Dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin 2026, l’Ukraine a lancé sa plus importante attaque de drones contre Moscou depuis au moins deux ans, selon BMF - International. Plusieurs projectiles ont touché une raffinerie de pétrole, provoquant des incendies et perturbant le trafic aérien, notamment à l’aéroport de Chérémétievo. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié cette opération d’« riposte pleinement justifiée » aux attaques russes contre ses villes et infrastructures civiles.
Ce qu'il faut retenir
- Première attaque de cette envergure depuis deux ans : plus de 500 drones ukrainiens interceptés par la Russie selon Moscou, dont 180 abattus au-dessus de la capitale.
- Une raffinerie stratégique endommagée : la MNPZ, gérée par Gazpromneft et fournissant plus d’un tiers du carburant de Moscou, a été touchée à deux reprises en deux jours.
- Perturbations majeures à l’aéroport de Chérémétievo : évacuations temporaires et restriction des vols avant un retour progressif à la normale en début de matinée.
- Contexte diplomatique tendu : cette attaque survient alors que Vladimir Poutine accueille un sommet Russie-ASEAN à Kazan, avec la présence de dirigeants asiatiques comme le Premier ministre thaïlandais ou le président philippin.
- Escalade des frappes ukrainiennes : Kiev intensifie ses attaques sur le sol russe, ciblant les raffineries pour affaiblir l’économie et la logistique militaire de Moscou.
Une frappe sans précédent sur la capitale russe
Selon les autorités russes, plus de 500 drones ukrainiens ont été lancés dans la nuit, dont 180 ont franchi les défenses aériennes au-dessus de Moscou, selon le maire Sergueï Sobianine. Plusieurs ont atteint la MNPZ (Moscow Oil Refinery Plant), l’une des plus grandes raffineries du pays, située dans le quartier de Kapotnia au sud-est de la capitale. Gérée par Gazpromneft, cette installation assure plus d’un tiers des besoins en carburant de Moscou, notamment pour ses aéroports, comme l’a confirmé le site officiel de l’entreprise.
Cette raffinerie avait déjà été visée mardi par une attaque ukrainienne, illustrant la stratégie de Kiev visant à fragiliser l’économie russe en ciblant ses infrastructures pétrolières. « Plusieurs drones ont réussi à atteindre la MNPZ », a écrit Sergueï Sobianine sur Telegram, ajoutant que l’incendie provoqué par l’attaque était en cours de maîtrise.
Moscou sous tension : aéroport paralysé et dégâts collatéraux
L’aéroport international de Chérémétievo, principal hub aérien de la capitale, a été fortement perturbé par l’attaque. Dans un communiqué publié peu avant 7 heures du matin (heure de Paris), les autorités ont indiqué avoir évacué des passagers vers des lieux sécurisés et restreint temporairement les vols. Les mesures de restriction ont été levées en début de matinée, permettant un retour progressif à la normale. Selon l’agence TASS, il s’agit de la plus grande attaque de drones contre Moscou depuis au moins deux ans.
En dehors de la raffinerie, d’autres impacts ont été recensés : un immeuble résidentiel touché et un incendie déclenché dans un centre commercial, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov. Ces dégâts s’ajoutent aux dégâts matériels et aux perturbations subies par la population moscovite, dans un contexte déjà marqué par des tensions sécuritaires récurrentes.
Kiev justifie l’attaque comme une réponse aux frappes russes
Volodymyr Zelensky a défendu cette opération lors d’une déclaration sur les réseaux sociaux, la qualifiant de « réponse pleinement justifiée » aux attaques russes contre les villes et communautés ukrainiennes. «
C’est une réponse pleinement justifiée aux attaques russes contre nos villes et nos communautés, ainsi qu’un autre résultat important du travail de nos combattants contre les installations qui soutiennent la machine de guerre russe.» a-t-il affirmé ce jeudi 18 juin, soulignant que ces frappes visaient à affaiblir la capacité logistique de Moscou.
Depuis plusieurs mois, l’Ukraine a intensifié ses attaques de drones contre des cibles russes, notamment les raffineries, dans le cadre d’une stratégie visant à réduire les revenus pétroliers de la Russie et à perturber son économie de guerre. Cette escalade survient alors que les négociations diplomatiques pour mettre fin au conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, restent dans l’impasse.
Un sommet Russie-ASEAN perturbé par les tensions
L’attaque ukrainienne coïncide avec le début d’un sommet de deux jours entre la Russie et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), organisé à Kazan, à environ 700 km à l’est de Moscou. Plusieurs dirigeants asiatiques, dont les Premiers ministres thaïlandais, vietnamien et malaisien, ainsi que le président philippin Ferdinand Marcos, étaient présents pour discuter de coopération économique et politique. Cette rencontre, qui devait symboliser la stabilité de la Russie malgré la guerre en Ukraine, se déroule dans un contexte de tensions accrues.
La Russie, confrontée à une économie fragilisée par la guerre, l’inflation et des pénuries de main-d’œuvre, mise sur ces échanges pour renforcer ses alliances en Asie. Pourtant, la frappe ukrainienne rappelle l’ampleur des défis sécuritaires auxquels Moscou doit faire face, alors que les sanctions occidentales et les perturbations logistiques pèsent sur son économie.
Par ailleurs, la situation économique russe, déjà sous pression, pourrait se dégrader davantage si les attaques sur les raffineries se multiplient. Les prochaines échéances à surveiller incluent les annonces du ministère russe de la Défense sur d’éventuelles représailles, ainsi que les réactions des partenaires asiatiques de Moscou, dont certains pourraient revoir leur position face à l’escalade du conflit.
En Ukraine, cette opération pourrait renforcer la crédibilité de Kiev sur la scène internationale, tout en soulignant les limites de la protection des infrastructures russes face aux drones ukrainiens. Reste à voir si cette stratégie permettra de faire pression sur Moscou pour relancer des négociations, alors que les deux camps restent campés sur leurs positions.
Un conflit qui s’étire et ses conséquences régionales
Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, le conflit en Ukraine continue de redéfinir les équilibres géopolitiques en Europe et en Asie. Les frappes ukrainiennes sur le sol russe, autrefois rares, se sont multipliées ces derniers mois, illustrant une évolution des tactiques de Kiev pour faire pression sur Moscou. Selon les analystes, cette escalade pourrait contraindre la Russie à mobiliser davantage de ressources pour protéger ses infrastructures stratégiques, déjà mises à mal par les sanctions et la baisse des exportations énergétiques.
Du côté occidental, les États-Unis et leurs alliés maintiennent leur soutien à l’Ukraine, bien que les priorités géopolitiques évoluent. Lors du sommet du G7 en France en début de semaine, le président américain Donald Trump avait appelé Moscou à « conclure un accord » pour mettre fin à la guerre. Vladimir Poutine, de son côté, a rejeté à plusieurs reprises les propositions de pourparlers directs avec Zelensky, refusant toute concession territoriale.
Dans ce contexte, la question de l’issue du conflit reste entière. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer si l’Ukraine parvient à maintenir la pression sur la Russie, ou si Moscou, malgré ses difficultés économiques, parvient à stabiliser le front et à préserver ses capacités militaires.
Kiev vise les raffineries pour plusieurs raisons. D’abord, ces infrastructures sont essentielles à l’économie russe, car elles fournissent une grande partie du carburant nécessaire aux transports et à l’aviation militaire. En les attaquant, l’Ukraine cherche à fragiliser la logistique russe et à réduire les revenus pétroliers de Moscou, déjà affectés par les sanctions occidentales. Ensuite, ces frappes envoient un message stratégique : elles prouvent que l’Ukraine est capable de frapper profondément sur le territoire russe, malgré les défenses aériennes de Moscou. Enfin, ces attaques s’inscrivent dans une logique de guerre asymétrique, où Kiev mise sur des frappes ciblées pour compenser son infériorité numérique face à l’armée russe.