Depuis ce dimanche 10 mai, la capitale des Comores, Moroni, subit les conséquences d’une grève illimitée lancée par les chauffeurs et commerçants. Cette mobilisation, qui s’inscrit dans un contexte de flambée des prix des carburants, a déjà provoqué une paralysie partielle de l’économie locale, selon RFI. Dès le lendemain, lundi 11 mai, les premiers effets se sont fait sentir : de nombreux magasins et boutiques sont restés fermés, tandis que le réseau de transports en commun était totalement à l’arrêt.

Ce qu'il faut retenir

  • Blocage total des commerces et des transports à Moroni dès le 11 mai 2026, selon RFI.
  • La grève s’est étendue aux distributeurs d’eau, alors que l’approvisionnement en eau reste déjà précaire dans plusieurs zones de la capitale.
  • Les hausses des prix des carburants ont servi de détonateur à ce mouvement social, qui reflète des tensions économiques plus larges aux Comores.

L’extension inattendue du mouvement a pris une nouvelle dimension lundi, alors que les distributeurs d’eau ont également rejoint la grève. Ce secteur, déjà fragilisé par des problèmes récurrents d’approvisionnement, voit sa situation se dégrader encore davantage. « L’eau est une ressource vitale, et sa distribution est déjà irrégulière dans plusieurs quartiers de Moroni », a expliqué un responsable local sous couvert d’anonymat. Le même jour, les transports en commun, déjà en sous-effectif en raison de la pénurie de carburant, ont cessé toute activité, aggravant l’isolement de certaines zones de la ville.

La grève, qui a débuté dimanche, s’inscrit dans un contexte économique tendu. Les Comores, archipel dépendant fortement des importations, subissent de plein fouet la hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux. Selon des observateurs, cette situation menace d’aggraver les difficultés financières des ménages, déjà touchés par une inflation persistante. « Les prix des denrées de base ont augmenté de près de 15 % en six mois », a indiqué un économiste basé à Moroni, qui précise que la hausse des carburants a joué un rôle catalyseur dans la mobilisation.

À Moroni, les conséquences de cette paralysie se multiplient. Les rares commerces encore ouverts peinent à s’approvisionner en raison de l’arrêt des livraisons, tandis que les habitants se retrouvent contraints de se déplacer à pied pour leurs besoins essentiels. Certains quartiers, comme Iconi ou Itsandra, sont particulièrement touchés, faute de transports disponibles. « On ne sait pas quand les choses vont reprendre », confie un commerçant du marché central, dont la boutique a fermé dès lundi matin. « Les clients ne viennent plus, et les stocks s’accumulent sans pouvoir être écoulés. »

Et maintenant ?

Pour l’instant, aucun signe de négociation n’a été évoqué entre les parties prenantes. La durée de cette grève, initialement prévue pour être illimitée, reste incertaine. Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement, mais des rumeurs circulent selon lesquelles des discussions seraient en cours pour trouver une issue. Bref, la situation pourrait évoluer rapidement dans les prochaines 48 heures, d’autant que les réserves d’eau et de carburant s’amenuisent.

Reste à savoir si ce mouvement social va s’étendre à d’autres secteurs ou si, au contraire, il restera circonscrit aux chauffeurs et commerçants. Une chose est sûre : la population, déjà éprouvée par des années de difficultés économiques, risque de payer le prix fort de cette crise. La prochaine réunion des syndicats, prévue pour mercredi, pourrait apporter des éléments de réponse sur l’issue de ce conflit.