Selon Capital, l’Ukraine mise sur une innovation technologique pour limiter l’impact financier des drones russes. Kiev a développé un système laser nommé « Trident », conçu pour abattre les drones Shahed à plus de cinq kilomètres et les FPV à moins d’un kilomètre, comme l’a annoncé le 7 mai l’entreprise ukrainienne Célébra Tech.
Ce qu'il faut retenir
- Le système Trident est capable de détruire un drone Shahed à plus de 5 km et un FPV à moins de 1 km.
- Il est déployé depuis décembre 2024, mais doit désormais être produit en série pour une utilisation massive.
- Un logiciel d’intelligence artificielle a été intégré pour repérer et suivre automatiquement les cibles.
- Cette technologie, déjà utilisée par les États-Unis, Israël et la France, permet de réduire les coûts face aux drones low-cost russes.
- Le principal défi reste l’approvisionnement en énergie nécessaire pour alimenter le laser sur le front.
L’Ukraine fait face à un dilemme financier depuis le début de la guerre. Les drones russes, comme les Shahed ou les FPV, coûtent entre quelques centaines de milliers et un million d’euros l’unité, tandis que les missiles utilisés pour les intercepter atteignent plusieurs millions. Une dépense insoutenable à long terme pour Kiev, qui cherche donc des alternatives plus économiques. C’est dans ce contexte que le projet Trident prend tout son sens, comme l’explique Capital.
Un laser conçu pour rivaliser avec les solutions existantes
Le système Trident, développé par l’entreprise ukrainienne Célébra Tech, s’inspire de technologies déjà déployées par d’autres pays. Les États-Unis, Israël et la France, notamment lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, utilisent des lasers anti-drones. Mais l’Ukraine en a besoin sur le front, où la logistique et l’énergie sont des contraintes majeures. Le laser fonctionne en générant un faisceau invisible capable de percer les drones à distance, agissant comme un « chalumeau » destructeur. Pourtant, son efficacité dépend d’une alimentation électrique puissante, difficile à acheminer jusqu’aux lignes de front, souvent mobiles et endommagées.
Si Kiev parvient à surmonter cette barrière technique, elle pourrait réaliser des économies substantielles. Aujourd’hui, chaque interception coûte des millions d’euros en missiles. Avec un laser comme Trident, le coût par tir serait bien moindre, même si l’investissement initial reste élevé. « On parle ici d’une solution durable pour réduire la pression financière sur les dépenses militaires », souligne un expert cité par Capital.
Un déploiement progressif depuis fin 2024
Le système a été testé en conditions réelles depuis décembre 2024, mais son déploiement à grande échelle est désormais envisagé. Pour améliorer ses performances, un logiciel d’intelligence artificielle a été intégré. Ce dernier permet de repérer automatiquement les cibles et de les suivre avec une précision accrue, réduisant ainsi le temps de réaction et augmentant les chances de succès. « L’IA joue un rôle clé dans l’efficacité du système », précise un communiqué de Célébra Tech.
Selon le site spécialisé Militarnyi, le laser a déjà prouvé sa capacité à intercepter des drones à distance, mais son utilisation massive dépendra de sa fiabilité et de sa résistance aux conditions extrêmes du front. Les combats en Ukraine ont montré que les équipements électroniques doivent résister aux intempéries, aux pannes et aux attaques ennemies. C’est autant de défis que les ingénieurs ukrainiens devront relever pour généraliser l’usage de Trident.
Un coût énergétique qui reste un frein majeur
Le principal obstacle à une adoption généralisée reste l’énergie. Un laser anti-drone nécessite une puissance électrique considérable pour générer un faisceau capable de détruire un drone à plusieurs kilomètres. Or, les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont fragilisées par les frappes russes, et les réseaux de distribution sur le front sont souvent instables. « Sans un approvisionnement stable en électricité, le système perd une partie de son efficacité », explique un responsable militaire sous couvert d’anonymat.
Pour contourner ce problème, des solutions sont à l’étude. Certaines unités mobiles pourraient être alimentées par des générateurs, tandis que d’autres pourraient être connectées à des sources d’énergie renouvelable déployées près des zones de combat. « L’idéal serait de combiner le laser avec des systèmes de stockage d’énergie, comme des batteries haute capacité », suggère un ingénieur ukrainien. Une approche qui, si elle est validée, pourrait accélérer l’adoption de cette technologie.
Une question se pose également : cette technologie sera-t-elle suffisante pour contrer l’arsenal russe, qui continue d’évoluer avec des drones toujours plus performants ? Pour l’instant, Trident représente une avancée notable, mais l’Ukraine devra poursuivre ses efforts d’innovation pour maintenir un avantage technologique sur le front.
Le laser ukrainien Trident est conçu pour détruire les drones Shahed à plus de 5 km et les drones FPV à moins de 1 km, selon les annonces de Célébra Tech relayées par Capital.
Le système est déployé depuis décembre 2024, mais sa production en série et son déploiement massif sont envisagés pour 2026, sous réserve des résultats des tests en cours.