Depuis le début du mois de mai, les conducteurs utilisant leur téléphone au volant s’exposent à une suspension immédiate de leur permis de conduire dans plusieurs départements français. Selon Capital, cette mesure, déjà appliquée dans quatre départements, pourrait prochainement s’étendre à l’ensemble du territoire, alors que la mortalité routière connaît une hausse inquiétante malgré la baisse de l’usage de la voiture.

Quatre départements appliquent désormais cette sanction renforcée : les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime. L’Ardèche rejoindra ce dispositif dès le 1er juin prochain, comme l’a annoncé France 3 le 6 mai. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’utilisation du téléphone au volant multiplie par 23 le risque d’accident, rappelle RMC.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre départements appliquent déjà la suspension du permis pour usage du téléphone au volant depuis le 1er mai : Landes, Lot-et-Garonne, Pas-de-Calais et Charente-Maritime.
  • L’Ardèche rejoindra cette mesure le 1er juin 2026, portant le total à cinq départements concernés.
  • Cette infraction, passible d’une amende de 135 euros et d’un retrait de 3 points, expose désormais à une suspension immédiate du permis dans ces zones.
  • En Charente-Maritime, 450 permis ont déjà été suspendus pour ce motif depuis le début de la mesure.
  • La ministre chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, s’est dite favorable à une généralisation de la mesure à l’échelle nationale.
  • La mortalité routière a augmenté de 15 % en avril 2026, malgré une baisse de l’usage de la voiture due à la hausse des prix du carburant.

Une réponse locale à une hausse de la mortalité routière

Les préfets des départements concernés ont justifié cette mesure par l’urgence de réduire le nombre d’accidents mortels. En Charente-Maritime, le préfet a déclaré au micro de RMC : « Tout sera fait pour faire baisser le chiffre fatal des 45 morts par an sur les routes du département ». Dans l’Ardèche, le préfet a souligné avoir adopté cette mesure après une série d’accidents ayant causé huit morts en quelques jours seulement. « Ces accidents ne sont pas des fatalités. On n’en fait jamais assez pour épargner des vies », a-t-il affirmé.

Cette initiative intervient alors que la mortalité routière est en hausse en France. En avril 2026, le nombre de victimes a progressé de 15 % par rapport aux années précédentes, selon les données citées par Marie-Pierre Vedrenne lors de son intervention sur RMC le 13 mai. « Nous avons une courbe à la hausse, ce n’est pas possible. Il faut donc mettre en place différentes mesures, à la fois pour la prévention et pour faire évoluer les sanctions », a-t-elle ajouté.

Une mesure qui pourrait devenir nationale

Alors que la généralisation de cette sanction reste pour l’heure à l’étude, la ministre chargée de la Citoyenneté s’est montrée favorable à une extension du dispositif à l’ensemble du territoire. Invitée de RMC ce 13 mai 2026, elle a déclaré : « Au vu des chiffres, au vu des conséquences, oui, il est nécessaire, peut-être, d’étendre ces propositions ». Elle a également rappelé que l’objectif était de « faire évoluer les sanctions » face à une situation « inacceptable ».

Cette position intervient alors que les Français roulent moins en raison de la flambée des prix du carburant, un paradoxe que la ministre a souligné : « La mortalité est en hausse malgré une baisse de l’usage de la voiture. Cela montre que le problème ne vient pas seulement du trafic, mais aussi des comportements au volant. »

Quelles sanctions pour les contrevenants ?

En temps normal, l’usage du téléphone au volant est sanctionné par une amende de 135 euros et un retrait de 3 points sur le permis de conduire. Mais dans les cinq départements concernés par la suspension immédiate, les forces de l’ordre peuvent désormais retirer le permis sur-le-champ aux contrevenants. Cette mesure s’ajoute aux sanctions classiques et vise à frapper plus fort les conducteurs récalcitrants.

Dans les Landes, où la mesure est en vigueur depuis le 1er mai, 450 permis ont déjà été suspendus pour cette raison, selon les chiffres communiqués par Capital. Un chiffre qui illustre l’impact concret de cette nouvelle disposition sur le terrain.

Et maintenant ?

La question d’une généralisation nationale de cette mesure devrait être tranchée dans les prochains mois. Si la ministre chargée de la Citoyenneté s’est dite favorable à une extension, aucune date n’a encore été fixée pour un éventuel vote ou décret. Les associations de sécurité routière et les préfets des autres départements pourraient faire pression pour que le dispositif soit étendu, d’autant que la tendance actuelle de la mortalité routière reste préoccupante.

Par ailleurs, cette initiative pourrait inspirer d’autres mesures répressives, comme l’élargissement des sanctions pour d’autres infractions au code de la route, notamment en cas de vitesse excessive ou de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants.

Un durcissement qui interroge sur son efficacité

Si la suspension immédiate du permis pour usage du téléphone au volant marque un tournant dans la répression de cette infraction, son efficacité reste à démontrer. Les associations de prévention routière soulignent que la sensibilisation et l’éducation des conducteurs restent des leviers essentiels pour réduire les accidents. La mesure pourrait aussi avoir un effet dissuasif, mais son impact dépendra de son application rigoureuse par les forces de l’ordre.

Pour rappel, selon les études citées par RMC, utiliser son téléphone au volant multiplie par 23 le risque d’avoir un accident. Un chiffre qui justifie, selon les autorités, le durcissement des sanctions.

Reste à voir si cette approche locale et répressive portera ses fruits, ou si elle ne sera qu’une première étape vers une politique nationale plus ambitieuse en matière de sécurité routière.

Les départements concernés sont les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime, et l’Ardèche à partir du 1er juin 2026.

L’amende est de 135 euros avec un retrait de 3 points sur le permis. Dans les départements concernés par la nouvelle mesure, une suspension immédiate du permis peut être prononcée.