À 97 ans, la chirurgienne Vonda Wright continue de monter les escaliers sans aide. Mais cette capacité, qu’elle tient à préserver, dépend d’un paramètre souvent sous-estimé : la force dans les jambes. Selon Top Santé, cette spécialiste en médecine sportive et en longévité met en garde contre les conséquences d’une perte de masse et de puissance musculaire dans les membres inférieurs, un phénomène qui s’accélère avec l’âge.

Ce qu'il faut retenir

  • 97 ans : l’âge de Vonda Wright, chirurgienne et experte en longévité, qui alerte sur les risques liés à la perte de force dans les jambes.
  • La perte de force musculaire dans les membres inférieurs est un indicateur clé de la fragilité chez les personnes âgées.
  • Cette fragilité expose à un risque accru de chutes, de dépendance et de complications de santé.
  • Vonda Wright recommande des exercices de renforcement musculaire ciblés pour prévenir cette perte de force.

Comme le rapporte Top Santé, Vonda Wright, ancienne chirurgienne orthopédique et spécialiste de la médecine du sport, a bâti sa carrière sur la prévention des blessures liées à l’activité physique. Aujourd’hui, à près de cent ans, elle partage une alerte qui bouscule les idées reçues sur le vieillissement. « La perte de force dans les jambes n’est pas une fatalité, mais un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux », a-t-elle expliqué lors d’une récente intervention.

Selon elle, cette faiblesse musculaire ne se limite pas à une simple gêne fonctionnelle. Elle constitue un marqueur précoce de la fragilité, un état qui augmente significativement le risque de chutes, de fractures, et, à terme, de perte d’autonomie. « On sous-estime souvent l’impact d’une jambe moins solide sur la qualité de vie. Pourtant, c’est souvent ce qui détermine si une personne âgée pourra encore vivre chez elle ou devra intégrer une structure d’accueil », a-t-elle précisé.

Une fragilité qui se mesure dans les muscles

Les données scientifiques soutiennent cette analyse. Plusieurs études, citées par Top Santé, montrent que la sarcopénie — la perte progressive de masse et de force musculaire — touche près de 30 % des plus de 60 ans et plus de 50 % des octogénaires. Or, cette dégradation commence bien avant les signes visibles de faiblesse. Elle s’installe insidieusement, souvent dès la cinquantaine, et s’accélère après 70 ans.

Les jambes, particulièrement sollicitées dans les activités quotidiennes, sont les premières touchées. « Quand on perd 10 % de sa force musculaire dans les membres inférieurs, on passe d’une marche autonome à un risque de chute multiplié par deux », souligne Vonda Wright. Elle cite des travaux qui établissent un lien direct entre la force des jambes et la longévité : « Des jambes solides sont un gage de mobilité, mais aussi de santé cardiovasculaire et métabolique. »

Prévenir plutôt que guérir : les solutions existent

Face à ce constat, Vonda Wright milite pour une approche proactive. Plutôt que d’attendre les premiers signes de fragilité, elle recommande de renforcer systématiquement les muscles des jambes dès la cinquantaine. Ses conseils s’appuient sur des protocoles éprouvés en médecine du sport, comme le renforcement musculaire avec résistance ou les exercices d’équilibre.

« On peut inverser la tendance, même à 70 ou 80 ans, à condition d’agir suffisamment tôt », insiste-t-elle. Elle cite en exemple des programmes de prévention menés aux États-Unis, où des groupes de seniors suivent des séances de musculation adaptée deux fois par semaine. Résultat : une amélioration moyenne de 20 % de la force musculaire en six mois, accompagnée d’une réduction des chutes de 30 %.

Ces résultats rejoignent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise, pour les plus de 65 ans, au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, incluant des exercices de renforcement musculaire. « La marche seule ne suffit pas, explique Vonda Wright. Il faut travailler la résistance, l’équilibre et la puissance. C’est ce qui fait la différence entre une personne qui vieillit en bonne santé et une autre qui devient fragile. »

Et maintenant ?

Les travaux de Vonda Wright devraient alimenter les réflexions sur les politiques publiques de prévention du vieillissement. En France, des programmes comme « Bien vieillir » ou les ateliers « Équilibre » mis en place par certaines municipalités pourraient intégrer ses recommandations. Une première évaluation de ces dispositifs est attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon les autorités sanitaires.

En attendant, la chirurgienne, toujours en activité, continue de prodiguer ses conseils. Elle prépare également la publication d’un ouvrage qui synthétisera ses méthodes pour maintenir sa force à tout âge. « Ce n’est pas une question d’âge, mais de volonté », conclut-elle. Une phrase qui résume à elle seule son combat pour une vieillesse active et autonome.

Elle préconise des exercices de résistance comme les squats assistés, les fentes statiques ou l’utilisation de bandes élastiques. Elle insiste aussi sur l’importance des exercices d’équilibre, comme le « appui sur une jambe » pendant 30 secondes, et la marche en montée pour solliciter les muscles posturaux.