Lors du Chelsea Flower Show 2026, l’un des plus grands salons horticoles au monde, une innovation technologique a retenu l’attention des visiteurs et des jurés. Selon Numerama, un robot baptisé PhenAIx, développé par l’Université de Lincoln, a décroché une médaille d’argent, récompensant une avancée majeure dans le domaine de l’agri-tech.
Ce projet, présenté sous le nom « RoboCrops: Plant Selection, Beyond the Visible », s’inscrit dans une démarche visant à exploiter l’intelligence artificielle pour analyser la santé des plantes de manière non invasive. À l’instar d’un examen médical, le robot scanne les végétaux en temps réel, détectant des signes de stress ou de maladie invisibles à l’œil nu. Autant dire que cette technologie pourrait bien révolutionner la sélection des variétés végétales les plus résistantes face aux aléas climatiques.
Ce qu'il faut retenir
- PhenAIx, un robot développé par l’Université de Lincoln, a remporté une médaille d’argent au Chelsea Flower Show 2026, selon Numerama.
- Ce robot utilise des caméras et l’IA pour analyser la santé des plantes, détectant des signes de stress ou de maladie avant qu’ils ne soient visibles.
- L’objectif est d’accélérer la sélection des variétés végétales les plus résistantes face au changement climatique, en mesurant leur croissance et leur vitalité en temps réel.
- Le projet a également attiré l’attention du maire de Londres, Sadiq Khan, qui a assisté à une démonstration du robot.
Un robot « soignant » pour végétaux, primé à Londres
Le Chelsea Flower Show, organisé à Londres, est un événement annuel incontournable pour les amateurs de jardins et de botanique. En 2026, il a également mis en lumière des projets innovants à la croisée de l’horticulture, de la technologie et de l’environnement. C’est dans ce cadre que le Lincoln Institute for Agri-Food Technology (LIAT) a présenté son robot PhenAIx, récompensé par une médaille Silver Gilt — un rang intermédiaire entre l’or et l’argent.
Contrairement aux robots industriels souvent perçus comme intimidants, PhenAIx se distingue par son approche bienveillante. Présenté comme un « soignant discret », il ausculte des pots de plantes sans les endommager, mesurant leur vitalité à l’aide de systèmes d’imagerie avancée et d’algorithmes d’apprentissage automatique. Le robot analyse des caractéristiques invisibles pour l’œil humain, comme la structure fine des feuilles, la croissance ou les premiers signes de stress.
Une technologie inspirée de la médecine, au service de l’agriculture
Les équipes du LIAT expliquent que PhenAIx fonctionne comme un « scan de santé pour les plantes ». Pendant le salon, les visiteurs pouvaient observer en direct les données calculées par l’IA, affichées sur des écrans. Les plantes défilaient devant le robot, qui les analysait en temps réel, offrant une démonstration concrète de son utilité.
« Plutôt que de confier aux chercheurs des tâches répétitives et fastidieuses, comme mesurer la croissance des plantes, nous délégons ces missions à PhenAIx », a précisé un porte-parole de l’Université de Lincoln. Cela permet aux scientifiques de se concentrer sur l’analyse scientifique et les décisions agronomiques, tout en accélérant la collecte de données précises.
Un outil clé pour sélectionner des variétés résistantes au climat
L’enjeu de ce projet dépasse le cadre du salon. En multipliant les mesures fines sur la santé, la croissance et le stress des plantes, PhenAIx permet aux chercheurs d’identifier plus rapidement les variétés les plus adaptées aux conditions extrêmes. Ces données sont cruciales pour développer des cultures capables de résister à la chaleur, au manque d’eau ou aux maladies, tout en optimisant l’utilisation des ressources.
« Avec le changement climatique, la sélection de variétés résistantes devient une priorité absolue », a souligné un chercheur du LIAT. « Un robot comme PhenAIx peut analyser des milliers de plantes en quelques heures, là où un humain mettrait des semaines, voire des mois. » Le maire de Londres, Sadiq Khan, a lui-même assisté à une démonstration, montrant l’intérêt des institutions locales pour cette innovation.
Une innovation qui s’inscrit dans une dynamique plus large
PhenAIx n’est pas le seul projet à exploiter l’IA pour le suivi des plantes. Comme le rappelle Numerama, des initiatives similaires, comme celle ayant permis à l’IA Claude de maintenir une plante en vie pendant plus d’un mois, montrent que la technologie peut jouer un rôle clé dans la préservation du vivant. Cependant, l’approche de l’Université de Lincoln se distingue par son application concrète et son potentiel à transformer l’agriculture.
Pour le grand public, le message est clair : derrière les présentations esthétiques du Chelsea Flower Show se cache une réflexion profonde sur l’avenir de notre alimentation. En repérant plus vite les plantes les plus résistantes, PhenAIx pourrait aider à sécuriser les productions agricoles face aux aléas climatiques, tout en réduisant l’empreinte environnementale.
Un outil encore en développement, mais prometteur
Bien que déjà salué par les jurés du Chelsea Flower Show, PhenAIx reste un prototype en phase de test. Les prochaines étapes pourraient inclure une collaboration avec des agriculteurs ou des centres de recherche pour valider son efficacité à grande échelle. Les scientifiques devront également évaluer la fiabilité des analyses réalisées par l’IA, ainsi que les éventuels biais liés à la diversité des plantes étudiées.
« Nous sommes encore en phase de R&D, mais les résultats obtenus jusqu’ici sont très encourageants », a indiqué un membre de l’équipe. « L’objectif est de rendre cette technologie accessible aux professionnels d’ici deux à trois ans, si les financements suivent. »
PhenAIx utilise des caméras haute résolution et des algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser des images des plantes. Le robot détecte des variations de couleur, de texture ou de croissance, souvent imperceptibles à l’œil nu, afin d’évaluer leur santé et leur niveau de stress. Les données sont ensuite traitées en temps réel et affichées sous forme de rapports ou de graphiques.
Pour l’instant, le robot a été testé principalement sur des plantes d’intérieur et des cultures potagères. Les équipes de l’Université de Lincoln envisagent d’étendre ses capacités à d’autres types de végétaux, comme les céréales ou les plantes ornementales, selon les besoins des agriculteurs et des horticulteurs.