Selon Euronews FR, le géant des paiements Visa a intégré son réseau de transactions au cœur du chatbot ChatGPT. Cette collaboration permet désormais à l’agent d’intelligence artificielle de sélectionner, commander et régler des achats en ligne pour le compte des utilisateurs, auprès de n’importe quel commerçant acceptant Visa. Une première qui marque une avancée significative dans l’automatisation des achats via l’IA, un secteur encore émergent mais en pleine expansion.
Ce qu'il faut retenir
- ChatGPT devient un acteur commercial autonome : le chatbot peut désormais finaliser des achats après avoir identifié un produit répondant aux critères de l’utilisateur.
- Visa assure la sécurité et la validation des transactions, tandis qu’OpenAI fournit la technologie de décision et d’interaction.
- Des garde-fous stricts sont mis en place : plafonds de dépenses, listes de commerçants approuvés et étapes d’approbation humaine avant validation.
- Cette fonctionnalité s’inscrit dans une logique de confiance progressive, les premières transactions nécessitant probablement une validation humaine.
- Mastercard, concurrent de Visa, développe également des outils d’achat basés sur l’IA, mais ciblant davantage les entreprises que les particuliers.
Une intégration historique entre Visa et ChatGPT
Lors d’un événement organisé à San Francisco le 11 juin 2026, Jack Forestell, directeur des produits et de la stratégie de Visa, a détaillé le fonctionnement de cette innovation. Selon ses propos rapportés par Euronews FR, un utilisateur pourrait par exemple demander à ChatGPT de trouver des écouteurs sans fil à moins de 150 dollars (136 euros). Le chatbot identifierait alors un modèle correspondant, vérifierait sa disponibilité chez un marchand partenaire de Visa, et finaliserait l’achat au nom de l’utilisateur.
Cette fonctionnalité repose sur deux piliers : d’un côté, la technologie d’OpenAI, qui permet à ChatGPT de comprendre la demande, d’interagir avec l’utilisateur et de prendre des décisions d’achat ; de l’autre, le réseau de Visa, qui valide et autorise les transactions tout en luttant contre la fraude. « À mesure que les agents d’IA deviennent des acteurs à part entière de l’économie, la priorité de Visa est de garantir des transactions fiables, sécurisées et fluides », a déclaré Forestell.
Des protections renforcées pour limiter les risques
Pour éviter tout dérapage, les utilisateurs devront associer leur carte Visa à leur compte ChatGPT et définir des limites strictes. Parmi les mesures de sécurité figurent des plafonds de dépenses personnalisables, des listes de commerçants agréés, ainsi que des notifications systématiques avant toute transaction. « Je pense qu’en règle générale, la plupart des gens sont très à l’aise avec les aspects liés au shopping », a souligné Forestell, tout en reconnaissant que le passage à des achats entièrement autonomes « suppose un niveau de confiance d’un tout autre ordre ».
En cas de litige, Visa appliquera les mêmes procédures que pour une transaction classique : vérification de l’intention d’achat de l’utilisateur et confirmation que le marchand a correctement traité la commande. Cette approche vise à rassurer les consommateurs, dont la méfiance pourrait freiner l’adoption de cette technologie.
Un précédent : l’échec d’Instant Checkout
Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique où OpenAI a déjà tenté de s’aventurer dans le commerce en ligne. Fin 2025, l’entreprise avait lancé Instant Checkout, une fonctionnalité permettant à ChatGPT de parcourir le web pour trouver et acheter des articles spécifiques. Cependant, ce service a rapidement été abandonné en mars 2026, en raison de plusieurs écueils : erreurs fréquentes dans les commandes, adoption limitée par les commerçants, et des frais de transaction élevés de 4 % jugés rédhibitoires. Euronews FR souligne que ces échecs passés expliquent en partie pourquoi Visa et OpenAI ont opté pour une approche plus progressive, intégrant leurs technologies plutôt que de développer une solution autonome.
Mastercard dans la course, mais avec une stratégie différente
Visa n’est pas seul sur ce créneau. Son principal concurrent, Mastercard, développe également des outils d’achat basés sur l’IA, mais avec une orientation distincte. Plutôt que de cibler les consommateurs individuels, la firme se concentre sur les entreprises. Son objectif est de permettre à des agents d’IA d’effectuer des achats professionnels, comme des services publicitaires ou des fournitures, au nom d’une société. Une stratégie qui reflète les différences de marché entre les deux réseaux de paiement, Visa misant sur le grand public tandis que Mastercard privilégie le B2B.
Cette innovation s’inscrit dans un contexte plus large, où l’IA générative redéfinit les interactions économiques. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’acceptation de ces outils par les consommateurs et les commerçants, alors que les géants du paiement et les acteurs technologiques misent sur une automatisation toujours plus poussée des transactions.
Selon Euronews FR, ChatGPT pourra effectuer tout achat auprès de commerçants acceptant les paiements Visa, à condition que l’utilisateur ait préalablement défini des critères (prix maximal, type de produit, etc.) et validé la liste des marchands autorisés. La technologie permet une recherche autonome de produits, mais les premières transactions nécessiteront probablement une validation humaine.
Pour l’instant, ni Visa ni OpenAI n’ont communiqué sur les éventuels frais supplémentaires pour les commerçants. Les modalités financières de l’accord restent confidentielles, selon Euronews FR. Les discussions sur ce sujet pourraient avoir lieu dans les prochains mois, une fois la phase de test lancée.