Selon Le Monde, une série d’affrontements meurtriers dans le nord du Honduras a fait, au cours des dernières 48 heures, vingt-cinq victimes, parmi lesquelles figurent six agents des forces de l’ordre. Ces violences surviennent alors que le pays reste plongé dans une crise sécuritaire persistante, marquée par la présence de gangs et par le trafic transnational de stupéfiants.
Ce qu'il faut retenir
- Vingt-cinq personnes, dont six policiers, ont été tuées dans le nord du Honduras entre le 20 et le 22 mai 2026.
- Les violences s’inscrivent dans un contexte de criminalité endémique, lié aux gangs locaux et au trafic de drogue.
- Les autorités honduriennes n’ont pas encore officiellement revendiqué ou attribué ces violences à un groupe précis.
- Le bilan a été confirmé par les services de sécurité locaux et relayé par la presse internationale.
- Le nord du Honduras, frontalière avec le Guatemala et le Salvador, est une zone stratégique pour les réseaux criminels.
Une escalade de la violence dans une région sous tension
Les autorités locales ont confirmé, ce vendredi 22 mai 2026, que vingt-cinq personnes avaient péri lors d’affrontements et d’exécutions sommaires dans la région de San Pedro Sula et ses environs, dans le nord du pays. Parmi les victimes figurent six policiers, dont trois ont été abattus lors d’une embuscade tendue à leur convoi, selon un communiqué du ministère de la Sécurité hondurien. Les autres victimes sont des civils, principalement des jeunes hommes, souvent ciblés par des règlements de comptes entre gangs.
La région de San Pedro Sula, deuxième ville du pays, est régulièrement le théâtre d’affrontements entre des groupes criminels rivaux, notamment le MS-13 et la Mara Salvatrucha, ainsi que des factions dissidentes de ces gangs. Ces organisations, nées dans les quartiers pauvres de Los Angeles avant de se développer en Amérique centrale, contrôlent une partie du trafic de drogue et des extorsions locales.
Un bilan confirmé par les autorités, mais peu d’éléments sur les responsables
Le ministère de la Sécurité du Honduras a indiqué, dans un communiqué diffusé en fin de journée, que les violences avaient commencé mardi soir et s’étaient poursuivies jusqu’à jeudi matin. Les forces de l’ordre ont été déployées en urgence pour tenter de stabiliser la situation, mais les autorités n’ont pas précisé si des arrestations avaient été effectuées ou si des groupes spécifiques avaient été désignés comme responsables de ces tueries.
« Les enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités », a déclaré Ricardo Martínez, porte-parole du ministère de la Sécurité, lors d’une conférence de presse improvisée. Il a ajouté que les motifs des attaques n’étaient pas encore clairs, bien que des soupçons pèsent sur des règlements de comptes entre gangs. Aucun groupe n’a revendiqué les attaques à ce stade.
Un contexte de criminalité endémique et de trafic de drogue
Le Honduras, avec ses 10 millions d’habitants, reste l’un des pays les plus violents au monde, avec un taux d’homicides de 35 pour 100 000 habitants en 2025, selon les dernières données de l’Observatoire de la violence de l’Université nationale autonome du Honduras. Cette criminalité est en grande partie liée aux activités des gangs, qui contrôlent des portions du territoire et des routes utilisées pour le trafic de drogue vers les États-Unis.
« Le nord du Honduras est une zone stratégique pour les cartels mexicains et les réseaux criminels centro-américains », explique José Manuel Santos, analyste en sécurité pour le think tank Instituto de Relaciones Internacionales. « La pression policière et militaire dans d’autres régions pousse les gangs à se recentrer sur cette zone frontalière, où les contrôles sont moins stricts. » Les autorités honduriennes, soutenues par les États-Unis, ont multiplié les opérations contre ces groupes ces dernières années, mais sans parvenir à enrayer la violence.
Ces événements rappellent la difficulté pour le Honduras de sortir de l’emprise des gangs, malgré les efforts internationaux. Reste à voir si cette nouvelle vague de violence incitera le gouvernement à durcir sa politique de répression ou à engager des réformes plus profondes dans les quartiers sensibles.