L'ancien gardien emblématique de l'équipe de France et de l'Olympique de Marseille, Steve Mandanda, s'exprime pour la première fois sur la période difficile qu'il a traversée après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle. Selon Libération, il revient sur cette dépression existentielle qui l'a touché après son départ des terrains.
Ce qu'il faut retenir
- Steve Mandanda, 41 ans, ancien gardien de l'OM et des Bleus, a connu une dépression après son arrêt de carrière.
- Il évoque cette période comme une « remise en question profonde » de son identité et de son rôle.
- Le gardien a pris sa retraite sportive en 2024 après une carrière marquée par des titres en Ligue 1 et en Coupe de France.
- Il revient sur les causes de cette dépression, liée notamment à la perte de repères et à la difficulté de se projeter.
- Mandanda a choisi de se confier pour sensibiliser aux enjeux psychologiques du sport de haut niveau.
Une carrière couronnée de succès, suivie d'un vide inattendu
Avec 35 sélections en équipe de France et plus de 600 matchs professionnels, Steve Mandanda a bâti une carrière exceptionnelle. Champion de France à cinq reprises avec l'Olympique de Marseille, il a également remporté la Coupe de France en 2010 et 2011. Pourtant, c'est après avoir raccroché les gants que l'ancien international a découvert une autre réalité, bien moins glorieuse. Comme il le confie à Libération, « l'arrêt de ma carrière a été un véritable séisme dans ma vie ».
Pourtant, rien ne laissait présager un tel basculement. Mandanda a pris sa retraite sportive en juin 2024, après une dernière saison sous les couleurs marseillaises. Mais derrière les statistiques flatteuses et les trophées accumulés, une question le taraudait : « Qui suis-je sans le foot ? ». Autant dire que la transition entre la vie de sportif professionnel et l'après-carrière s'est avérée bien plus complexe qu'il ne l'imaginait.
La dépression existentielle, un mal invisible mais bien réel
L'ancien portier des Bleus décrit une période où il a perdu pied, comme il l'explique : « J'ai eu l'impression de tomber dans un trou noir ». Pendant plusieurs mois, il a ressenti une profonde lassitude, accompagnée d'une remise en question radicale. « On m'avait toujours défini par mon métier, et du jour au lendemain, plus rien. C'était comme si on m'avait arraché une partie de moi-même », a-t-il précisé à Libération.
Cette dépression n'a pas été immédiate. Elle s'est installée progressivement, alimentée par l'absence de repères concrets et la difficulté à se reconstruire en dehors du monde du football. Mandanda évoque aussi la pression sociale et médiatique qui accompagne souvent la fin de carrière des sportifs de haut niveau. « On attend de nous que l'on soit forts, que l'on rebondisse vite. Mais personne ne parle de ce que l'on ressent vraiment », souligne-t-il.
Un témoignage pour briser les tabous
Steve Mandanda n'est pas le premier athlète à évoquer les difficultés psychologiques liées à la fin de carrière. Pourtant, son récit prend une dimension particulière, car il s'adresse directement aux jeunes talents en devenir. Comme il le souligne, « il faut préparer les joueurs à cette étape, et pas seulement sur le plan sportif ». Pour lui, la santé mentale doit devenir une priorité dans le milieu du football, au même titre que la préparation physique.
Son témoignage s'inscrit dans une démarche plus large de sensibilisation. D'autres anciens sportifs, comme Zlatan Ibrahimović ou Sébastien Loeb, ont déjà partagé leurs expériences similaires. Mandanda espère que son intervention pourra aider d'autres athlètes à anticiper cette transition et à éviter de tomber dans le même piège. « On ne devrait pas avoir à attendre d'être au fond du trou pour en parler », insiste-t-il.
Steve Mandanda a choisi de partager son expérience pour montrer qu'un champion peut aussi être vulnérable. Une leçon qui dépasse le cadre du football et qui rappelle que la santé mentale doit être prise au sérieux, quel que soit le domaine d'activité.
Oui, il insiste sur l'importance de la préparation à la reconversion dès le début de carrière, avec un accompagnement psychologique et professionnel. Il recommande également de ne pas attendre d'être au fond du trou pour en parler et de trouver rapidement de nouveaux projets pour éviter le vide.