Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde, dans la nuit du 20 au 21 mai 2026, contre le risque d’une nouvelle offensive russe dans le nord de l’Ukraine. Une situation qui suscite l’inquiétude à Kiev, alors que Moscou maintient une pression militaire constante sur plusieurs fronts. Selon Ouest France, cette annonce intervient alors que le gouvernement britannique a récemment autorisé, via des pays tiers, l’importation de carburant raffiné à partir de brut russe — une décision que Zelensky a qualifiée d’inacceptable.
Ce qu'il faut retenir
- Volodymyr Zelensky a évoqué une possible offensive russe dans le nord de l’Ukraine lors de la nuit du 20 au 21 mai 2026.
- Le président ukrainien a exigé des explications de la part du gouvernement britannique après l’autorisation d’importations de carburant raffiné à partir de pétrole russe via des pays tiers.
- Cette mesure britannique, prise sans consultation préalable avec Kiev, a été qualifiée de « contraires aux intérêts ukrainiens » par Zelensky.
- Les tensions entre l’Ukraine et la Russie restent vives après plus de deux ans de conflit armé.
Une menace russe persistante dans le Nord ukrainien
Dans un discours retransmis en soirée, Volodymyr Zelensky a évoqué des « signes inquiétants » d’une possible concentration de troupes russes près de la frontière nord de l’Ukraine. « Nous surveillons de près la situation militaire, a-t-il déclaré. Les informations dont nous disposons laissent craindre une escalade dans les prochains jours. » Le président a souligné que Kiev ne pouvait exclure une nouvelle tentative de percée russe, similaire à celle observée lors de l’offensive de 2024 dans la région de Kharkiv. Les services de renseignement ukrainiens ont, pour leur part, confirmé une augmentation des mouvements de blindés et d’artillerie dans la zone frontalière.
Cette région, déjà partiellement sous contrôle russe depuis 2022, représente un enjeu stratégique pour Moscou. Les analystes militaires estiment qu’une reprise des hostilités dans le Nord permettrait à la Russie de menacer directement la deuxième ville du pays, Kharkiv, et de couper l’une des principales voies d’approvisionnement ukrainiennes en provenance de l’Europe.
Le Royaume-Uni sous le feu des critiques ukrainiennes
C’est la question des importations de carburant qui a provoqué la réaction la plus vive de Zelensky. Selon Ouest France, Londres a autorisé, en mai 2026, l’importation de produits pétroliers raffinés en provenance de Russie, à condition qu’ils transitent par des pays tiers. Une décision prise sans consultation préalable avec l’Ukraine, alors que Kiev appelle depuis des mois à un embargo total sur les énergies russes. « Comment justifier que l’on finance la machine de guerre russe tout en prétendant soutenir l’Ukraine ? a dénoncé Zelensky. C’est une politique incohérente, et nous exigeons des explications immédiates. »
Le gouvernement britannique n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Cependant, des sources diplomatiques citées par Ouest France indiquent que Londres maintient cette exception pour des raisons économiques, arguant que la dépendance européenne au pétrole russe reste difficile à résorber du jour au lendemain. Une position qui contraste avec les déclarations répétées de soutien à Kiev depuis le début de l’invasion.
Un contexte géopolitique toujours tendu
Ces développements interviennent alors que les discussions sur un éventuel cessez-le-feu s’enlisent à nouveau. Les pourparlers de paix, relancés en février 2026 à Berlin sous l’égide de l’Allemagne et de la France, n’ont abouti à aucun résultat concret. Les exigences russes, jugées inacceptables par Kiev, portent notamment sur la reconnaissance de l’annexion de quatre régions ukrainiennes — Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia — ainsi que sur la neutralité permanente de l’Ukraine. De son côté, l’Ukraine réclame le retrait complet des troupes russes de son territoire, une position soutenue par ses alliés occidentaux.
Dans ce contexte, les déclarations de Zelensky s’inscrivent dans une stratégie visant à mobiliser la communauté internationale. « Nous ne baisserons pas la garde, a-t-il rappelé. Chaque jour compte, et chaque décision des pays alliés a un impact direct sur notre capacité à résister. »
En attendant, la population ukrainienne reste en état d’alerte. Dans les régions proches du front nord, les exercices de défense civile se multiplient, tandis que les autorités locales appellent à la prudence. « Nous devons nous préparer à tout scénario, a indiqué un responsable local de la région de Soumy. La paix reste notre priorité, mais la réalité est que la guerre est loin d’être terminée. »
Selon les explications fournies par Londres à ses partenaires européens, cette dérogation vise à éviter une crise énergétique en Europe. Le gouvernement britannique estime que couper brutalement les importations de produits pétroliers russes, même via des pays tiers, risquerait de faire flamber les prix de l’énergie et de fragiliser les économies occidentales. Cependant, cette position est vivement critiquée par Kiev, qui y voit une contradiction avec les sanctions censées affaiblir l’économie russe et donc sa capacité à financer la guerre.