Le 17 juin 2026 s’est achevé à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie, le sommet du G7 réunissant les chefs d’État français, allemand, canadien, italien, japonais, britannique et américain, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Selon Reporterre, la France, qui présidait cette réunion, aurait délibérément restreint les discussions sur le climat afin de ne pas « froisser » Donald Trump, une stratégie qui a suscité des critiques parmi les associations environnementales.

Ce qu'il faut retenir

  • Le sommet du G7 s’est tenu du 12 au 17 juin 2026 à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie.
  • La France, présidant le groupe, a été accusée d’avoir censuré les sujets climatiques.
  • Cette restriction visait à éviter tout désaccord avec les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump.
  • Plusieurs associations environnementales avaient alerté dès le début du sommet sur ce risque.

Un agenda climatique volontairement réduit

Dès l’ouverture du sommet, les observateurs avaient noté l’absence de débats approfondis sur les enjeux écologiques. Selon Reporterre, les associations environnementales craignaient dès le départ qu’Emmanuel Macron ne relègue la question climatique au second plan. Ces craintes se sont révélées fondées : parmi les sujets initialement prévus, plusieurs ont été édulcorés ou retirés de l’ordre du jour.

Interrogé sur cette stratégie, l’Élysée n’a pas directement réagi. Pourtant, les échanges informels entre diplomates présents sur place confirment que la priorité était donnée à d’autres dossiers, jugés moins sensibles pour les relations franco-américaines. « On a senti une volonté de ne pas braquer Washington », a confié un conseiller ministériel sous couvert d’anonymat.

Des associations dénoncent une posture diplomatique « irresponsable »

Dès le 12 juin, plusieurs ONG, dont Greenpeace France et Les Amis de la Terre, avaient tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué commun, elles dénonçaient une « instrumentalisation de l’urgence climatique au profit de calculs politiques ». Pour elles, la France, qui se présente comme un leader en matière d’écologie, a fait le choix de sacrifier ses engagements internationaux sur l’autel de la Realpolitik.

Un constat partagé par Yannick Jadot, eurodéputé écologiste, qui a fustigé sur Twitter une « trahison des promesses faites lors de l’Accord de Paris ».

« En cédant aux pressions américaines, la France envoie un signal désastreux aux pays les plus vulnérables face au réchauffement climatique »
, a-t-il déclaré.

Un G7 sous haute tension géopolitique

Cette édition du G7 a été marquée par des tensions persistantes entre les États-Unis et leurs partenaires européens, notamment sur les questions commerciales et énergétiques. Donald Trump, réélu en 2024, a maintenu une ligne dure vis-à-vis des réglementations environnementales, jugeant celles-ci défavorables aux intérêts américains. Face à ce blocage, plusieurs pays du G7, comme l’Allemagne et le Canada, ont tenté de préserver certains engagements climatiques, mais sans succès visible.

Selon des diplomates présents à Évian, la France a joué un rôle de médiateur, cherchant à éviter une rupture ouverte entre Washington et les autres membres. Une stratégie qui, pour ses détracteurs, revient à « abandonner les principes pour des miettes diplomatiques ».

Et maintenant ?

Les associations environnementales ont déjà annoncé qu’elles saisiraient le Parlement européen pour demander des comptes à la Commission sur la place accordée au climat dans les négociations internationales. De son côté, l’Élysée n’a pas indiqué si une stratégie de rattrapage serait mise en place lors des prochains sommets, comme celui de l’ONU sur le climat prévu en septembre 2026. Une chose est sûre : la question climatique, reléguée au G7, devrait revenir en force lors de la prochaine COP, prévue en décembre à Dubai.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite par l’exécutif français. Les observateurs s’attendent à ce que le débat sur l’équilibre entre diplomatie et écologie resurgisse lors des prochaines réunions internationales.

Selon Reporterre, plusieurs dossiers ont été réduits ou retirés, dont notamment la taxation des émissions des navires de croisière, le soutien financier aux pays en développement pour la transition énergétique, et les discussions sur la sortie progressive des énergies fossiles. Aucun chiffre précis n’a été communiqué, mais des sources internes évoquent des « concessions » faites pour éviter un veto américain.