L’automobile électrique perd du terrain quand les températures chutent. Selon une étude menée par l’Automobile Club Norvégien, pas moins de 24 modèles de véhicules 100 % électriques ont été soumis à un test d’autonomie en conditions hivernales. Les résultats, révélés par Frandroid, révèlent des écarts considérables entre les promesses des constructeurs et la réalité du terrain. Certaines voitures premiums ont vu leur rayon d’action fondre comme neige au soleil, avec des pertes d’autonomie allant jusqu’à 440 kilomètres.
Ce qu'il faut retenir
- Test grandeur nature : 24 modèles de voitures électriques ont été évalués par l’Automobile Club Norvégien pour mesurer leur perte d’autonomie par temps froid.
- Perte record : L’un des modèles testés a enregistré une chute de 440 km d’autonomie, soit une réduction massive de son rayon d’action.
- Premiums particulièrement touchés : Les véhicules haut de gamme figurent parmi les plus affectés par ce phénomène, selon les données recueillies.
- Méthodologie rigoureuse : Les tests ont été réalisés dans des conditions hivernales réelles, et non en laboratoire, pour refléter au mieux les contraintes des utilisateurs.
Un test conçu pour refléter l’usage quotidien
L’expérience menée par l’Automobile Club Norvégien n’a rien d’une simulation en chambre climatique. Comme le rapporte Frandroid, les ingénieurs ont roulé avec ces 24 véhicules dans des conditions hivernales réelles, en prenant en compte des températures souvent inférieures à zéro degré. L’objectif ? Évaluer l’impact du froid sur l’autonomie réelle des voitures électriques, et non sur les chiffres théoriques affichés par les constructeurs. Pour rappel, l’autonomie des batteries lithium-ion chute naturellement par temps froid, en raison d’une réaction chimique ralentie et d’une consommation accrue du chauffage.
Des écarts qui interrogent sur la fiabilité des données constructeurs
Parmi les 24 modèles testés, certains se sont distingués par leur résistance au froid, tandis que d’autres ont subi des pertes d’autonomie spectaculaires. Les véhicules premiums, souvent équipés de batteries haute capacité, ont été particulièrement affectés. « On s’attendait à des différences, mais pas à de telles amplitudes », a déclaré un porte-parole de l’Automobile Club Norvégien à Frandroid. Le pire scénario enregistré concerne un modèle dont l’autonomie est passée de 480 km en conditions idéales à seulement 40 km par -7°C. Autant dire que, côté fiabilité hivernale, certains constructeurs ont encore du travail.
Quels modèles ont le mieux résisté ?
Frandroid précise que l’étude ne cite pas explicitement les modèles concernés, mais indique que les voitures les moins touchées par la perte d’autonomie appartiennent principalement à des segments accessibles ou familiaux. Les batteries de plus petite capacité, moins sensibles aux variations thermiques, semblent moins impactées. En revanche, les constructeurs premiums, qui misent sur des autonomies annoncées comme « révolutionnaires », voient leurs promesses s’effriter sous le froid. Un seul modèle a résisté mieux que les autres, avec une perte limitée à 15 % de son autonomie initiale. Les autres ont vu leur rayon d’action diminuer de 20 % à plus de 50 %, selon les cas.
Reste à voir si ces résultats pousseront les fabricants à revoir leurs communications commerciales ou à investir davantage dans la recherche et développement. Pour l’heure, les conducteurs des zones froides devront probablement composer avec cette réalité : l’autonomie hivernale n’est pas encore au niveau des promesses estivales.
La baisse de température ralentit les réactions chimiques dans les batteries lithium-ion, réduisant leur capacité à stocker et restituer l’énergie. De plus, le chauffage de l’habitacle et de la batterie elle-même consomme davantage d’électricité, ce qui grève encore l’autonomie.