D’après une étude exclusive menée par le cabinet Silae et rapportée par Ouest France, l’analyse de plus de 7 millions de bulletins de paie permet de dresser un état des lieux précis des parcours d’embauche dans les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME). Parmi les questions récurrentes des jeunes actifs et des recruteurs, celle de la meilleure voie pour décrocher un contrat à durée indéterminée (CDI) occupe une place centrale. Cette enquête, publiée en exclusivité, apporte des éléments de réponse concrets, fondés sur des données anonymisées issues de la gestion de la paie.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 7 millions de bulletins de paie analysés pour évaluer les parcours d’embauche dans les TPE et PME.
- L’étude met en lumière les taux de conversion en CDI selon le type de contrat initial (stage, alternance, CDD).
- Les données révèlent des écarts significatifs entre les différents parcours professionnels.
- Silae, éditeur de logiciels de paie et de gestion des ressources humaines, est à l’origine de ce baromètre.
Un baromètre inédit pour éclairer les parcours d’embauche
Pour la deuxième année consécutive, Silae, spécialiste des outils de gestion administrative et financière pour les entreprises, a publié un baromètre dédié à l’emploi dans les TPE et PME. Cette initiative repose sur l’exploitation de données massives, collectées et anonymisées à partir de millions de bulletins de paie. L’objectif ? Offrir une vision claire et chiffrée des trajectoires professionnelles, en particulier sur la question cruciale du passage vers un CDI. Ouest France a eu accès à ces résultats en exclusivité, permettant de mettre en lumière des tendances parfois méconnues.
Parmi les constats majeurs, l’étude souligne que le choix du contrat initial joue un rôle déterminant dans la probabilité d’obtenir un CDI. Les parcours en alternance et en CDD apparaissent particulièrement scrutés, car ils représentent des étapes fréquentes avant une embauche en CDI. Les données, collectées sur une période suffisamment longue pour être représentatives, offrent une photographie précise des réalités du marché de l’emploi dans les structures de moins de 250 salariés.
Stage, alternance ou CDD : des taux de conversion variables
Les chiffres révélés par le baromètre de Silae apportent des éclairages sur les parcours les plus propices à une embauche en CDI. Selon les données analysées, les contrats d’alternance affichent un taux de conversion particulièrement élevé. Près de 40 % des alternants signent un CDI dans les douze mois suivant la fin de leur formation, un chiffre qui dépasse largement celui observé pour les stagiaires ou les titulaires de CDD. Ce taux s’explique notamment par l’adéquation entre la formation suivie et les besoins des entreprises, ainsi que par la volonté des employeurs de fidéliser des profils déjà intégrés.
Côté stages, le taux de conversion reste plus modeste, avec seulement 15 % des stagiaires transformés en CDD ou en CDI dans l’année qui suit leur stage. Quant aux CDD, leur taux de conversion en CDI atteint environ 25 %, un chiffre qui varie selon la durée du contrat et le secteur d’activité. Ces écarts mettent en évidence l’importance du choix du contrat initial, mais aussi la nécessité pour les jeunes actifs de bien préparer leur insertion professionnelle en ciblant les parcours les plus adaptés à leur projet.
Des disparités sectorielles et géographiques à prendre en compte
Au-delà des différences entre types de contrats, l’étude révèle des disparités marquées selon les secteurs d’activité et les régions. Par exemple, dans le secteur de l’industrie, le taux de conversion des alternants en CDI dépasse les 45 %, contre moins de 30 % dans le commerce de détail. Ces écarts s’expliquent par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans certains domaines, qui pousse les entreprises à recruter en priorité leurs alternants. De même, les régions dynamiques économiquement, comme l’Île-de-France ou Auvergne-Rhône-Alpes, affichent des taux de conversion supérieurs à la moyenne nationale.
« Ces disparités soulignent l’importance de prendre en compte le contexte local et sectoriel lors de la recherche d’emploi », a précisé un porte-parole de Silae. Les données recueillies permettent ainsi aux jeunes actifs de mieux cibler leurs démarches, en privilégiant les secteurs porteurs et les régions offrant les meilleures opportunités. Pour les recruteurs, cette étude met en lumière l’efficacité des parcours en alternance, qu’ils pourraient davantage valoriser dans leurs stratégies de recrutement.
Cette étude, bien que riche d’enseignements, laisse également quelques questions en suspens. Comment les jeunes actifs sans accès à l’alternance peuvent-ils maximiser leurs chances d’obtenir un CDI ? Faut-il réformer les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi pour mieux répondre aux besoins des TPE et PME ? Autant de pistes qui pourraient faire l’objet de prochaines analyses.
D’après le baromètre Silae, l’alternance arrive en tête avec un taux de conversion de près de 40 %, devant les CDD (25 %) et les stages (15 %).