Quatre élus locaux issus de listes d’union de la gauche lors des dernières municipales plaident pour une stratégie commune en vue de la présidentielle de 2027. Selon Libération, ces maires, non affiliés à La France Insoumise, souhaitent éviter une nouvelle fragmentation du camp progressiste en misant sur un projet programmatique plutôt que sur une personnalité.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre maires, élus ou réélus en 2026, appellent à une union de la gauche non mélenchoniste pour 2027.
  • Leur proposition s’appuie sur l’expérience des listes locales d’union qui ont permis leurs victoires électorales.
  • Ils rejettent une approche centrée sur un leader unique, privilégiant un projet commun.
  • Leur appel intervient alors que les divisions persistent au sein de la gauche après les échecs électoraux récents.

Des maires locaux porteurs d’une initiative nationale

Parmi les signataires de cet appel, on trouve Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, Julien Bayou — ancien secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts — ainsi que Stéphanie Guignard, maire de Grenoble. Tous quatre ont été élus ou réélus en 2026 grâce à des listes associant plusieurs forces de gauche, une méthode qu’ils souhaitent transposer à l’échelle nationale.

Dans un entretien accordé à Libération, Michaël Delafosse a souligné que « c’est maintenant que ça se joue » pour éviter une nouvelle dispersion des voix de gauche. Il a ajouté que « les électeurs ont montré qu’ils voulaient des listes unies, pas des rivalités de personnes ».

Un projet commun plutôt qu’un leadership unique

L’initiative de ces maires s’inscrit en réaction aux tensions persistantes au sein de la gauche, notamment après les divisions lors des dernières élections présidentielles et législatives. Plutôt que de désigner un candidat unique dès à présent, ils proposent de travailler d’abord à l’élaboration d’un programme fédérateur.

« On ne peut pas recommencer les mêmes erreurs, a expliqué Karim Bouamrane à Libération. Il faut construire une alternative crédible, pas seulement une addition de courants ». Leur démarche vise ainsi à éviter une nouvelle primaire conflictuelle, comme celle qui avait opposé en 2022 Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon.

Un contexte politique marqué par les divisions

Les municipales de 2026 ont vu plusieurs listes d’union de la gauche l’emporter dans des villes comme Grenoble, Montpellier ou Saint-Ouen, démontrant une capacité à fédérer au-delà des clivages traditionnels. Pourtant, au niveau national, les discussions peinent à aboutir, entre le Parti Socialiste, Europe Écologie-Les Verts, le Parti Communiste et La France Insoumise.

Les signataires de l’appel estiment que la priorité est de « dépasser les logiques de clan » pour proposer une alternative claire à l’électorat progressiste. « Bref, il faut arrêter de se regarder le nombril et penser à ceux qui nous regardent », a résumé Julien Bayou.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient consister en la tenue de conventions locales puis nationales pour définir les contours d’un projet commun. Une réunion est d’ores et déjà prévue en septembre 2026 pour affiner cette stratégie. Reste à voir si les autres forces de gauche, notamment le PS et le PCF, accepteront de s’engager dans cette démarche.

Cet appel intervient alors que les sondages montrent une gauche toujours divisée, avec des scores estimés entre 25 % et 30 % au premier tour d’une présidentielle, selon les instituts. La question d’une alliance avec le centre ou une partie de la droite modérée pourrait aussi se poser, mais aucun des maires signataires n’a évoqué cette option pour l’instant.

Réactions attendues dans les prochaines semaines

Les réponses des principaux partis de gauche devraient éclairer la faisabilité de cette initiative. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, n’a pas encore réagi publiquement, tout comme Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a déjà réaffirmé son opposition à toute exclusion de LFI d’une éventuelle union.

Quoi qu’il en soit, les municipales de 2026 ont montré que l’union locale était possible. Reste à savoir si cette expérience pourra être transposée à l’échelle nationale.

Il s’agit de Michaël Delafosse (Montpellier), Karim Bouamrane (Saint-Ouen), Julien Bayou (ex-EELV) et Stéphanie Guignard (Grenoble). Tous ont été élus ou réélus en 2026 grâce à des listes d’union de la gauche.

Ils estiment qu’une union doit d’abord se construire autour d’un projet commun, et non autour d’une personnalité. Ils craignent qu’une primaire conflictuelle ne reproduise les divisions des années précédentes.