À 29 ans, Alexandre Lafitte s’apprête à entrer dans l’histoire du football français. Le Girondin, déjà reconnu comme le plus jeune entraîneur de première division au monde, devrait obtenir le Brevet d’Entraîneur de Football Professionnel (BEPF) — la licence UEFA Pro — via une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), selon RMC Sport. Un parcours atypique qui illustre les évolutions du système de formation des entraîneurs en France.
Ce qu'il faut retenir
- Alexandre Lafitte, 29 ans, pourrait devenir le plus jeune Français à obtenir le BEPF, surpassant les records de Denis Renaud (35 ans) et Julien Stéphan (37 ans).
- Le titre sera décerné après un oral début juin, avec une validation définitive prévue le 18 juin 2026.
- La VAE, mise en place par la FFF sous l’impulsion de Hubert Fournier, a permis à Lafitte de valoriser son expérience internationale.
- Son parcours inclut un titre de champion de Côte d’Ivoire (2025), une finale de coupe en Afrique du Sud et des missions en Ligue des champions africaine.
- Sans ce diplôme, il avait été contraint d’entraîner depuis les tribunes lors de compétitions africaines, limitant ses opportunités en Europe.
- Lafitte cible désormais des clubs en France (Ligue 2), Belgique ou Europe de l’Est, où son profil de jeune entraîneur pourrait séduire.
Le système de VAE, adopté par la Fédération Française de Football (FFF) sous l’impulsion de Hubert Fournier, directeur technique national, a ouvert de nouvelles perspectives pour les entraîneurs sans parcours traditionnel. « On voit enfin la fin du tunnel grâce au nouveau système de VAE », a déclaré Alexandre Lafitte à RMC Sport. Le jeune entraîneur a présenté un dossier solide, fruit de plusieurs années d’expérience en Afrique et en Europe, et se prépare à passer un oral début juin. Le jury rendra son verdict le 18 juin 2026.
Un parcours international avant la consécration
Alexandre Lafitte n’est pas un inconnu dans le football africain. En 2025, il a mené le Stade d’Abidjan à son premier titre de champion de Côte d’Ivoire depuis 1969, un exploit historique pour le club. Ce succès s’est accompagné d’un parcours remarqué en Ligue des champions africaine, où son équipe a tenu tête aux meilleurs clubs du continent. Ces performances ont attiré l’attention de plusieurs clubs européens, mais sans succès : « En France, quand tu n’as pas été joueur professionnel, le parcours est assez challengeant », a-t-il expliqué. « Mais la VAE a changé la donne. »
Son expérience ne s’est pas limitée à la Côte d’Ivoire. En Afrique du Sud, il a dirigé les Marumo Gallants, avec qui il a atteint la finale de la coupe de la Ligue en battant notamment les Mamelodi Sundowns, l’une des équipes les plus redoutées du continent. Malgré ces résultats, le contexte local s’est avéré complexe, avec un club mal géré et des moyens financiers limités. « Le contexte était plus compliqué, avec un club pas forcément bien géré et un petit budget dans le meilleur championnat du continent », a-t-il souligné.
La VAE, une révolution pour les entraîneurs sans parcours classique
Le cas de Lafitte illustre les limites du système traditionnel de formation des entraîneurs en France, où le diplôme UEFA Pro est souvent inaccessible sans une carrière de joueur professionnel. « Tu as eu Pierre Sage, Stéphane Gilli, Walid Regragui qui ont obtenu le BEPF de cette manière », a-t-il rappelé. Grâce à la VAE, les entraîneurs peuvent désormais faire valoir leur expérience sur le terrain, qu’elle ait été acquise en Europe ou à l’international. Cette réforme répond à un besoin croissant de reconnaissance des compétences acquises hors des sentiers battus.
Pour Lafitte, l’obtention du BEPF représente bien plus qu’un simple diplôme. Sans lui, il avait été contraint d’entraîner depuis les tribunes lors de la Ligue des champions africaine, une situation humiliante pour un entraîneur. « J’ai surtout raté de belles offres en Afrique ainsi que des opportunités de revenir sur le marché européen », a-t-il confié. Le diplôme lui offrira enfin une légitimité reconnue, lui permettant de postuler sereinement dans des championnats européens.
Un profil atypique pour un marché du travail exigeant
Âgé de seulement 29 ans, Lafitte incarne une nouvelle génération d’entraîneurs français, mais son profil détonne dans un paysage où les jeunes techniciens restent rares. « On me conseille souvent de passer par la case adjoint », a-t-il indiqué. « Mais ce n’est pas le même métier, pas la même méthodologie selon moi. » Il défend une vision offensive du métier, où l’expérience terrain prime sur les années de pratique. « Je sais qu’un président a besoin de sécurité », a-t-il ajouté. « J’ai montré par le passé être capable de maintenir une équipe, de valoriser des joueurs et de rapporter de l’argent. »
Son ambition ? Convaincre un club européen de lui donner sa chance. Bien que la France et la Belgique soient ses cibles prioritaires, il n’exclut pas d’autres destinations, notamment en Europe de l’Est. « La Ligue 2 est un super championnat qui met en valeur les potentiels », a-t-il expliqué. « Je pense être capable d’apporter cela. » Il a également rencontré des clubs belges en décembre 2025 pour évaluer les opportunités locales, où les jeunes entraîneurs sont parfois plus facilement intégrés.
Reste à voir si les clubs français, souvent prudents avec les jeunes entraîneurs sans expérience en Ligue 1, oseront lui faire confiance. En Belgique ou en Ligue 2, où les attentes sont parfois différentes, son profil pourrait trouver un terrain d’entente plus rapidement. Une chose est certaine : avec ou sans BEPF, Alexandre Lafitte a déjà marqué l’histoire du football français par son audace et sa détermination.
La VAE permet à des entraîneurs comme Alexandre Lafitte de valider un diplôme (ici le BEPF) en présentant un dossier prouvant leur expérience professionnelle, sans suivre le parcours classique de formation. Ce dispositif, promu par la FFF, vise à reconnaître les compétences acquises sur le terrain, notamment à l’international.
D’après ses déclarations, Alexandre Lafitte cible en priorité des clubs en France (Ligue 2), en Belgique — où les jeunes entraîneurs ont plus facilement leur chance — ou encore en Europe de l’Est. Il a déjà eu des contacts en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire, mais son retour en Europe dépendra de la reconnaissance de son diplôme.