Près d’un tiers de la population française compte aujourd’hui un lien direct avec l’immigration, selon les résultats de la seconde édition de l’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), publiée ce mercredi 20 mai par l’Institut national d’études démographiques (INED).
Comme le rapporte RFI, cette vaste étude, menée entre 2019 et 2020 auprès de plus de 27 000 personnes, dresse un portrait actualisé de la diversité des parcours migratoires et de leurs descendants en France. Une photographie sociale qui interroge aussi les inégalités persistantes selon l’origine ou la couleur de peau.
Ce qu'il faut retenir
- Un Français sur trois (32 %) déclare avoir au moins un parent immigré, selon les données de l’INED publiées ce 20 mai 2026.
- L’enquête TeO2, menée entre 2019 et 2020, s’appuie sur un échantillon de 27 000 personnes, permettant une analyse fine des trajectoires migratoires.
- Cette étude met en lumière les disparités persistantes selon l’origine géographique ou l’apparence physique des individus concernés.
- L’INED souligne que cette enquête est la deuxième du genre, après une première édition réalisée en 2008.
Une méthodologie rigoureuse pour cartographier la diversité française
Réalisée sur une période de deux ans, l’enquête Trajectoires et Origines 2 a interrogé plus de 27 000 personnes âgées de 18 à 69 ans, afin de refléter la diversité des situations migratoires en France. RFI précise que cette étude, pilotée par l’INED, vise à analyser les évolutions sociétales depuis la première édition de 2008, tout en intégrant de nouveaux critères comme l’impact de la couleur de peau ou des discriminations systémiques.
Les chercheurs ont notamment étudié les parcours professionnels, les conditions de vie, ainsi que les discriminations subies ou perçues par les immigrés et leurs descendants. « Cette enquête permet de mesurer l’ampleur des inégalités structurelles qui persistent malgré les évolutions législatives », a indiqué un porte-parole de l’INED auprès de RFI.
Des résultats qui confirment les fractures sociales et ethniques
Les premières analyses de l’enquête révèlent que les inégalités d’accès à l’emploi, au logement ou à l’éducation restent marquées selon l’origine. RFI cite les chiffres de l’INED : les descendants d’immigrés africains, par exemple, affichent un taux de chômage supérieur de 5 points à la moyenne nationale. Autre exemple : les jeunes issus de l’immigration maghrébine déclarent deux fois plus souvent avoir subi des discriminations à l’embauche que la moyenne.
L’enquête aborde également la question des stéréotypes et de leur impact sur la vie quotidienne. « Les personnes issues de l’immigration rapportent des expériences de rejet ou de méfiance dans des contextes variés, qu’il s’agisse des relations avec les administrations, des interactions sociales ou même au sein du système éducatif », a expliqué un chercheur de l’INED à RFI. Ces données s’inscrivent dans un débat plus large sur les politiques publiques en matière d’intégration et de lutte contre les discriminations.
Immigration et intégration : des défis qui évoluent avec le temps
L’enquête TeO2 révèle aussi que les flux migratoires ont évolué depuis 2008. Si l’immigration européenne reste majoritaire, les origines africaines et asiatiques ont connu une hausse significative. RFI note que près de 40 % des immigrés présents en France en 2020 viennent d’Europe, contre 35 % pour l’Afrique et 15 % pour l’Asie. « Ces changements reflètent à la fois les politiques migratoires et les crises géopolitiques récentes », a commenté un démographe de l’INED.
Par ailleurs, l’étude souligne l’importance croissante des métissages et des familles mixtes dans la société française. Près d’un quart des descendants d’immigrés déclarent avoir au moins un parent issu d’une origine différente. « Ces dynamiques familiales complexes redéfinissent les contours de l’identité nationale », a précisé l’INED.
Pour l’INED, cette étude confirme l’importance de poursuivre les travaux sur les inégalités structurelles, tout en intégrant les nouvelles réalités démographiques. « Ces chiffres rappellent que l’intégration n’est pas un processus linéaire, mais un enjeu permanent », a résumé un responsable de l’institut.