Une enquête publiée le 16 juin par Reporterre met en lumière l’utilisation d’un additif controversé dans certains sirops à la menthe. L’application d’évaluation des produits alimentaires Yuka dénonce l’emploi du colorant artificiel bleu brillant FCF — également désigné sous le code E133 — utilisé pour renforcer la teinte verte des boissons, sans aucun bénéfice nutritionnel ni rôle de conservation.
Ce qu'il faut retenir
- Le bleu brillant FCF (E133) est un colorant artificiel ajouté aux sirops à la menthe pour intensifier leur couleur verte.
- Cet additif, jugé inutile sur le plan nutritionnel et fonctionnel, est pointé du doigt pour ses risques potentiels pour la santé, notamment chez les enfants.
- L’enquête de Yuka, publiée le 16 juin 2026, relance le débat sur la présence de ce colorant dans les produits alimentaires courants.
Un colorant sans utilité, mais aux risques avérés
D’après Reporterre, le bleu brillant FCF (E133) est employé uniquement pour donner une apparence plus attrayante aux sirops à l’eau aromatisés à la menthe. Pourtant, son utilisation soulève des questions sanitaires majeures. Contrairement à d’autres additifs, ce colorant ne joue aucun rôle dans la conservation du produit ni dans sa valeur nutritionnelle. Son seul objectif reste purement esthétique, ce qui en fait un ingrédient superflu aux yeux des experts en alimentation.
L’application Yuka, qui analyse les compositions des produits alimentaires et cosmétiques, a donc choisi de mettre en garde les consommateurs contre ce colorant. Selon ses responsables, les risques associés à sa consommation — en particulier chez les enfants — justifient une vigilance accrue. Plusieurs études ont en effet pointé des effets indésirables potentiels, bien que les mécanismes exacts et l’ampleur des dangers restent encore débattus par la communauté scientifique.
Des craintes sanitaires qui persistent malgré son interdiction partielle
Le bleu brillant FCF est déjà interdit dans certains pays, comme la Norvège ou la Suisse, en raison de ses propriétés suspectées d’être cancérigènes ou d’altérer le comportement chez les enfants. En France, il reste autorisé dans l’alimentation, mais sous une réglementation stricte. Cependant, l’enquête de Reporterre révèle que son utilisation se poursuit dans certains sirops à la menthe, notamment dans des produits distribués en grande surface ou en ligne.
— « Le bleu brillant FCF est un additif controversé, en raison de plusieurs risques potentiels pour la santé, notamment chez les enfants, alors même qu’il n’a aucune utilité nutritionnelle ni fonction de conservation » — a rappelé Yuka dans son rapport. Cette position s’ajoute aux critiques déjà formulées par des associations de consommateurs et des scientifiques, qui réclament une réévaluation de son autorisation sur le marché européen.
Quelles alternatives pour les consommateurs ?
Face à ces révélations, les consommateurs soucieux de leur santé peuvent se tourner vers des sirops à la menthe estampillés « sans colorant artificiel » ou portant des labels bio. Certains fabricants ont d’ores et déjà remplacé le bleu brillant FCF par des colorants naturels, comme la chlorophylle ou des extraits de plantes. Cependant, ces alternatives ne sont pas toujours clairement indiquées sur les emballages, ce qui rend le choix difficile pour les acheteurs.
Les marques les plus engagées communiquent désormais sur l’absence de colorants artificiels dans leurs produits. Par exemple, certaines enseignes de distribution ont retiré les sirops contenant du E133 de leurs rayons, tandis que d’autres misent sur la transparence en affichant clairement la composition de leurs boissons. — « Nous avons fait le choix de ne plus utiliser de colorants artificiels dans nos sirops depuis 2024 » — a indiqué un porte-parole de la marque Pom’Potes, contacté par Reporterre.
Reste à voir si cette prise de conscience collective conduira à un retrait progressif de ce colorant controversé des rayons des supermarchés. Une chose est sûre : le débat sur la présence d’additifs dans notre alimentation n’est pas près de s’éteindre.
Les études disponibles suggèrent que le E133 pourrait être associé à des risques de cancers ou à des troubles du comportement chez les enfants, bien que les mécanismes ne soient pas encore clairement établis. Son utilisation reste autorisée en France et en Europe, mais sous surveillance.