Depuis lundi, la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence examine le cas de Guillaume B., 51 ans, poursuivi pour des faits de viols aggravés, actes de torture et de barbarie, ainsi que proxénétisme commis sur son ex-compagne, Laëtitia R. Entre 2019 et 2026, cette dernière aurait subi pendant sept ans des sévices répétés, décrits par l’avocate générale comme une négation de la dignité humaine. Vendredi 16 mai 2026, la réclusion criminelle à perpétuité a été requise contre lui, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Guillaume B., 51 ans, est jugé devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence pour viols aggravés, torture, barbarie et proxénétisme sur son ex-compagne.
  • Les faits se seraient déroulés entre 2019 et 2026, soit une période de sept ans de violences répétées.
  • L’avocate générale a requis la perpétuité en estimant que la plaignante « ne pouvait jamais dire stop ».
  • La défense a mis en avant une relation présentée comme sadomasochiste, mais qualifiée de « non encadrée » par le parquet.
  • Le procès, ouvert lundi 12 mai 2026, se poursuit devant les jurés de la cour d’assises.

Un réquisitoire accablant pour des faits qualifiés de « barbarie »

Le parquet n’a pas hésité à qualifier les agissements de Guillaume B. de négation de la dignité humaine. « Il a voulu nier la dignité humaine », a lancé l’avocate générale Malinka Eymond lors de son réquisitoire, vendredi 16 mai 2026. Les actes reprochés à l’accusé incluent des viols aggravés, des actes de torture et de barbarie, ainsi qu’une forme de proxénétisme exercée sur sa compagne, Laëtitia R. Ces faits, étalés sur sept ans, ont conduit à une instruction minutieuse et à un renvoi devant la cour d’assises.

Le procureur a souligné l’absence totale de consentement libre de la victime, malgré les arguments de la défense évoquant une relation sadomasochiste. « La relation sadomasochiste n’en avait que le nom », a-t-elle martelé. « Ces pratiques sont censées être encadrées, or la plaignante ne pouvait jamais dire stop ». Une déclaration qui résume l’argument central de l’accusation : l’emprise exercée sur Laëtitia R. aurait rendu toute résistance impossible, transformant des pratiques initialement présentées comme consensuelles en un calvaire quotidien.

Un procès sous haute tension après sept ans de silence

Le procès, ouvert lundi 12 mai 2026 devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, s’annonce tendu. La plaignante, Laëtitia R., devra témoigner devant les jurés, un moment redouté après des années de souffrance. Les débats portent non seulement sur la matérialité des faits, mais aussi sur la durée exceptionnelle de cette emprise, qui a duré jusqu’en 2026. Les avocats de la défense auront pour mission de démontrer que les actes commis s’inscrivaient dans un cadre contractuel, voire consenti, une ligne de défense qui semble déjà fragilisée par les réquisitions du parquet.

Les charges retenues contre Guillaume B. sont lourdes. Outre les viols et les tortures, le parquet évoque un proxénétisme aggravé, une qualification qui implique une exploitation sexuelle sous contrainte. Ce dernier chef d’accusation ajoute une dimension supplémentaire à la gravité des faits, suggérant que Laëtitia R. aurait été contrainte non seulement physiquement, mais aussi économiquement et psychologiquement. Les débats devraient durer plusieurs jours, le temps pour les jurés de mesurer l’ampleur des sévices subis.

Une requête historique : la perpétuité pour des faits de violence conjugale

La décision de l’avocate générale de requérir la perpétuité contre Guillaume B. marque un tournant dans la jurisprudence française concernant les violences conjugales. Jusqu’à présent, les peines les plus lourdes prononcées dans ce type d’affaires concernaient des récidivistes ou des cas de féminicides. Ici, c’est l’accumulation des actes sur une longue période qui justifie la sévérité de la peine demandée. « La plaignante ne pouvait jamais dire stop », a rappelé Malinka Eymond, insistant sur l’impossibilité pour la victime de mettre fin à cette spirale de violence.

Si la perpétuité est requise, cela ne signifie pas qu’elle sera automatiquement prononcée. Les jurés devront évaluer la proportionnalité de la peine en fonction des circonstances atténuantes éventuelles. Guillaume B. encourt également une peine de 30 ans de réclusion criminelle, une alternative qui pourrait être retenue si la perpétuité est jugée excessive. Dans tous les cas, les débats s’annoncent serrés, d’autant que l’accusé conteste formellement les faits qui lui sont reprochés.

Et maintenant ?

Le procès devrait s’achever d’ici la fin de la semaine, avec un verdict attendu dans les prochains jours. Si la perpétuité est requise, ce sera au jury de trancher, après avoir entendu l’ensemble des témoignages et des expertises. Une condamnation historique pourrait ainsi s’ajouter à la jurisprudence française en matière de violences conjugales, rappelant que l’impunité n’a pas sa place dans les cas d’emprise prolongée et de barbarie. Pour l’heure, Laëtitia R. attend que justice soit rendue, sept ans après le début de son calvaire.

Le verdict sera rendu public dans les prochains jours, une fois les délibérations achevées. La cour d’assises devra trancher entre la perpétuité et une peine de 30 ans de réclusion, en tenant compte des circonstances aggravantes et des éventuels éléments atténuants présentés par la défense. Une décision qui pourrait faire jurisprudence dans les affaires de violences conjugales en France.

L’avocate générale a justifié cette requête par la durée exceptionnelle des violences (sept ans), l’absence totale de consentement libre de la victime et la négation de sa dignité humaine. Elle a estimé que « la plaignante ne pouvait jamais dire stop », ce qui a transformé une relation sadomasochiste en un système d’emprise et de torture, selon Le Figaro.