Le protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran sous la présidence de Donald Trump n’est qu’une « défaite maquillée en succès », selon les termes de Romuald Sciora, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Une analyse publiée le 17 juin 2026 à Versailles et rapportée par Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, signé sous la présidence Trump, est critiqué par un expert de l’Iris.
- Romuald Sciora qualifie cet accord de « défaite maquillée en succès » dans une analyse publiée à Versailles le 17 juin 2026.
- Cette entente affaiblirait durablement le crédit international des États-Unis, selon le chercheur.
- L’analyse souligne les conséquences géopolitiques de cet accord pour Washington.
Dans son évaluation, Romuald Sciora, spécialiste des questions de sécurité et de défense, rappelle que cet accord, présenté comme une avancée diplomatique majeure, masque en réalité un recul stratégique pour les États-Unis. « Ce texte ne constitue qu’un compromis déséquilibré, où les concessions américaines l’emportent largement sur celles de Téhéran », a-t-il déclaré à Libération. Pour l’expert, cette signature intervient à un moment où la crédibilité de Washington sur la scène internationale est déjà fragilisée par des années de politiques incohérentes.
Le chercheur insiste sur le fait que cette entente, intervenue en juin 2026, intervient dans un contexte géopolitique déjà tendu. Les relations entre les États-Unis et l’Iran restent marquées par des décennies de tensions, ponctuées par des crises diplomatiques et des sanctions économiques. « En signant cet accord, les États-Unis ont sacrifié une partie de leur influence sans obtenir de garanties solides en retour », ajoute Sciora. Il rappelle que Téhéran a maintenu des positions fermes sur plusieurs dossiers clés, notamment sur son programme nucléaire et ses activités régionales en Syrie, au Yémen ou en Irak.
Un accord contesté dès sa signature
Dès sa publication, le protocole d’accord a suscité de vives critiques au sein de la classe politique américaine. Plusieurs sénateurs républicains, opposés à toute concession envers l’Iran, ont dénoncé un texte « trop indulgent » envers le régime de Téhéran. À l’inverse, certains diplomates étrangers y voient une tentative désespérée de désamorcer une crise avant l’élection présidentielle américaine de novembre 2026. « Cet accord arrive à un moment où les États-Unis peinent à se repositionner comme un acteur fiable sur la scène internationale », note Sciora, qui évoque aussi l’impact de cette signature sur les alliances traditionnelles de Washington, notamment en Europe et au Moyen-Orient.
L’analyse de Romuald Sciora s’appuie sur des éléments concrets : le protocole prévoit notamment la levée progressive de certaines sanctions américaines en échange d’un gel partiel du programme nucléaire iranien. Cependant, les modalités de contrôle et les mécanismes de vérification restent flous, ce qui laisse planer des doutes sur la sincérité des engagements de Téhéran. « Les États-Unis ont accepté de renoncer à des leviers de pression sans obtenir de contreparties claires », souligne le chercheur.
Un affaiblissement durable de la position américaine ?
Pour Sciora, les conséquences de cet accord dépassent le cadre strict des relations irano-américaines. Selon lui, cette signature pourrait accélérer le déclin relatif des États-Unis comme puissance hégémonique, au profit d’autres acteurs comme la Chine ou la Russie. « En cédant sur des dossiers majeurs sans obtenir de résultats tangibles, Washington envoie un signal de faiblesse à ses alliés comme à ses adversaires », explique-t-il. Il rappelle que cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus large, où les États-Unis peinent à maintenir leur leadership face à des puissances montantes.
L’expert pointe également le rôle joué par l’administration Trump dans cette affaire. Bien que l’accord ait été négocié sous son mandat, son successeur à la Maison-Blanche, qu’il soit démocrate ou républicain, pourrait avoir du mal à s’en distancier. « Quoi qu’il arrive, ce texte restera associé à une présidence qui a souvent privilégié le show médiatique à la rigueur diplomatique », note Sciora, qui rappelle les nombreux revirements de la politique étrangère américaine ces dernières années.
Les prochains mois seront également déterminants pour évaluer l’impact de cette signature sur la campagne électorale américaine. Si les démocrates pourraient tenter de s’en distancier, les républicains, eux, pourraient en faire un argument de campagne contre l’administration sortante. Une chose est sûre : cet accord, quelle que soit son issue, laisse déjà des traces durables sur l’image des États-Unis à l’international.
Le protocole prévoit une levée progressive de certaines sanctions américaines contre l’Iran en échange d’un gel partiel de son programme nucléaire. Les détails exacts des engagements restent flous, notamment sur les mécanismes de vérification et les contreparties obtenues par Washington.