Dès sa prise de fonctions, le général Santino Deng Wol, nouveau chef de l’armée sud-soudanaise, a annoncé un cessez-le-feu unilatéral avec les forces du mouvement rebelle dirigé par Riek Machar. Une initiative qui, selon RFI, suscite à la fois l’espoir d’une avancée vers la paix et des réserves immédiates de la part de l’opposition.

Ce qu'il faut retenir

  • Le général Santino Deng Wol, nommé chef de l’armée sud-soudanaise, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral dès sa prise de fonction.
  • Ce cessez-le-feu, annoncé le 8 mai 2026, vise les forces du mouvement rebelle dirigé par Riek Machar.
  • L’opposition, par la voix de ses représentants, a immédiatement rejeté cette proposition.
  • Le conflit oppose depuis des années les forces gouvernementales aux rebelles dans le nord-est du Soudan du Sud.
  • Cette initiative intervient dans un contexte de tensions persistantes et de combats intermittents.

Une décision symbolique ou un tournant ?

Le général Santino Deng Wol, figure militaire de premier plan, a justifié cette mesure par la nécessité de « mettre fin aux souffrances des populations civiles » dans les zones de conflit. Selon ses déclarations rapportées par RFI, ce cessez-le-feu unilatéral devait entrer en vigueur « sans condition préalable », une posture visant à désamorcer les tensions et à ouvrir la voie à des négociations. Pourtant, cette annonce, bien que saluée par certains observateurs, a rapidement été accueillie avec scepticisme par l’opposition, qui y voit une manœuvre tactique plutôt qu’une volonté sincère de paix.

Le conflit au Soudan du Sud, qui dure depuis plus d’une décennie, oppose principalement les forces loyales au gouvernement central, dirigées par le président Salva Kiir, aux rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO), mené par Riek Machar. Les affrontements, concentrés dans les régions pétrolifères du nord-est, ont causé des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes, selon les dernières estimations des Nations unies.

L’opposition rejette le geste et exige des garanties

Dès l’annonce du cessez-le-feu, les représentants de Riek Machar ont réagi avec fermeté. Dans un communiqué diffusé le 8 mai 2026, le porte-parole du SPLM-IO a qualifié cette initiative de « tactique de communication » et exigé des « mesures concrètes » avant toute suspension des hostilités. « Un cessez-le-feu doit s’accompagner de la libération des prisonniers politiques et du retrait des troupes des zones civiles », a-t-il déclaré, soulignant que les promesses non suivies d’effets ne suffiraient pas à rétablir la confiance.

Cette réaction reflète la défiance persistante entre les belligérants, malgré les multiples tentatives de médiation internationale. Les accords de paix signés en 2018 et 2020, parrainés par l’Union africaine et la communauté internationale, n’ont jusqu’à présent pas permis de mettre un terme durable aux combats. Les observateurs s’interrogent donc sur la capacité de cette nouvelle initiative à débloquer une situation où chaque camp accuse l’autre de mauvaise foi.

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp des autorités sud-soudanaises, qui devront prouver la sincérité de leur engagement. Pour l’opposition, la question reste entière : ce cessez-le-feu, s’il est respecté, pourrait-il ouvrir la voie à des négociations sérieuses, ou s’agit-il simplement d’une pause tactique avant la reprise des combats ? Les prochaines semaines seront déterminantes, notamment avec la tenue attendue d’une réunion de la Commission de revitalisation de l’accord de paix le 20 mai 2026. Une occasion pour les parties de clarifier leurs positions, mais aussi pour la communauté internationale de faire pression en faveur d’avancées tangibles.

En attendant, les populations civiles, prises en étau entre les deux camps, continuent de payer le prix fort. Les ONG sur place alertent déjà sur l’aggravation des conditions humanitaires, avec des pénuries alimentaires et médicales qui risquent de s’aggraver si le cessez-le-feu ne tient pas. Autant dire que l’espoir suscité par cette annonce reste fragile, et que la route vers une paix durable s’annonce encore longue et semée d’embûches.

L’opposition, représentée par le SPLM-IO de Riek Machar, considère que cette annonce relève davantage d’une stratégie de communication que d’une réelle volonté de paix. Elle exige des « mesures concrètes », comme la libération des prisonniers politiques ou le retrait des troupes des zones civiles, avant d’envisager toute suspension des hostilités.