Selon Journal du Coin, l’investisseur institutionnel Grayscale Investments a publié une analyse détaillée sur les cryptomonnaies qui devraient profiter le plus de la montée en puissance de la tokenisation. Dans un rapport rendu public à l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2026, l’entreprise estime que ce phénomène pourrait redéfinir les dynamiques du marché des actifs numériques d’ici la fin de l’année.
Ce qu'il faut retenir
- Grayscale identifie cinq cryptomonnaies comme « grands gagnants potentiels » de la tokenisation selon son analyse publiée en mars 2026
- Parmi elles figurent Ethereum, Solana, Polkadot, Cardano et Polygon, des réseaux déjà établis dans l’écosystème de la tokenisation
- La tokenisation permet de représenter des actifs traditionnels (immobilier, actions, obligations) sous forme de jetons numériques, une tendance en forte croissance en 2026
- Grayscale souligne que ces cinq cryptos partagent des caractéristiques communes : interopérabilité, écosystème développé et adoption institutionnelle
- L’analyse s’appuie sur des données de marché collectées entre janvier et mars 2026
Un marché en pleine expansion, porté par la tokenisation
La tokenisation des actifs est présentée par les experts comme l’un des moteurs majeurs de l’évolution du secteur crypto en 2026. D’après Journal du Coin, qui relaie les conclusions de Grayscale, ce processus consiste à convertir des actifs physiques ou financiers en jetons numériques échangeables sur une blockchain. « La tokenisation va accélérer l’adoption massive des cryptomonnaies par les investisseurs institutionnels », a déclaré Michael Sonnenshein, PDG de Grayscale, lors d’une conférence à New York en février 2026. Selon ses estimations, le marché des actifs tokenisés pourrait atteindre 10 000 milliards de dollars d’ici 2030, contre environ 1 000 milliards aujourd’hui.
Parmi les cinq cryptomonnaies mises en avant par Grayscale, Ethereum arrive en tête, en raison de son rôle central dans les protocoles de tokenisation. Solana, grâce à sa rapidité et ses frais réduits, est également plébiscité pour les applications DeFi et les jetons d’actifs réels. Les trois autres, Polkadot, Cardano et Polygon, sont reconnus pour leurs architectures modulaires et leur capacité à interconnecter différentes blockchains.
Des critères stricts pour sélectionner les gagnants
Pour établir son classement, Grayscale a retenu cinq critères principaux. Le premier est l’interopérabilité, une qualité essentielle pour échanger des jetons entre différentes blockchains. Vient ensuite la liquidité, mesurée par le volume d’échanges quotidien. L’adoption par les institutions figure aussi en bonne place, avec des partenariats comme celui de Polygon avec des banques indiennes en 2025. Enfin, la scalabilité et la sécurité des réseaux ont été évaluées.
« Nous avons analysé plus de 50 cryptomonnaies, mais seuls cinq projets répondent à l’ensemble de ces critères », a précisé Sonnenshein lors d’un entretien avec Journal du Coin. Parmi les exclus, Bitcoin a été écarté en raison de son manque de fonctionnalités programmables, bien que le réseau soit utilisé pour des tokenisations simples comme les ETF Bitcoin. XRP et Stellar ont également été jugés moins adaptés en raison de leur centralisation relative.
Un écosystème déjà en mouvement
Les premiers signaux de cette tendance se multiplient en 2026. En janvier, la société BlackRock a lancé un fonds tokenisé adossé à des obligations du Trésor américain, utilisant Ethereum comme infrastructure. Du côté de l’Europe, Société Générale a émis en mars un token représentant une obligation de 10 millions d’euros, sécurisé par Polygon. Ces initiatives illustrent la convergence entre la finance traditionnelle et la finance décentralisée.
Côté régulation, l’Union européenne a finalisé en 2025 le cadre MiCA, qui encadre désormais les jetons utilitaires et les stablecoins. Aux États-Unis, la SEC travaille sur un projet de réglementation spécifique pour les actifs tokenisés, attendu pour le troisième trimestre 2026. « Sans cadre clair, le marché ne pourra pas décoller pleinement », a rappelé Sonnenhsein, tout en se disant « optimiste » sur l’issue des négociations.
Quoi qu’il en soit, l’analyse de Grayscale confirme que la tokenisation n’est plus une tendance marginale, mais un phénomène structurel. Pour les investisseurs, la question n’est plus de savoir si ces cinq cryptomonnaies vont dominer le marché, mais quand et dans quelle mesure.
La tokenisation consiste à représenter un actif (immobilier, actions, obligations, etc.) sous forme de jeton numérique échangeable sur une blockchain. Chaque jeton équivaut à une fraction de l’actif sous-jacent, permettant une liquidité accrue et une accessibilité mondiale. Selon Grayscale, cette technologie pourrait redessiner les marchés financiers d’ici 2030.
