Le partenariat entre Stellantis, géant automobile franco-italien, et Leapmotor, son partenaire chinois, suscite des interrogations croissantes. Selon Frandroid, cette collaboration, loin d’être anodine, pourrait bien s’inverser au profit du groupe asiatique. Une perspective qui inquiète certains observateurs du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Stellantis, en difficulté financière, pourrait voir sa position affaiblie face à son partenaire chinois Leapmotor, en pleine croissance.
- L’alliance, officiellement présentée comme un mariage de raison, cache des enjeux stratégiques majeurs pour les deux groupes.
- Des analystes chinois estiment que Leapmotor pourrait, à terme, absorber Stellantis plutôt que l’inverse.
Un partenariat sous tension économique
Stellantis affiche des résultats contrastés en ce début d’année 2026. Le groupe, qui a enregistré un recul de ses ventes en Europe et en Amérique du Nord, peine à retrouver une dynamique positive. À l’inverse, Leapmotor, spécialiste des véhicules électriques low-cost, voit ses parts de marché progresser en Chine et en Asie du Sud-Est. Selon les dernières données disponibles, la croissance annuelle de Leapmotor atteint plus de 40 %, un rythme bien supérieur à celui de Stellantis, en repli de 5 % sur un an. Autant dire que les rôles pourraient s’inverser, estime Frandroid.
Cette divergence de trajectoire soulève une question centrale : qui, de Stellantis ou de Leapmotor, détient réellement les clés de cette alliance ? Officiellement, les deux groupes ont annoncé en 2023 un accord de coopération visant à développer des véhicules électriques pour le marché chinois. Mais côté chinois, certains analystes y voient déjà une manœuvre de Leapmotor pour s’imposer comme leader. « L’entrée de Leapmotor dans le giron de Stellantis n’est pas aussi innocente qu’il n’y paraît », souligne un expert cité par Frandroid.
La Chine, un marché stratégique pour les deux groupes
La Chine représente plus de 30 % des ventes mondiales de véhicules électriques, un marché que Stellantis et Leapmotor se disputent âprement. Pour le constructeur européen, l’alliance avec Leapmotor était censée lui ouvrir les portes de l’Asie. Pourtant, les résultats concrets restent limités : seuls 15 000 véhicules ont été écoulés en Chine sous la marque commune en 2025, loin des ambitions initiales.
De son côté, Leapmotor mise sur une stratégie agressive : des modèles à prix cassés (moins de 15 000 euros) et une production locale pour contourner les droits de douane. Une approche qui commence à porter ses fruits. « Leapmotor pourrait, à moyen terme, devenir un acteur incontournable en Asie, au détriment de Stellantis », estime un analyste du secteur automobile chinois, interrogé par Frandroid. Bref, l’équilibre des forces semble en train de basculer.
Les risques d’une absorption déguisée
Les observateurs s’interrogent sur les clauses secrètes de l’accord de partenariat. Selon Frandroid, certains contrats pourraient contenir des clauses permettant à Leapmotor de prendre le contrôle de Stellantis en cas de difficultés financières persistantes. Une hypothèse qui n’a rien d’anodin : le groupe franco-italien a déjà annoncé un plan de restructuration coûteux, incluant la suppression de 3 000 emplois en Europe.
Par ailleurs, les investissements réciproques restent déséquilibrés. Stellantis a injecté 500 millions d’euros dans Leapmotor en 2024, tandis que le groupe chinois n’a engagé que 200 millions dans le capital de Stellantis. Un déséquilibre qui pourrait, à terme, fragiliser la position du géant européen. « Les Chinois jouent sur le long terme. Leur objectif n’est pas de sauver Stellantis, mais de s’en emparer », confie un cadre du secteur, sous couvert d’anonymat.
Une chose est sûre : l’équilibre des forces dans l’automobile mondiale pourrait bien se jouer en Asie d’ici la fin de l’année. Et cette fois, ce ne sera pas l’Europe qui dictera les règles.
Selon Frandroid, l’alliance entre les deux groupes repose sur des contrats contenant des clauses permettant à Leapmotor de prendre le contrôle en cas de difficultés financières de Stellantis. Le déséquilibre des investissements (500 millions d’euros contre 200 millions) et la croissance fulgurante de Leapmotor (plus de 40 % par an) rendent cette hypothèse plausible à moyen terme.