Le constructeur automobile Stellantis a officialisé, ce 21 mai à Auburn Hills, près de Détroit, le retour de la mythique 2CV sous une forme électrique. Une annonce faite dans le cadre de la présentation d’un plan stratégique d’investissement de **60 milliards d’euros**, destiné à redynamiser un groupe en difficulté, pénalisé par des pertes liées à la transition accélérée vers l’électrique initiée par son ancien PDG, Carlos Tavares. Selon Courrier International, cette décision marque un tournant dans la stratégie industrielle du groupe, alors que les ventes et la rentabilité peinent à se redresser en Europe.
Ce qu'il faut retenir
- La **2CV électrique** sera commercialisée à partir de **2028**, selon les informations du Financial Times relayées par Courrier International.
- Le prix de ce modèle ne devrait pas excéder **15 000 euros**, une fourchette qui vise à le rendre accessible.
- La production sera assurée en **Italie**, dans l’usine de **Pomigliano d’Arco**, près de Naples — le même site qui assemble actuellement la Fiat Panda.
- Stellantis mise sur les **petites voitures électriques abordables**, un segment délaissé par les constructeurs européens depuis les années 2010.
- La présentation officielle du modèle est prévue lors du **Mondial de l’Auto à Paris en octobre 2026**. L’apparence finale de la 2CV électrique reste encore inconnue.
Une relance économique et industrielle
Antonio Filosa, actuel patron de Stellantis, a présenté ce plan de **60 milliards d’euros** comme une réponse aux difficultés financières du groupe. Entre **baisse des ventes** en Europe et **coûts élevés** liés à l’électrification, le constructeur doit désormais concilier transition énergétique et rentabilité. L’annonce de la 2CV électrique s’inscrit dans cette logique : proposer un véhicule **d’entrée de gamme** pour reconquérir un marché où Stellantis peine à rivaliser avec les modèles chinois, souvent moins chers. « Ce segment avait presque disparu dans les années 2010, car il était considéré comme peu rentable », rappelle Courrier International, soulignant l’évolution du contexte économique et réglementaire.
L’usine de Pomigliano d’Arco, déjà spécialisée dans la production de petites citadines, a été désignée pour assembler ce nouveau modèle. Ce choix stratégique permet de **limiter les coûts de production** tout en s’appuyant sur une main-d’œuvre expérimentée. « Construire en Italie nous donne un avantage compétitif », a indiqué un porte-parole de Stellantis, cité par le Financial Times. La proximité avec le marché européen devrait aussi réduire les délais logistiques, un atout non négligeable dans un secteur soumis à des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
Un pari sur l’électrique accessible
Avec un prix annoncé sous la barre des **15 000 euros**, Stellantis vise un public large, notamment les jeunes conducteurs et les ménages soucieux de leur budget. Ce positionnement contraste avec la stratégie précédente, axée sur des véhicules haut de gamme pour compenser les marges réduites. « Les constructeurs européens ont sous-estimé la demande pour des voitures électriques abordables », explique Courrier International. Désormais, face à la concurrence agressive des marques chinoises — comme BYD ou MG —, les Européens n’ont d’autre choix que de réinvestir ce créneau.
Le choix de la 2CV, symbole de simplicité et d’accessibilité, n’est pas anodin. « Ce modèle a marqué l’histoire automobile française et européenne. Le relancer sous une forme moderne, c’est aussi un hommage à cette tradition », analyse un expert du secteur. Reste à savoir si le design et les performances de cette 2CV électrique parviendront à séduire les consommateurs, habitués aux propositions des constructeurs asiatiques. La présentation au Mondial de l’Auto en octobre 2026 sera un premier test grandeur nature.
Un contexte européen et réglementaire favorable
L’annonce intervient alors que la **Commission européenne** durcit les exigences en matière d’émissions de CO₂ pour les constructeurs automobiles. Dès 2035, la vente de véhicules thermiques neufs sera interdite sur le continent, poussant les industriels à accélérer leur transition. Dans ce cadre, les modèles électriques abordables deviennent un enjeu clé pour éviter une fracture entre les automobilistes les plus aisés et les autres. « Sans une offre compétitive, l’Europe risque de perdre des parts de marché face à la Chine ou aux États-Unis », souligne un analyste automobile interrogé par Courrier International.
Par ailleurs, les aides publiques à l’achat de véhicules électriques, comme le **bonus écologique** en France, pourraient encore renforcer l’attractivité de ce type de modèles. Stellantis mise sur ces dispositifs pour compenser un prix de vente initialement élevé, avant que les économies d’échelle ne fassent baisser les coûts de production. « L’équation économique est complexe, mais nécessaire », commente un responsable du groupe.
Cette relance de la 2CV marque aussi un tournant symbolique pour Stellantis, qui cherche à réconcilier héritage industriel et innovation. Alors que le groupe mise sur l’électrique pour survivre, le succès de cette stratégie dépendra de sa capacité à proposer des véhicules **accessibles, fiables et désirables** — un défi de taille dans un marché en pleine mutation.
Les principaux rivaux de ce modèle devraient être les citadines électriques chinoises comme la **BYD Dolphin** ou la **MG4**, ainsi que les futures petites voitures électriques de Renault (R5) ou de Volkswagen (ID.1). Ces modèles, déjà présents sur le marché, affichent des tarifs comparables et des autonomies similaires.
Pour l’instant, Stellantis n’a communiqué que sur une production et une commercialisation en Europe. Aucune information n’a été donnée concernant une éventuelle exportation vers d’autres continents, comme l’Amérique latine ou l’Afrique, où la 2CV originale a connu un grand succès dans le passé.