Le groupe automobile Stellantis a annoncé, ce 22 mai 2026, la création d’une co-entreprise avec le constructeur chinois Dongfeng Motor Corporation. L’accord vise à implanter une unité de production de véhicules électriques sur le sol français, un projet qui marque une nouvelle étape dans la stratégie d’électrification du groupe européen. Selon Frandroid, cette alliance s’inscrit dans un contexte de forte concurrence asiatique sur le marché européen de l’automobile.
Ce qu'il faut retenir
- Dongfeng Motor Corporation est un groupe chinois fondé en 1969, classé parmi les « Big Four » de l’industrie automobile chinoise, aux côtés de SAIC, FAW et BAIC.
- L’alliance avec Stellantis prévoit une production locale de véhicules électriques en France, sans précision de lieu ou de capacité pour l’instant.
- Dongfeng est déjà partenaire de plusieurs constructeurs internationaux, dont Nissan, avec qui il partage des usines en Chine et en Asie du Sud-Est.
- Le groupe chinois dispose d’un portefeuille de 12 marques, couvrant des segments allant des utilitaires aux berlines haut de gamme.
- Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler en 2021, mise sur cette co-entreprise pour accélérer son offre 100 % électrique en Europe.
Un acteur historique de l’automobile chinoise
Fondé en 1969 sous le nom de Second Automobile Works, Dongfeng Motor Corporation a pris son nom actuel en 1992, après avoir été intégré au groupe d’État chinois Dongfeng. Comme le rapporte Frandroid, le constructeur est aujourd’hui le deuxième plus grand producteur de véhicules en Chine, derrière SAIC Motor, avec un chiffre d’affaires annuel dépassant les 100 milliards d’euros en 2025.
Le groupe, dont le siège social est situé à Wuhan (province du Hubei), s’est diversifié bien au-delà des voitures particulières. Ses activités couvrent les camions, les bus, les véhicules commerciaux et les pièces détachées. Dongfeng est également présent dans les technologies électriques et hybrides, un secteur dans lequel il investit massivement depuis 2018.
Une stratégie d’expansion internationale bien établie
Dongfeng n’en est pas à son coup d’essai en matière de partenariats internationaux. Le constructeur chinois collabore déjà avec Nissan depuis 2003, via une co-entreprise appelée Dongfeng Nissan Passenger Vehicle Company. Ensemble, les deux groupes exploitent plusieurs usines en Chine et au Vietnam, produisant des modèles comme la Nissan Sylphy ou la Venucia T60.
Côté Europe, Dongfeng a tenté de s’implanter à plusieurs reprises. En 2019, il avait signé un accord avec le groupe français Peugeot pour développer des véhicules électriques, mais le projet avait été abandonné en raison de désaccords stratégiques. Cette fois, l’alliance avec Stellantis semble plus concrète, même si les détails financiers et industriels restent à préciser.
Quels modèles et quels sites en France ?
Si Stellantis n’a pas encore communiqué sur les modèles qui seront produits dans la future co-entreprise, les rumeurs évoquent des citadines électriques destinées au marché européen. Le groupe français, qui possède des marques comme Peugeot, Citroën, Opel ou Fiat, cherche à accélérer sa transition vers l’électrique pour répondre aux normes environnementales de l’Union européenne.
Côté implantation, plusieurs sites français sont évoqués. L’usine Stellantis de Mulhouse (Haut-Rhin), spécialisée dans les véhicules compacts, ou celle de Poissy (Yvelines), historique de Peugeot, pourraient accueillir une partie de la production. Cependant, aucune confirmation officielle n’a été donnée pour l’instant. — Dongfeng, qui a déjà exporté des véhicules électriques en Europe via des canaux commerciaux, pourrait aussi s’appuyer sur des partenaires logistiques pour distribuer ses modèles sur le continent.
D’ici la fin de l’année 2026, les deux groupes devraient présenter un plan industriel détaillé, incluant les investissements prévus et les emplois concernés. En attendant, la question de l’acceptation sociale et politique de cette collaboration pourrait peser dans la balance.