Le week-end dernier, Roger Federer a été intronisé au Panthéon international du tennis lors d’une cérémonie à Newport, aux États-Unis. Le Suisse, considéré comme l’une des plus grandes légendes du sport avec vingt titres du Grand Chelem, a reçu un hommage unanime pour son palmarès et son influence dans le monde du tennis. Pourtant, une autre figure historique du tennis, l’Américaine Billie Jean King, 82 ans, n’a pas hésité à critiquer publiquement son manque d’engagement en faveur de l’égalité entre les sexes dans le milieu.

Selon RMC Sport, Billie Jean King, vainqueure de douze titres du Grand Chelem dont Roland-Garros en 1972, a estimé que Federer pourrait s’investir davantage pour défendre les droits des joueuses sur le circuit professionnel féminin. L’Américaine, pionnière dans la lutte pour l’égalité des rémunérations et la création de la WTA (Women’s Tennis Association), a souligné que le Suisse, père de quatre enfants — deux garçons et deux filles — avait les moyens de s’impliquer publiquement dans ce combat.

Ce qu'il faut retenir

  • Roger Federer a été intronisé au Panthéon international du tennis à Newport le week-end dernier, un honneur marquant sa carrière exceptionnelle.
  • Billie Jean King, légende du tennis féminin et militante pour l’égalité, a critiqué Federer pour son manque d’engagement en faveur des droits des joueuses.
  • L’Américaine a souligné que Federer, père de quatre enfants dont deux filles, pourrait s’impliquer davantage dans ce combat.
  • Billie Jean King a déclaré au magazine Racket qu’elle aimerait que Federer « fasse des vagues » en faveur de l’égalité dans le tennis.

Un hommage teinté de controverse

Roger Federer, 45 ans, a été célébré pour sa carrière exceptionnelle, marquée par vingt titres du Grand Chelem et une longévité rare dans le tennis mondial. La cérémonie de Newport, où il a été intronisé parmi les plus grands noms du sport, a été marquée par une pluie d’hommages et d’émotions. Pourtant, cette reconnaissance n’a pas empêché Billie Jean King de rappeler, avec une pointe de frustration, que le Suisse pourrait faire davantage pour les joueuses.

Interrogée par le magazine Racket, l’Américaine a lancé : « J’aimerais qu’il s’engage davantage en faveur de l’égalité. Je n’arrête pas de lui dire : ‘Roger, tu as deux fils et deux filles ! Chez toi, l’égalité règne !’ ». Une référence directe à la famille de Federer, composé de son épouse Mirka Vavrinec et de leurs quatre enfants, deux jumelles et deux jumeaux. Billie Jean King a ajouté, lors de l’interview : « Vous pensez qu’il pourrait un jour faire quelque chose qui fasse des vagues ? Il n’en a pas envie. »

Un engagement historique pour Billie Jean King

Billie Jean King, figure majeure du tennis féminin des années 1960-1970, a toujours été en première ligne pour défendre les droits des femmes dans le sport. Elle fut à l’origine de la création de la WTA en 1973, une fédération dédiée aux joueuses professionnelles, et a milité sans relâche pour l’obtention d’un prize money équitable entre les sexes. En 1973, son célèbre match contre Bobby Riggs, surnommé la « Bataille des sexes », avait marqué un tournant dans la reconnaissance du tennis féminin.

Malgré ces avancées historiques, Billie Jean King estime que le monde du tennis, et notamment ses figures masculines les plus influentes, pourraient en faire davantage. « Moi aussi je voudrais gagner de l’argent… », a-t-elle lancé, en référence aux inégalités persistantes dans les primes attribuées aux joueuses, bien inférieures à celles des hommes sur les tournois du Grand Chelem.

Une passivité remise en question

Federer, souvent perçu comme une figure consensuelle et respectueuse, a rarement été la cible de critiques publiques. Son image de sportif exemplaire, alliant talent et fair-play, a contribué à ce statut d’intouchable. Pourtant, Billie Jean King n’a pas hésité à le questionner sur son rôle dans la défense des droits des femmes, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. Son intervention lors de la cérémonie de Newport, où elle a insisté pour s’exprimer malgré les tentatives d’interruption de l’attachée de presse de Federer, témoigne de sa détermination.

Pour l’Américaine, le tennis masculin, et en particulier ses stars les plus médiatisées, dispose d’une plateforme idéale pour porter des messages forts. « Il pourrait faire des vagues, mais il n’en a pas envie », a-t-elle souligné, laissant planer le doute sur les raisons de cette réserve. Une question qui dépasse le simple cadre sportif pour toucher à l’engagement sociétal.

Et maintenant ?

La critique de Billie Jean King pourrait relancer le débat sur le rôle des athlètes masculins dans la promotion de l’égalité dans le sport. Federer, dont la carrière touche à sa fin, pourrait-il utiliser sa notoriété pour soutenir des causes qui lui tiennent à cœur, comme celle des joueuses ? Une chose est sûre : son silence prolongé sur ces questions risque de devenir de plus en plus remarqué.

La prochaine édition de l’Open de l’Australie, prévue en janvier 2027, pourrait offrir une première occasion à Federer de réagir publiquement. En attendant, Billie Jean King, toujours aussi active dans la défense des droits des femmes, continuera de militer pour un changement structurel dans le tennis mondial.

Billie Jean King, militante historique pour l’égalité dans le tennis, estime que Federer, en tant que figure médiatique majeure, pourrait s’investir davantage pour défendre les droits des joueuses. Elle lui reproche son manque de visibilité sur ce sujet, alors qu’il est père de deux filles et pourrait utiliser sa notoriété pour faire avancer la cause.