La campagne officielle pour l’élection présidentielle zambienne s’ouvre ce 21 mai 2026, quatre mois avant le scrutin prévu le 13 août. À moins de trois mois du vote, le président sortant Hakainde Hichilema — au pouvoir depuis 2021 — apparaît comme le grand favori des urnes, selon les observateurs. Pourtant, cette campagne se déroule dans un climat politique de plus en plus tendu, marqué par des réformes législatives contestées et des accusations de restrictions démocratiques, comme le rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- La campagne présidentielle zambienne débute officiellement ce 21 mai 2026 pour un scrutin prévu le 13 août 2026.
- Le président sortant Hakainde Hichilema, en fonction depuis 2021, est donné favori par les observateurs.
- Plusieurs ONG, militants et électeurs dénoncent un durcissement du climat politique et des réformes accélérées jugées antidémocratiques.
- Les critiques portent notamment sur des modifications législatives récentes et une restriction de l’espace civique.
Une campagne sous haute tension politique
Depuis son élection en 2021, Hakainde Hichilema a mené une politique de réformes économiques et institutionnelles en Zambie. Pourtant, cette nouvelle campagne se déroule dans un contexte marqué par des tensions croissantes. RFI indique que des organisations de la société civile, des militants des droits humains et une partie de l’électorat expriment des inquiétudes quant à l’état de la démocratie dans le pays. Plusieurs réformes adoptées ces derniers mois — dont certaines en urgence — sont pointées du doigt pour leur caractère restrictif.
Parmi les mesures contestées figurent des modifications du code électoral et des lois encadrant les rassemblements publics. Des associations locales, comme Civil Society for Good Governance, ont dénoncé des tentatives de museler l’opposition et les voix critiques, craignant une instrumentalisation des institutions à des fins politiques. « Les réformes récentes menacent les libertés fondamentales et sapent la confiance dans le processus électoral », a affirmé Laura Miti, directrice de l’ONG Zambia Council for Social Development.
Hichilema, un favori au parfum de défi
Malgré les critiques, Hakainde Hichilema reste largement donné gagnant par les analystes politiques. Son parti, l’United Party for National Development (UPND), bénéficie d’une base électorale solide dans plusieurs provinces, notamment dans le sud et l’ouest du pays. Son principal rival, l’ancien président Edgar Lungu — qui a dirigé le pays de 2015 à 2021 — peine à retrouver une dynamique politique, malgré son ancrage dans l’électorat traditionnel du Parti patriotique (PF).
Les observateurs soulignent cependant que la popularité de Hichilema ne garantit pas une élection sans contestation. « Le contexte actuel montre que la compétition sera serrée sur le plan symbolique, même si les chiffres semblent favorables au pouvoir », a précisé Mwansa Kakoma, analyste politique basé à Lusaka. Les tensions autour des réformes pourraient en effet polariser davantage un électorat déjà divisé, avec des risques de violences post-électorales, comme cela a été le cas lors des précédents scrutins.
La démocratie zambienne à l’épreuve
Les critiques portent non seulement sur les réformes récentes, mais aussi sur la gestion des institutions. Plusieurs organisations internationales, dont Freedom House, ont déjà alerté sur un recul des libertés en Zambie ces dernières années. Le pays, qui avait été salué pour sa transition pacifique en 2021 après une décennie de gouvernance controversée sous Edgar Lungu, voit désormais son bilan démocratique remis en cause.
« La Zambie risque de perdre son statut de modèle démocratique en Afrique australe si les réformes actuelles ne sont pas revues », a averti Muleya Mwananyanda, responsable d’Amnesty International pour la région. Les élections de 2026 pourraient ainsi servir de test pour l’avenir du multipartisme et de l’État de droit dans le pays. Pour l’instant, la Commission électorale zambienne (ECZ) assure que le scrutin se déroulera dans la transparence, malgré les appels au report ou à la modification des règles en vigueur.
Quoi qu’il en soit, cette élection pourrait redéfinir les équilibres démocratiques en Zambie. Si Hichilema l’emporte, son second mandat sera scruté à l’aune de sa capacité à concilier réformes et ouverture politique. Dans le cas contraire, l’opposition pourrait capitaliser sur les tensions actuelles pour contester les résultats, comme cela s’est produit lors des élections de 2016 et 2021.
Parmi les mesures les plus critiquées figurent la modification du code électoral, qui restreint les conditions de candidature, et la loi sur les rassemblements publics, jugée trop restrictive pour les partis d’opposition. Ces réformes ont été adoptées en urgence, sans concertation avec la société civile, selon les associations locales.
La Commission électorale zambienne (ECZ) a indiqué que les résultats provisoires pourraient être publiés dans les 48 heures suivant la clôture du scrutin, prévu le 13 août 2026. Les résultats définitifs devraient être proclamés sous une semaine.