Le groupe Bolloré se retrouve au cœur d’une polémique après avoir favorisé, ces dernières années, la carrière en France de Xenia Fedorova, une figure médiatique russe proche du pouvoir de Vladimir Poutine. Selon Libération, cette proximité interroge sur les positions réelles du groupe en matière de liberté d’expression, alors que ses dirigeants se présentent comme des défenseurs des valeurs républicaines.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Bolloré a activement soutenu la carrière de Xenia Fedorova en France, malgré son rôle de propagandiste pro-Kremlin.
- Fedorova, animatrice et chroniqueuse, est régulièrement invitée dans des médias français où elle défend les positions du régime russe.
- Cette situation contraste avec les déclarations publiques de Bolloré en faveur de la liberté d’expression, y compris dans des pays autoritaires.
- Le groupe, dirigé par Cyrille Bolloré, est critiqué pour cette apparente contradiction entre ses discours et ses actions.
Une ascension médiatique facilité par Bolloré
Selon les informations rapportées par Libération, Xenia Fedorova a bénéficié d’un accès privilégié aux médias français ces dernières années. Entre 2023 et 2025, elle a multiplié les interventions dans des émissions de radio et de télévision, souvent présentées comme des débats sur les relations internationales. Pourtant, ses prises de parole, souvent teintées de rhétorique pro-Kremlin, ont rarement été contrebalancées par des contradicteurs, soulignent plusieurs observateurs.
Son parcours en France a été marqué par des collaborations avec des groupes audiovisuels liés, directement ou indirectement, à Bolloré. En 2024, elle a notamment participé à une émission diffusée sur CNews, propriété du groupe Canal+, dont l’actionnaire de référence est Vivendi, contrôlé par Bolloré. Ces interventions ont systématiquement mis en avant une vision alignée sur la propagande du Kremlin, allant jusqu’à minimiser l’invasion de l’Ukraine ou justifier les actions russes en Syrie.
Un soutien qui questionne la cohérence du groupe
Pour Libération, cette stratégie s’inscrit en contradiction avec les valeurs affichées par Bolloré. Le groupe, qui se présente comme un acteur engagé en faveur de la démocratie et de la liberté d’expression, n’a jamais officiellement condamné les positions de Fedorova. Pire, ses dirigeants n’ont jamais pris de distance publique avec ses interventions, malgré les polémiques qu’elles ont suscitées auprès de plusieurs associations et personnalités politiques françaises.
Cyrille Bolloré, PDG du groupe depuis 2022, a multiplié les déclarations en faveur de la liberté de la presse, y compris dans des pays où les journalistes sont réprimés. En 2025, il a notamment affirmé que « la liberté d’expression est un pilier de nos démocraties », une position difficile à concilier avec le soutien apporté à une figure médiatique russe dont les propos sont largement utilisés par la machine de propagande de Poutine. « On ne peut pas défendre la liberté d’expression à géométrie variable », a réagi une source proche du dossier, sous couvert d’anonymat.
Réactions et perspectives
Face à ces révélations, plusieurs élus et associations ont appelé à clarifier la position de Bolloré. La députée européenne Nathalie Loiseau (Renew Europe) a demandé, dans une tribune publiée en avril 2026, que le groupe « assume pleinement ses responsabilités ». « Soutenir une propagandiste pro-Kremlin, c’est cautionner une entreprise de désinformation qui vise à saper nos valeurs », a-t-elle écrit.
Du côté du groupe, aucune réponse officielle n’a été apportée à ce jour. Interrogé par Libération, un porte-parole de Bolloré s’est contenté d’indiquer que « le groupe respecte la liberté d’expression de chacun, dans le strict respect de la loi française et européenne ». Une formule jugée insuffisante par les observateurs, qui pointent l’absence de prise de position claire contre les dérives de la propagande russe.
Xenia Fedorova est une animatrice et chroniqueuse russe, proche du pouvoir de Vladimir Poutine. En France, elle intervient régulièrement dans des médias comme CNews, où elle défend une ligne éditoriale alignée sur les positions du Kremlin. Son rôle en France a été facilité par des groupes liés à Bolloré, selon Libération.
Le groupe Bolloré se présente comme un défenseur de la liberté d’expression, y compris dans les régimes autoritaires. Soutenir une propagandiste pro-Kremlin comme Fedorova remet en cause cette cohérence, d’autant que le groupe n’a jamais pris ses distances avec ses interventions, malgré les polémiques.