Selon Euronews FR, le nouveau volet de la franchise Toy Story, réalisé par Andrew Stanton et coscénarisé avec Kenna Harris, sort ce 19 juin 2026 dans les salles du monde entier. Ce cinquième épisode, centré sur le personnage de Jessie (Joan Cusack), aborde une question contemporaine majeure : l’impact de la technologie sur les relations humaines, à travers l’addiction aux écrans de la jeune Bonnie.
Ce qu'il faut retenir
- Toy Story 5 marque la première fois où Jessie devient le personnage central de la saga, succédant au duo Woody-Buzz.
- Le film explore l’addiction aux écrans et l’isolement social chez les enfants, avec une tablette baptisée Lilypad comme symbole de cette problématique.
- Le scénario évite l’opposition simpliste « technologie = mal » versus « ancien monde = bien », privilégiant une approche nuancée.
- Malgré des scènes émouvantes et des références aux thèmes classiques de Pixar, la conclusion est jugée trop tiède par la critique.
- Le film est présenté comme un exercice de recyclage émotionnel, loin de la justesse de Toy Story 3 (2010), considéré comme l’apogée de la saga.
Une franchise historique confrontée à ses limites
Selon Euronews FR, rares sont les sagas cinématographiques à avoir survécu avec brio à un cinquième volet. L’histoire du cinéma regorge d’exemples où le chapitre 5 signe le déclin d’une franchise : The Dead Pool pour Dirty Harry, A Good Day to Die Hard pour John McClane, ou encore Dead Men Tell No Tales pour Pirates des Caraïbes. Même les trilogies les plus acclamées, comme Jason Bourne, ont vu leurs suites décevoir, comme en témoigne Jason Bourne (2016).
Pixar, studio emblématique du cinéma d’animation, n’a pas échappé à cette règle avec Toy Story 4 (2019). Malgré un milliard de dollars de recettes mondiales, le film était perçu comme un pseudo-épilogue, flirtant avec des thèmes lourds comme le suicide et l’acceptation de la finitude, sans parvenir à égaler la profondeur de ses prédécesseurs. Toy Story 3 (2010), en revanche, reste une référence absolue : son méchant, l’ourson Lots-O’-Huggin’ Bear, est souvent cité comme l’un des antagonistes les plus charismatiques depuis Hannibal Lecter, tandis que son final, rythmé par la chanson « When She Loved Me », a marqué toute une génération.
Jessie, nouvelle héroïne face à la technologie
Dans Toy Story 5, l’action se déroule à nouveau dans l’univers de Bonnie, où Jessie endosse désormais le rôle de shérif des jouets. La fillette, solitaire et en difficulté à se faire des amis, sombre dans l’addiction à une tablette nommée Lilypad (doublée par Greta Lee), achetée par des parents désemparés. Ce dispositif technologique, conçu pour « connecter » les enfants, devient paradoxalement le vecteur d’un isolement croissant, au grand dam des jouets qui observent la scène avec inquiétude.
Jessie, déterminée à sauver Bonnie, échafaude un plan qui la sépare du groupe et la confronte à ses propres traumatismes. Woody (Tom Hanks) et Buzz (Tim Allen) doivent alors intervenir pour la secourir, rappelant les dynamiques classiques de la saga. Le film met en lumière des enjeux sociétaux contemporains, comme les débats en cours au Royaume-Uni sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, ou encore la montée des addictions aux écrans chez les jeunes publics.
Une approche nuancée, mais une conclusion décevante
D’après Euronews FR, l’un des atouts de Toy Story 5 réside dans sa capacité à éviter les clichés manichéens. Le film ne diabolise pas la technologie, mais en souligne les dérives possibles : superficialité des relations, perte de l’imagination, et éloignement des liens authentiques. Cette subtilité permet d’aborder des thèmes comme l’hyperconnexion ou la crise identitaire à l’ère numérique, sans tomber dans la caricature.
Pourtant, malgré cette ambition, la conclusion laisse un goût d’inachevé. Les scénaristes, selon la critique, auraient reculé devant une mise en garde plus radicale, préférant une fin « douce » plutôt qu’un véritable avertissement. Cette tiédeur contraste avec la première moitié du film, où Jessie incarne enfin une héroïne mature, héritière des valeurs de la saga. Ses scènes, notamment celles explorant son abandon passé, rappellent le montage déchirant de Toy Story 2, mais sans atteindre la même intensité émotionnelle. Joan Cusack, dont le talent est salué, porte à elle seule une grande partie du récit, rappelant au public combien son absence des écrans se fait sentir.
Un film en demi-teinte, mais toujours Pixar
À l’image des précédents volets, Toy Story 5 revisite les thèmes chers au studio : le passage à l’âge adulte, la puissance de l’imagination, et la perte. Son final, chaleureux et réconfortant, rappelle que même une franchise déclinante conserve une certaine magie. Pourtant, comme le souligne un personnage du film, «
l’âge des jouets est terminé». La question, posée avec justesse, reste entière : Pixar peut-il encore surprendre après plus de 30 ans d’existence ?
Pour la critique, la réponse est mitigée. Si Toy Story 5 ne sombre pas dans le médiocre, il peine à retrouver l’originalité et la profondeur de ses prédécesseurs. Entre recyclage émotionnel et hommages aux classiques, le film ressemble parfois à une compilation « best of » pour une nouvelle génération. Reste une certitude : Ratatouille (2007) et son rat cuisinier prodige demeurent, pour beaucoup, la preuve ultime du génie de Pixar.
En attendant, Toy Story 5 propose une réflexion nécessaire sur notre rapport aux écrans, un sujet qui devrait encore gagner en importance dans les années à venir. Le film pourrait ainsi servir de déclencheur à des discussions familiales ou éducatives, bien au-delà de son rôle de divertissement.
Lilypad est une tablette technologique achetée par les parents de Bonnie pour la « connecter » aux autres enfants. Elle symbolise l’addiction aux écrans et l’isolement social, poussant les jouets à réagir face à cette menace pour leur relation avec la fillette.
Toy Story 3 est souvent cité comme le point culminant de la saga grâce à son méchant charismatique (Lots-O’-Huggin’ Bear), son final déchirant rythmé par « When She Loved Me », et sa profondeur thématique, abordant la perte et l’acceptation avec justesse.