Le témoignage télévisé d’un homme se présentant comme un prêtre ayant recueilli les aveux de Xavier Dupont de Ligonnès en 2022 s’est effondré en moins de vingt-quatre heures. Selon Le Figaro, ce mystérieux personnage, qui a affabulé sur M6 mardi soir dans l’émission Appel à témoins, a depuis radicalement modifié ses déclarations. Après avoir prétendu être un religieux du diocèse de Narbonne, il a ensuite affirmé être le fugitif lui-même, allant jusqu’à évoquer l’existence d’un passeport à son nom.

Ce qu'il faut retenir

  • Un homme se présentant comme le « père Marc » a affirmé sur M6 avoir recueilli les aveux de Xavier Dupont de Ligonnès en 2022.
  • L’évêque de Carcassonne a immédiatement démenti l’existence de ce religieux et saisi l’Arcom.
  • Quelques heures après son passage, l’imposteur a changé de version, prétendant être Dupont de Ligonnès en personne.
  • L’enquête judiciaire pourrait être perturbée par ces déclarations invérifiables et contradictoires.

Un témoignage télévisé rapidement démenti par l’Église

Mardi 3 juin 2026 en soirée, un homme s’est présenté au téléphone dans l’émission Appel à témoins sur M6 comme le « père Marc », un prêtre du diocèse de Narbonne. Il affirmait avoir recueilli en confession les aveux de Xavier Dupont de Ligonnès en 2022, précisant que ce dernier lui aurait déclaré : « J’ai tué ma famille et je veux me confesser ». Le ton monocorde et les réponses lapidaires de l’homme, guidées par les questions de l’animateur Julien Courbet, avaient déjà de quoi surprendre. « Donc en 2022, Xavier Dupont de Ligonnès s’est confié à vous ? », avait demandé Julien Courbet. « Exactement », avait répondu l’inconnu. « Il vous a dit : j’ai tué ma famille et je veux me confesser ? » « Exactement », avait-il répété.

Pourtant, dès le lendemain, l’évêque de Carcassonne, Mgr Alain Planet, a formellement démenti l’existence d’un prêtre répondant au nom de Marc dans son diocèse. Dans un communiqué, il a indiqué que « aucune personne portant ce nom n’exerce ou n’a exercé de ministère dans le diocèse ». L’évêque a également annoncé avoir saisi l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, afin d’éclaircir les circonstances de cette apparition médiatique.

De faux prêtre à faux Dupont de Ligonnès : l’escalade des affabulations

Moins de vingt-quatre heures après son passage à la télévision, le mystérieux personnage a radicalement changé de version. Selon les informations recueillies par Le Figaro, il aurait ensuite affirmé être Xavier Dupont de Ligonnès lui-même. Dans une séquence diffusée sur les réseaux sociaux, il se serait filmé sous ce faux nom, évoquant même la possession d’un passeport à son nom — un détail invérifiable dans l’immédiat. Ces déclarations, si elles étaient confirmées, constitueraient une atteinte grave à la crédibilité de l’enquête en cours, alors que les autorités judiciaires cherchent toujours à localiser le fugitif, disparu depuis 2011.

Ces revirements successifs posent une question centrale : qui se cache derrière ce personnage ? Les enquêteurs, qui n’ont pas encore communiqué sur ce dossier, pourraient être amenés à examiner les éventuels liens entre ce mystérieux « père Marc » et d’autres affaires de fausses déclarations ou d’usurpation d’identité. Xavier Dupont de Ligonnès, accusé du meurtre de sa femme et de ses quatre enfants en 2011, est recherché par la justice française et internationale depuis quinze ans. Son signalement et ses photos ont été diffusés dans de nombreux pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord.

Un nouveau rebondissement dans une affaire déjà complexe

L’affaire Dupont de Ligonnès reste l’une des énigmes judiciaires les plus médiatisées de ces quinze dernières années. Depuis sa disparition en avril 2011, plusieurs pistes ont été explorées, des signalements en Écosse aux rumeurs de passage dans des monastères, en passant par des apparitions supposées dans des casinos. Pourtant, aucune preuve tangible n’a permis de le localiser à ce jour. Le faux témoignage du « père Marc » ajoute une couche supplémentaire de complexité à une enquête déjà semée d’embûches.

Les autorités judiciaires pourraient désormais devoir vérifier l’authenticité de ces nouvelles déclarations, tout en évaluant leur impact sur la recherche du fugitif. Les enquêteurs devront également déterminer si ces affirmations relèvent d’un simple canular, d’une volonté de nuire à la justice ou d’un trouble psychiatrique chez leur auteur. Dans tous les cas, ces éléments risquent de ralentir les investigations en cours.

Et maintenant ?

L’Arcom a indiqué qu’elle examinerait « avec la plus grande attention » les circonstances de l’intervention du « père Marc » sur M6, sans préciser de délai pour ses conclusions. De son côté, la justice pourrait décider d’ouvrir une enquête préliminaire pour usurpation d’identité et entrave à une enquête en cours, bien que les faits restent à ce stade difficiles à établir. Par ailleurs, les services de police spécialisés dans la recherche de Dupont de Ligonnès devraient intégrer ces nouveaux éléments dans leur stratégie, sans que l’on sache encore s’ils pourront mener à une avancée significative. Enfin, M6 a pour l’instant maintenu le témoignage dans ses programmes, tout en indiquant qu’elle collaborait avec les autorités pour faire la lumière sur cette affaire.

Pour l’heure, l’identité et les motivations de cet homme restent inconnues. Les enquêteurs devront démêler le vrai du faux dans un dossier où les fausses pistes ne sont pas rares. Une chose est sûre : ce nouvel épisode rappelle, s’il en était besoin, que l’affaire Dupont de Ligonnès continue de fasciner autant qu’elle interroge, près de quinze ans après les faits.

L’évêque a saisi l’Arcom car l’apparition médiatique du « père Marc » a créé une confusion sur l’existence même de ce religieux dans son diocèse. En démentant formellement son existence, il a souhaité alerter les autorités de régulation sur une possible manipulation de l’information.