La compagnie pétrolière publique argentine YPF a dévoilé, selon BFM Business, un plan d’investissement historique de 25 milliards de dollars sur quinze ans pour exploiter le gisement de Vaca Muerta. Ce projet, baptisé LLL Oil, prévoit le forage de 1 152 puits dans cette région du sud du pays, avec pour objectif une production de 240 000 barils de pétrole par jour à partir de 2032, entièrement destinés à l’exportation.
YPF a sollicité son adhésion au Régime d’incitation des grands investissements (RIGI), un dispositif créé en 2024 par le gouvernement de Javier Milei. Ce régime offre des avantages fiscaux, douaniers et cambiaires sur trente ans pour les projets dépassant les 200 millions de dollars d’investissement. Le groupe estime que ces exportations rapporteront environ 6 milliards de dollars par an à compter de 2032, un chiffre qui pourrait renforcer significativement la balance commerciale argentine.
Ce qu'il faut retenir
- YPF, la compagnie pétrolière publique argentine, investit 25 milliards de dollars sur quinze ans dans le gisement de Vaca Muerta.
- Ce projet, nommé LLL Oil, prévoit le forage de 1 152 puits et une production de 240 000 barils par jour dès 2032.
- YPF a demandé à bénéficier du RIGI, un régime fiscal avantageux mis en place en 2024 par le gouvernement Milei.
- Les exportations devraient générer 6 milliards de dollars annuels à partir de 2032.
- Vaca Muerta est considéré comme la deuxième réserve mondiale de gaz de schiste et la quatrième de pétrole de schiste.
Un méga-gisement au cœur de la stratégie énergétique argentine
Vaca Muerta, situé dans la province de Neuquén en Patagonie, est devenu en quelques années un pilier de l’économie argentine. Selon BFM Business, ce gisement est aujourd’hui considéré comme la deuxième réserve mondiale de gaz de schiste et la quatrième réserve de pétrole de schiste. Son exploitation a permis à l’Argentine de devenir un pays exportateur net de pétrole, une première depuis des décennies.
Pourtant, ce développement n’a pas été sans obstacles. L’exploitation des hydrocarbures de schiste nécessite des investissements colossaux, notamment en raison des techniques complexes comme la fracturation hydraulique. Jusqu’à présent, ces coûts élevés avaient ralenti la cadence des forages. Avec ce nouveau projet, YPF espère accélérer la production tout en bénéficiant du cadre incitatif du RIGI, qui pourrait réduire significativement les contraintes financières.
Un projet aux retombées économiques majeures
YPF table sur une production de 240 000 barils par jour d’ici 2032, soit une multiplication par deux de la capacité actuelle de Vaca Muerta. L’intégralité de cette production sera exportée, ce qui devrait générer des revenus annuels de 6 milliards de dollars pour le groupe. À titre de comparaison, les hydrocarbures représentent aujourd’hui 13,5 % des exportations argentines, loin derrière l’agroalimentaire, qui domine à 60 %. Ce projet pourrait donc permettre à l’Argentine de diversifier ses revenus et de réduire sa dépendance aux matières premières traditionnelles.
Le recours au RIGI est stratégique pour YPF. Ce régime, instauré sous le gouvernement de Javier Milei, vise à attirer les investissements étrangers en offrant des conditions fiscales et douanières très favorables. En adhérant à ce dispositif, YPF pourrait bénéficier d’exonérations pendant trente ans, un atout de taille pour un projet dont le retour sur investissement s’étale sur plusieurs décennies.
Vaca Muerta : entre opportunités et controverses
Malgré son potentiel, Vaca Muerta reste un sujet de débat. Les techniques d’extraction, comme la fracturation hydraulique, sont critiquées pour leur impact environnemental. Les associations écologistes dénoncent les risques de pollution des sols et des nappes phréatiques, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’exploitation du schiste. Pour YPF, ces enjeux sont secondaires : le groupe mise sur l’exploitation à grande échelle pour faire de l’Argentine un acteur majeur sur le marché mondial de l’énergie.
À cela s’ajoute le contexte politique. Javier Milei, président ultralibéral élu en 2023, a fait de la libéralisation de l’économie et de l’attractivité des investissements étrangers une priorité. Le RIGI s’inscrit dans cette logique, en offrant des garanties aux entreprises prêtes à s’engager dans des projets d’envergure. Pour YPF, l’enjeu est double : moderniser ses infrastructures et renforcer sa position face à la concurrence internationale.
« Ce projet marque une étape clé pour YPF et pour l’Argentine. En misant sur Vaca Muerta, nous consolidons notre position d’exportateur net de pétrole et renforçons notre indépendance énergétique. »
— Direction de YPF, selon BFM Business
Pour l’Argentine, ce projet représente une opportunité de réduire son déficit commercial et de diversifier son économie. Mais il soulève aussi des questions sur la durabilité à long terme de son modèle énergétique. Une chose est sûre : Vaca Muerta sera au cœur des débats économiques et environnementaux des prochaines années.
Le Régime d’incitation des grands investissements (RIGI) a été créé en 2024 par le gouvernement de Javier Milei pour attirer les capitaux étrangers dans des projets d’envergure. Ce dispositif offre des exonérations fiscales, douanières et cambiaires sur trente ans pour les investissements dépassant 200 millions de dollars, afin de relancer la croissance économique et de moderniser les infrastructures du pays.
L’exploitation du schiste à Vaca Muerta repose en grande partie sur la fracturation hydraulique, une technique controversée en raison de son impact potentiel sur les nappes phréatiques et les sols. Les associations écologistes craignent également une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et une dégradation des écosystèmes locaux. Ces risques font l’objet de débats parmi les scientifiques et les responsables politiques.