L’acteur et réalisateur Alain Chabat, figure emblématique de l’esprit Canal+, a réagi aux déclarations du patron du groupe, Maxime Saada, après la publication d’une tribune signée par 600 professionnels du cinéma dénonçant l’influence de Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+. Selon Franceinfo - Culture, Chabat a qualifié jeudi 21 mai 2026 les propos de Saada de « coup de pression à deux balles », tout en reconnaissant une certaine compréhension envers les équipes du groupe.

Ce qu'il faut retenir

  • Une tribune publiée le 11 mai 2026, à la veille de l’ouverture du festival de Cannes, dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma sous l’influence de Vincent Bolloré.
  • Maxime Saada, PDG de Canal+, avait menacé de ne plus travailler avec les signataires de cette tribune, provoquant une vive réaction.
  • Alain Chabat, en marge de la présentation de *Vertige* de Quentin Dupieux à Cannes, a critiqué cette posture en qualifiant les menaces de « coup de pression à deux balles ».
  • 600 professionnels du cinéma ont signé cette tribune, dont certains travaillent pour Canal+, ce qui a pu blesser les équipes internes.
  • La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a jugé mardi 19 mai que la réaction de Saada était « disproportionnée ».
  • Alain Chabat évoque une polarisation croissante du paysage audiovisuel, se sentant « coincé entre Pigasse et Bolloré ».

Une tribune controversée et ses conséquences

Le 11 mai 2026, à la veille du festival de Cannes, 600 professionnels du cinéma ont signé une tribune dénonçant « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma français, attribuée à l’influence de Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Canal+. Cette tribune, qui a suscité de vifs débats, a conduit Maxime Saada, PDG de Canal+, à réagir publiquement en annonçant qu’il ne travaillerait plus avec ses signataires. Une prise de position qui a immédiatement relancé les tensions au sein du secteur culturel.

Dans ce contexte, Alain Chabat, acteur et réalisateur emblématique de l’esprit Canal+, a livré son analyse jeudi 21 mai. Interrogé par l’AFP, il a estimé que les menaces de Saada relevaient d’un « coup de pression à deux balles », tout en reconnaissant que certaines réactions étaient compréhensibles. « Il y avait plein de manières de réagir à ce truc-là. Mais de là à rajouter ce coup de pression à des gens qui donnent une opinion, ou en tout cas qui ont une inquiétude, légitime ou pas… », a-t-il déclaré.

Chabat nuance son propos tout en défendant la diversité de Canal+

Si Alain Chabat a critiqué la posture de Maxime Saada, il a également tempéré ses propos en soulignant la diversité des productions du groupe. « Ce groupe produit des films qui ne se ressemblent pas, parce qu’il y a une vraie diversité dedans », a-t-il affirmé. Une prise de position qui tranche avec les craintes exprimées par les signataires de la tribune, qui pointent du doigt une influence croissante de l’extrême droite dans le paysage audiovisuel.

L’acteur, également connu pour son rôle dans *Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre* (14 millions d’entrées), a ainsi adopté une posture plus mesurée que celle de certains de ses pairs. Dominique Farrugia, autre figure historique de Canal+, a d’ailleurs apporté son soutien public à Maxime Saada en publiant un message sur X, où il a exprimé sa solidarité avec les équipes cinéma du groupe.

Un débat qui dépasse les frontières de Canal+

Les tensions autour de cette tribune et des réactions qu’elle a suscitées reflètent une polarisation croissante du paysage audiovisuel français. Alain Chabat a résumé cette situation en déclarant se sentir « coincé entre Pigasse et Bolloré ». D’un côté, Matthieu Pigasse, propriétaire du groupe Combat (Radio Nova, *Les Inrocks*), qui mène une bataille culturelle contre l’extrême droite. De l’autre, Vincent Bolloré, dont l’influence sur les médias, y compris Canal+, est régulièrement pointée du doigt.

« On est coincé entre LFI et le RN. Il faut choisir en permanence, mais je ne suis d’accord avec rien », a résumé Chabat. Une déclaration qui illustre les divisions au sein de la profession, où les positions se radicalisent entre défenseurs d’une ligne éditoriale engagée et partisans d’une approche plus consensuelle.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir se préciser les conséquences de cette polémique. Si la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a déjà jugé disproportionnée la réaction de Maxime Saada, d’autres acteurs du secteur pourraient prendre position dans les prochains jours. Une réunion informelle entre professionnels du cinéma est évoquée pour tenter d’apaiser les tensions, mais aucun calendrier n’a encore été fixé. Par ailleurs, la pression sur Vincent Bolloré et Canal+ devrait s’intensifier, alors que les débats sur l’indépendance des médias et la diversité culturelle restent au cœur de l’actualité.

En attendant, la question reste entière : comment concilier liberté d’expression et cohésion au sein des groupes médiatiques ? Pour l’instant, les réponses peinent à émerger.

Parmi les 600 signataires, on trouve des réalisateurs, acteurs, scénaristes et producteurs, mais la liste complète n’a pas été rendue publique par les organisateurs. Certains noms connus, comme ceux de réalisateurs engagés dans le cinéma indépendant, figurent parmi les premiers à s’être mobilisés.

Canal+ n’a pas communiqué officiellement depuis les déclarations de Maxime Saada, qui a simplement indiqué ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune. Le groupe n’a pas précisé si des mesures concrètes avaient déjà été prises à l’encontre de ces professionnels.