Selon BFM Business, le chausseur français Minelli a officiellement annoncé sa fermeture définitive, mettant un terme à plus de cinquante ans d’histoire. L’enseigne, placée en redressement judiciaire depuis mars 2026, n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières malgré une reprise en 2023. Une liquidation qui intervient après des années de restructurations et de pertes persistantes.

Ce qu'il faut retenir

  • Fondation en 1973 et disparition en 2026 : Minelli disparaît après 53 ans d’existence.
  • Placée en redressement judiciaire en mars 2026, après une procédure de sauvegarde depuis septembre 2025.
  • Pertes de 3,7 millions d’euros enregistrées pour l’exercice 2024-2025.
  • Plusieurs offres de reprise examinées, dont une à 2 euros symboliques et une autre à 300 000 euros pour les stocks et neuf salariés.
  • Les soldes exceptionnels à -60% permettront d’écouler les stocks restants.

Une histoire marquée par les restructurations et les échecs

Fondée en 1973, Minelli a connu une première alerte sérieuse en 2023, lorsqu’elle avait déjà traversé une procédure similaire avant d’être reprise par trois investisseurs liés à la griffe Mes Demoiselles Paris. Elle avait alors été intégrée à une nouvelle entité, Maison Minelli, mais les difficultés économiques se sont poursuivies. Selon BFM Business, l’enseigne a enregistré des pertes de près de 3,7 millions d’euros pour l’exercice 2024-2025, malgré une réduction drastique de ses effectifs, passés d’environ 600 salariés à moins de 200.

Plusieurs boutiques reprises par les nouveaux propriétaires se sont révélées déficitaires, aggravant la situation. Malgré ces tentatives de redressement, l’enseigne n’a pas pu retrouver un équilibre économique pérenne, dans un contexte particulièrement difficile pour les acteurs du secteur de la chaussure et du prêt-à-porter en France.

Des offres de reprise insuffisantes ou trop partielles

Plusieurs enseignes avaient manifesté leur intérêt pour une reprise partielle de l’activité, comme Maje (groupe SMCP), Father and Sons, l’opticien Jimmy Fairly ou encore la chaîne de boulangeries Mie Câline. Ces repreneurs potentiels envisageaient de conserver une ou deux boutiques Minelli, mais aucun accord n’a abouti. Plus surprenant encore, le groupe de transport et logistique Baghaira avait proposé de reprendre la marque, ses stocks (évalués à 2,7 millions d’euros) ainsi que neuf salariés du siège de Gémenos (Bouches-du-Rhône), sans inclure les 21 boutiques ni leurs 77 salariés. Son offre s’élevait à 300 000 euros, avec un développement prioritaire du commerce en ligne.

Enfin, Philippe Sayada, ancien acteur de la mode et de l’horlogerie, avait proposé une reprise globale pour un montant symbolique de 2 euros, mais sans préciser les conditions. Aucune de ces propositions n’a permis d’éviter la liquidation, signe que les difficultés financières de Minelli étaient trop profondes pour être surmontées.

Un contexte économique difficile pour les enseignes françaises

La disparition de Minelli s’inscrit dans une série de fermetures ou de restructurations majeures touchant le secteur du prêt-à-porter et de la chaussure en France. Parmi les marques emblématiques ayant subi le même sort ces dernières années, on peut citer Camaïeu (liquidée en 2022, entraînant la suppression de plus de 2 000 emplois), Okaïdi, Burton of London, Gap France, André, San Marina, Kaporal, Jennyfer ou encore Naf Naf.

Ces enseignes subissent de plein fouet les conséquences de la pandémie, de l’inflation, de la hausse des coûts de l’énergie, de l’augmentation des loyers et des matières premières, mais aussi de la concurrence accrue de la seconde main et de la fast fashion. Pour Minelli, la pression de ces nouveaux modèles économiques a été fatale, malgré la qualité historique de ses produits et son positionnement dans le segment premium accessible.

« C’est avec le cœur lourd que nous annonçons la fermeture définitive de nos portes. »
Minelli, via un post sur Instagram

Une annonce qui suscite la nostalgie des consommateurs

L’annonce de la fermeture de Minelli a suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes évoquent « la fin d’une époque » et regrettent la disparition progressive de marques françaises installées depuis plusieurs décennies. Certains saluent également la qualité et le positionnement historique de l’enseigne, longtemps perçue comme une référence dans l’offre de chaussures premium accessible.

Sur Instagram, l’enseigne a confirmé sa fermeture définitive et annoncé des soldes exceptionnels à -60% pour écouler ses stocks restants. Une décision qui marque la fin d’une aventure commerciale débutée il y a plus de cinquante ans, et qui illustre les défis actuels du commerce de détail en France.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes concerneront principalement l’écoulement des stocks et la liquidation des actifs. Aucune date précise n’a été communiquée pour la fermeture définitive des boutiques, mais les soldes à -60% devraient permettre de vider les magasins dans les semaines à venir. Par ailleurs, les salariés concernés par la liquidation devraient être informés des modalités de leur accompagnement, conformément à la législation en vigueur.

La disparition de Minelli soulève également des questions sur l’avenir des enseignes françaises face à la concurrence internationale et aux mutations des habitudes de consommation. Reste à voir si d’autres repreneurs émergeront pour racheter tout ou partie de l’activité, ou si cette liquidation marquera définitivement la fin de cette marque emblématique.

Les prochaines étapes concernent principalement l’écoulement des stocks restants grâce à des soldes exceptionnels à -60%. Les salariés et les fournisseurs seront informés des modalités de la liquidation, qui devrait s’étaler sur plusieurs semaines. Aucune date précise n’a encore été communiquée pour la fermeture définitive de toutes les boutiques.