La 79e édition du Festival de Cannes, qui se tient jusqu’au 25 mai 2026, met à l’honneur une œuvre aussi déroutante que poétique. Selon Le Monde, le réalisateur iranien Karim Lakzadeh y présente « Living Twice, Dying Thrice », une création où se mêlent drôlerie absurde et atmosphère onirique, à travers le destin de trois personnages aussi improbables que leur survie.

Ce qu'il faut retenir

  • Réalisateur et œuvre : Karim Lakzadeh signe « Living Twice, Dying Thrice », une fable iranienne présentée en compétition officielle à Cannes 2026.
  • Personnages centraux : trois « Pieds nickelés » survivants d’un effondrement minier, dont l’histoire sert de trame à une réflexion plus large sur la résilience.
  • Style narratif : l’humour et l’étrangeté s’entrelacent pour explorer les thèmes de la survie et de l’absurdité de l’existence.
  • Contexte iranien : le film s’inscrit dans une veine cinématographique iranienne contemporaine, où le réalisme magique dialogue avec une critique sociale.
  • Festival de Cannes 2026 : cette édition, marquée par une diversité de propositions, consacre une fois encore des récits à forte dimension poétique.

Une fable baroque inspirée d’un drame réel

Karim Lakzadeh s’inspire d’un accident minier survenu en Iran, où trois mineurs ont miraculeusement survécu après l’effondrement de leur galerie de charbon. Plutôt que de s’attarder sur le réalisme du drame, le cinéaste en fait le point de départ d’une fable métaphorique, où les trois hommes deviennent les protagonistes d’une quête à la fois comique et profondément mélancolique. Autant dire que l’on passe d’un récit de survie à une méditation sur le hasard et la condition humaine.

Le titre même de l’œuvre, « Living Twice, Dying Thrice », reflète cette dualité entre résurrection et fatalité. Selon Lakzadeh, cité par Le Monde, « l’idée était de montrer que survivre à un désastre n’est qu’une première étape. Vivre ensuite, c’est souvent mourir un peu chaque jour, par petites touches ». Une déclaration qui éclaire la tonalité du film, oscillant entre grotesque et lyrisme.

Entre humour noir et onirisme, une esthétique iranienne

Le film s’inscrit dans une tradition cinématographique iranienne où l’humour sert souvent de masque à une critique sociale acerbe. Karim Lakzadeh, connu pour ses précédents longs-métrages mêlant réalisme et fantastique, confirme ici son attachement à un style où les frontières entre rêve et réalité s’estompent. Les trois survivants, incarnés par des acteurs aux physiques et aux comportements excentriques, évoluent dans un univers où les dialogues absurdes côtoient des images d’une beauté presque surréaliste.

D’après Le Monde, la mise en scène joue sur des contrastes saisissants : des plans serrés sur des visages burinés alternent avec des séquences oniriques, où la lumière et les ombres dessinent une atmosphère à la fois inquiétante et envoûtante. Bref, une œuvre qui déroute autant qu’elle fascine, typique de ces créations iraniennes qui refusent les étiquettes.

Cannes 2026, une édition ouverte à la diversité

Cette 79e édition du Festival de Cannes, présidée par la réalisatrice thaïlandaise Apichatpong Weerasethakul, s’attache à promouvoir des films qui bousculent les codes. « Living Twice, Dying Thrice » s’y inscrit parfaitement, aux côtés d’autres œuvres explorant des récits hybrides. Le jury, composé notamment de l’actrice française Léa Seydoux et du réalisateur mexicain Alfonso Cuarón, aura ainsi l’opportunité d’évaluer une proposition audacieuse, loin des canons du cinéma grand public.

Pour Karim Lakzadeh, dont c’est la première sélection à Cannes, cette présence est une reconnaissance de son travail, mais aussi l’occasion de faire entendre une voix iranienne souvent marginalisée sur la scène internationale. Comme il l’a indiqué à Le Monde, « Cannes, c’est un peu la maison des fous où l’on peut tout se permettre. Et c’est tant mieux ».

Et maintenant ?

Si « Living Twice, Dying Thrice » parvient à séduire une partie du jury, il pourrait figurer parmi les lauréats du palmarès 2026, aux côtés d’autres films à forte dimension poétique. Une distinction permettrait au film de bénéficier d’une visibilité accrue en Europe et au-delà, tandis qu’un échec relatif pourrait tout de même servir de tremplin pour une distribution internationale. Reste à voir comment le public et la critique réagiront à cette proposition déconcertante, mais résolument ambitieuse.

Quoi qu’il en soit, cette sélection confirme la place du cinéma iranien comme l’un des plus inventifs de la décennie. Après avoir marqué l’histoire du Festival avec des réalisateurs comme Abbas Kiarostami ou Jafar Panahi, Cannes 2026 accueille une nouvelle génération d’auteurs prêts à explorer des territoires cinématographiques inexplorés.

Il s’agit de trois mineurs iraniens qui ont effectivement survécu à un effondrement dans une mine de charbon en Iran. Leur histoire, adaptée de faits réels par Karim Lakzadeh, sert de trame narrative à une fable plus large sur la résilience et l’absurdité de l’existence.