Air France exprime sa volonté d'un marché juste face aux quotas de carburants propres imposés par l’Union européenne. La compagnie soutient les carburants durables pour l'aviation mais remet en question le cadre réglementaire imposé par l'UE, qu'elle estime défavorable et générateur de concurrence déloyale. Ben Smith, directeur général d'Air France, a alerté sur les conséquences potentielles des politiques climatiques européennes, évoquant une réduction de près de moitié des vols vers l'Asie dans les dix prochaines années.

Selon lui, l'Europe impose des contraintes inégales en matière d'approvisionnement en carburants, ce qui désavantage Air France par rapport à ses concurrents internationaux. Il a souligné la nécessité d'un équilibre sur le marché pour garantir une compétitivité équitable. Bruxelles a fixé des objectifs contraignants pour l'utilisation de carburants durables, avec un pourcentage croissant imposé chaque année. Néanmoins, la production de ces carburants reste limitée et coûteuse, ce qui impacte les compagnies aériennes européennes.

Ben Smith en appelle à l'Union européenne pour mettre en place un mécanisme similaire à celui du secteur maritime, afin de rendre les liaisons aériennes compétitives et économiquement viables. Malgré ces défis, Air France poursuit sa transition écologique en renouvelant sa flotte avec des avions plus économes en carburant, réduisant ainsi les émissions de CO₂. La compagnie vise à atteindre 80% de nouvelle génération d'avions d'ici la fin de la décennie, tout en restant confiante dans sa démarche environnementale.

Cependant, cette position est critiquée par certaines associations écologistes, comme Transport & Environment, qui estiment que même avec une part importante de carburants durables, le secteur continuera à consommer autant de kérosène fossile. Elles prônent une limitation du trafic aérien mondial pour réduire réellement les émissions.

En conclusion, Air France cherche à établir un équilibre concurrentiel dans le secteur aérien européen en demandant à l'UE de mettre en place des mesures adéquates pour contrer la concurrence déloyale engendrée par les quotas de carburants propres. La transition écologique reste un enjeu majeur pour les compagnies aériennes, qui doivent concilier impératifs environnementaux et impératifs économiques dans un contexte de pressions réglementaires croissantes.