Ancien coureur de l’équipe Cofidis entre 2016 et 2025, Anthony Perez a récemment partagé son expérience du haut niveau dans un entretien fleuve de près de deux heures sur la chaîne YouTube du triathlète Yannick Matejicek. Parmi les sujets abordés, le Tour de France occupe une place centrale dans ses confidences, ce dernier le qualifiant d’« expérience extrême ». Selon RMC Sport, Perez, aujourd’hui âgé de 35 ans, y a participé à six reprises, avec un meilleur résultat obtenu en 2022 (84e place).
Ce qu'il faut retenir
- Anthony Perez a participé à six Tours de France, son meilleur résultat étant une 84e place en 2022.
- Il a abandonné dès la 3e étape en 2020 après une chute à 80 km/h, fracturant une côte et perdant le maillot à pois.
- Perez décrit le Tour comme une épreuve « traumatisante », avec des conditions de course et médiatiques éprouvantes.
- Il évoque aussi la pression liée aux multiples interviews quotidiennes pendant la course.
- Le jeune Paul Seixas, membre de l’équipe Decathlon CMA CGM, prendra le départ du Tour 2026 le 4 juillet à Barcelone.
- Perez a mis fin à sa carrière professionnelle après la saison 2025, déclarant ressentir un « vrai soulagement ».
Un environnement physique et mental d’une intensité rare
Dans cet entretien diffusé sur YouTube, Anthony Perez a livré un témoignage brut sur les exigences du cyclisme professionnel, et plus particulièrement du Tour de France. Cofidis, son unique employeur depuis ses débuts en 2016 jusqu’à sa retraite l’an dernier, a été le cadre d’une carrière marquée par des sacrifices autant physiques que psychologiques. « Le Tour de France, c’est tellement traumatisant. Tu entends les gens te gueuler dessus pendant cinq, six heures », a-t-il expliqué, décrivant un environnement où la souffrance et le stress font partie intégrante du quotidien. Selon RMC Sport, il précise que les rares moments de répit surviennent lors des descentes de cols, où la pression momentarily s’allège.
Le Français, vainqueur de plusieurs courses comme la Drôme Classic (2023) ou la Classic Loire-Atlantique (2022), revient également sur les conséquences de ses abandons, notamment celui de 2020. Une lourde chute à 80 km/h après une collision avec l’arrière d’une voiture lui a valu une côte fracturée et l’a privé du maillot à pois qu’il aurait porté à l’arrivée de l’étape. « Dès que je fermais les yeux, j’étais dans le peloton », confie-t-il, illustrant l’emprise durable que peut avoir cette épreuve sur l’esprit.
Une pression médiatique et logistique omniprésente
Au-delà de l’effort physique, Anthony Perez souligne une autre forme de difficulté : la gestion du temps et des sollicitations pendant les trois semaines de course. « Tu as une pression… J’avais trois, quatre, cinq interviews tous les matins. Tu passes beaucoup de temps hors vélo. Pareil pendant les journées de repos », détaille-t-il. Cette organisation serrée, combinée à l’intensité des étapes, transforme chaque journée en un marathon tant sportif que médiatique. RMC Sport rapporte que ces contraintes expliquent en partie pourquoi Perez considère le Tour comme une expérience « extrême », bien au-delà de l’effort purement cycliste.
L’ancien coureur évoque aussi les nuits hantées par les souvenirs de la course. Les images des pelotons, des chutes ou des stratégies d’équipe reviennent sans cesse, perturbant même le sommeil. « Sans oublier les nombreuses sollicitations pendant les trois semaines de la course », ajoute-t-il, soulignant l’absence de répit réel, y compris lors des périodes de repos officiellement prévues.
Un palmarès et un parcours professionnel riches en enseignements
Avant de mettre un terme à sa carrière en 2025, Anthony Perez a accumulé un palmarès notable : deux victoires d’étape sur le Tour de Luxembourg, une étape sur le Tour des Alpes-Maritimes et du Var, ainsi que des succès sur des classiques comme la Classic Loire-Atlantique (2022) ou la Drôme Classic (2023). Ces performances, bien que moins médiatisées que celles des grands tours, reflètent la régularité d’un coureur ayant su s’adapter aux exigences du peloton professionnel. Selon RMC Sport, il a toujours évolué sous les couleurs de Cofidis, une fidélité qui a forgé son expérience mais aussi ses limites.
À l’issue de sa carrière, Perez a reconnu ressentir un « vrai soulagement ». Cette déclaration, rapportée par La Dépêche lors de son annonce de retraite, résume probablement le poids accumulé au fil des saisons. Pour lui, comme pour de nombreux athlètes de haut niveau, l’arrêt des compétitions marque aussi la fin d’une période où le corps et l’esprit sont constamment poussés à leurs extrêmes.
Paul Seixas, prochain ambassadeur français du Tour 2026
Alors que Perez a définitivement quitté la scène professionnelle, une nouvelle génération prend le relais. Paul Seixas, jeune coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM – dont le co-sponsor est également propriétaire de RMC-BFM –, s’apprête à réaliser son « rêve d’enfant » en participant au Tour de France 2026. Le départ sera donné le 4 juillet à Barcelone, offrant une occasion unique pour ce Français de se mesurer à la plus prestigieuse course cycliste au monde.
Les attentes autour de Seixas sont élevées, notamment en raison de son profil prometteur et de l’engouement médiatique qui entoure son parcours. Après avoir brillé dans des compétitions nationales, il devra désormais affronter les défis du haut niveau, tant sur le plan sportif que médiatique. Comme le soulignait récemment Richard Virenque, « l’engouement populaire et la pression médiatique seront intenses », un constat que Perez a lui-même vécu à de multiples reprises.
Pour Anthony Perez, la page du cyclisme professionnel est tournée, mais son témoignage reste un rappel des réalités souvent méconnues du Tour de France. Entre souffrances physiques, pression médiatique et gestion du stress, chaque édition de la course révèle des destins comme le sien – des destins forgés dans l’ombre des projecteurs, mais qui en font toute la complexité.
Anthony Perez a été victime d’une chute spectaculaire dès la 3e étape du Tour de France 2020 après avoir percuté l’arrière d’une voiture à 80 km/h. Cet accident lui a causé une fracture d’une côte et l’a privé du maillot à pois qu’il aurait porté à l’arrivée de l’étape, selon RMC Sport.