Le groupe ferroviaire français Alstom achève son exercice décalé, s’étalant d’avril 2025 à mars 2026, avec des résultats contrastés. Selon Capital, le groupe a vu son résultat net doubler à **324 millions d’euros**, tandis que sa marge ajustée s’érodait à **6,1 %**. Ces chiffres, présentés le 16 avril, ont provoqué une chute de plus de **20 %** du cours de Bourse du groupe, tombant sous les **17 euros**. Une performance commerciale en forte hausse compense en partie ces difficultés, avec des commandes totales atteignant **27,6 milliards d’euros**, en progression de **39 %** par rapport à l’exercice précédent.
Ce qu'il faut retenir
- Résultat net : 324 millions d’euros, soit le double de l’exercice 2024-2025.
- Marge ajustée : 6,1 %, en baisse par rapport aux exercices précédents.
- Commandes : 27,6 milliards d’euros, en hausse de 39 % sur un an.
- Chiffre d’affaires : 19,2 milliards d’euros, soit une progression de 3,7 %.
- Carnet de commandes : 104,4 milliards d’euros, consolidé après l’acquisition de Bombardier en 2021.
- Objectif de marge : Alstom vise **6,5 %** pour l’exercice 2026-2027, avec un plan de réorganisation en préparation.
Des retards de livraison pointés par la SNCF et la RATP
Le groupe Alstom, qui achève l’intégration du canadien Bombardier – racheté en 2021 – fait face à des critiques concernant la qualité de ses livraisons. La SNCF et la RATP ont toutes deux signalé des retards de plusieurs années pour les nouveaux TGV et les rames du RER B. Ces problèmes d’exécution pèsent sur la crédibilité opérationnelle du groupe, alors que celui-ci annonce un plan de réorganisation pour améliorer sa performance.
Ce plan, qui sera dévoilé début 2027, vise à « rétablir une exécution homogène et maîtrisée sur l’ensemble de ses lignes de produits », selon le communiqué d’Alstom. L’objectif est clair : redresser une marge ajustée actuellement en dessous des attentes, avec une cible de **6,5 %** dès l’exercice 2026-2027, puis un retour progressif entre **8 % et 10 %** à plus long terme.
Une performance commerciale en forte hausse, mais des défis opérationnels persistants
Malgré ces difficultés, Alstom affiche une dynamique commerciale soutenue. Le chiffre d’affaires de l’exercice 2025-2026 s’élève à **19,2 milliards d’euros**, en hausse de **3,7 %** sur un an. Le carnet de commandes, lui, atteint **104,4 milliards d’euros**, confirmant la solidité de la demande dans le secteur ferroviaire. La croissance organique, hors effets de change et à périmètre constant, est estimée à **5 %** pour l’exercice à venir, avec une production prévue de **4 400 à 4 500 voitures**. Autant dire que le groupe mise sur une reprise de ses marges pour concrétiser ces opportunités.
Cette performance commerciale contraste avec les difficultés opérationnelles signalées par ses clients historiques. Les retards de livraison, notamment pour les nouveaux TGV et les rames du RER B, ont fragilisé la confiance des opérateurs publics. Alstom doit désormais prouver sa capacité à tenir ses engagements, sous peine de voir ses commandes futures s’en ressentir.
Un nouveau capitaine à la barre pour redresser la barre
Le groupe a récemment accueilli **Martin Sion**, ancien patron exécutif d’ArianeGroup, à la direction générale depuis le **1er avril 2026**. Ce dernier, qui remplace Henri Poupart-Lafarge, a souligné l’urgence d’améliorer la qualité d’exécution. « Notre priorité est d’améliorer la qualité d’exécution, notamment par un pilotage opérationnel quotidien plus rigoureux, un renforcement de la discipline de planification et une meilleure coordination entre l’ingénierie, la chaîne d’approvisionnement et la production », a-t-il déclaré dans un communiqué.
De son côté, le directeur financier **Bernard Delpit** a qualifié cette année d’ « étape importante pour regagner de la performance opérationnelle et de la crédibilité ». Les dirigeants d’Alstom insistent sur la nécessité d’un pilotage plus strict et d’une meilleure coordination entre les différents maillons de la chaîne de production pour redresser la marge et restaurer la confiance.
« Cette année est une étape importante pour regagner de la performance opérationnelle et de la crédibilité. Notre priorité est d’améliorer la qualité d’exécution, notamment par un pilotage opérationnel quotidien plus rigoureux. »
— Bernard Delpit, directeur financier d’Alstom
« Notre priorité est d’améliorer la qualité d’exécution, notamment par un pilotage opérationnel quotidien plus rigoureux, un renforcement de la discipline de planification et une meilleure coordination entre l’ingénierie, la chaîne d’approvisionnement et la production. Le plan de réorganisation vise à soutenir une amélioration progressive de la marge d’exploitation ajustée vers un niveau compris entre 8 % et 10 % à terme. »
— Martin Sion, directeur général d’Alstom
Pour l’heure, le marché reste attentif aux prochaines annonces du groupe, alors que les opérateurs comme la SNCF et la RATP attendent des preuves tangibles de son redressement. Le cours de Bourse, encore fragilisé par la chute d’avril, pourrait rebondir si les signaux positifs se confirment. Reste à voir si Alstom parviendra à concilier croissance commerciale et redressement opérationnel dans un secteur ferroviaire en pleine mutation.
La marge ajustée, qui mesure le rapport entre le résultat d’exploitation et le chiffre d’affaires (hors éléments exceptionnels), a reculé en raison de coûts opérationnels plus élevés et de retards de livraison, lesquels impactent la rentabilité globale. Le résultat net, lui, bénéficie de la hausse du chiffre d’affaires et des commandes, mais pas suffisamment pour compenser l’érosion de la marge.
Les dirigeants pointent trois axes majeurs : un pilotage opérationnel plus rigoureux au quotidien, une meilleure discipline dans la planification des projets, et une coordination renforcée entre l’ingénierie, la chaîne d’approvisionnement et la production. Ces mesures visent à réduire les retards de livraison et à améliorer la qualité des produits livrés.