélérer si elle veut ne pas être distancée », souligne un expert du spatial cité par BFM Business. Le rachat de cet équipementier automobile pourrait ainsi donner un coup de fouet à l’industrie aérospatiale française et européenne.
Quelles perspectives pour l’industrie spatiale française ?
Ce projet s’inscrit dans un écosystème spatial français déjà dynamique. La France, via le CNES et des acteurs comme ArianeGroup, dispose d’une expertise reconnue en matière de lanceurs. Cependant, les défis restent nombreux : financement, recrutement de talents, et surtout, capacité à innover face à des concurrents mieux établis.
Antoine Fourcade a rappelé que Sirius Space bénéficiait du soutien d’investisseurs privés et publics, mais il a aussi pointé du doigt les lourdeurs administratives qui pourraient freiner le projet. « Nous avons besoin d’un cadre réglementaire plus agile pour innover rapidement », a-t-il expliqué. La question de la compétitivité des coûts de production en Europe, souvent plus élevés qu’aux États-Unis ou en Chine, reste également un sujet de débat.
L’Europe spatiale à la croisée des chemins
Le même jour, un autre acteur clé du spatial européen, Ludwig Moeller, directeur de l’European Space Policy Institute (ESPI), était également invité dans Tech & Co pour évoquer les ambitions de l’Europe en matière spatiale. Selon BFM Business, il a souligné que l’Europe devait accélérer ses investissements si elle voulait rester dans la course. « Sans une politique spatiale commune forte et des budgets à la hauteur, nous risquons de perdre notre avance », a-t-il averti.
Les enjeux sont multiples : accès à l’espace, exploration lunaire et martienne, mais aussi sécurisation des données via les satellites. La guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques ont rappelé l’importance stratégique du spatial, tant pour les communications que pour la défense.
Cette initiative de Sirius Space s’ajoute à d’autres projets spatiaux européens, comme le développement du lanceur Ariane 6 ou les missions lunaires prévues par l’ESA. La prochaine décennie s’annonce donc décisive pour l’autonomie spatiale de l’Europe.
Le président et cofondateur Antoine Fourcade a expliqué que le rachat d’un équipementier existant permettait de bénéficier d’infrastructures industrielles déjà opérationnelles, réduisant ainsi les coûts et les délais. Les compétences en assemblage de pièces complexes, typiques de l’automobile, sont également transférables à la production de fusées, ce qui accélère la mise en œuvre du projet.