Alors que le débat sur l’avenir de l’audiovisuel public s’intensifie, la ministre des Sports Marina Ferrari a réaffirmé, ce jeudi 14 mai 2026 sur ICI Hérault, son opposition à toute réduction significative du budget consacré à la diffusion des événements sportifs sur les chaînes du service public. Cette prise de position intervient après la publication, le 5 mai dernier, du rapport de Charles Alloncle (Union des Droites Républicaines), issu d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public. Selon Franceinfo - Politique, Marina Ferrari juge « dommage » que des parlementaires proposent de sacrifier jusqu’à un tiers du budget dédié au sport, au motif d’économies budgétaires.

Ce qu'il faut retenir

  • La ministre des Sports Marina Ferrari s’oppose à une réduction du budget de diffusion du sport sur le service public, estimant que cela irait à l’encontre de la cohésion sociale.
  • Elle cite en exemple la couverture des Jeux paralympiques de Milan et Cortina d’Ampezzo comme illustration de l’engagement du service public en faveur du parasport et du sport féminin.
  • Le rapport de Charles Alloncle, publié le 5 mai 2026, propose une réduction d’un tiers du budget sportif, ce que la ministre qualifie de « regrettable ».
  • Marina Ferrari souligne que le sport, au-delà de sa dimension compétitive, joue un rôle clé dans la cohésion nationale et la valorisation des disciplines moins médiatisées.

Un plaidoyer pour la diversité sportive et l’inclusion

Interrogée ce matin sur ICI Hérault, Marina Ferrari a rappelé l’importance du service public dans la promotion du sport sous toutes ses formes. Pour elle, les chaînes publiques ne se contentent pas de diffuser les grands événements comme le Tour de France : elles offrent aussi une visibilité aux disciplines moins médiatisées, tout en mettant en avant le parasport et le sport féminin. « Le service public est là pour diffuser tout type de sports, les plus médiatisés comme les moins médiatisés », a-t-elle déclaré. « Une des vertus du service public, c’est aussi de mettre en avant des secteurs qui sont moins visibles. »

Elle a notamment cité l’exemple des Jeux paralympiques, dont la couverture par France Télévisions a permis de donner une audience inédite à des athlètes souvent ignorés par les médias traditionnels. Selon elle, ces initiatives s’inscrivent dans une mission de service public essentiel, bien au-delà du simple divertissement.

Des économies budgétaires jugées contre-productives

La ministre a vivement critiqué les propositions de réduction budgétaire, qualifiant de « soi-disant économies » cette approche. « Le sport n’est pas seulement une pratique sportive aujourd’hui, c’est aussi un moyen de cohésion sociale et de cohésion nationale », a-t-elle souligné. Elle s’est dite « interpellée » par les orientations du rapport Alloncle, qui, selon elle, pourraient remettre en cause des événements patrimoniaux comme le Tournoi des Six Nations féminin, qu’elle juge aussi importants que des compétitions masculines traditionnelles.

« Est-ce qu’aujourd’hui monsieur Alloncle considère qu’une finale, par exemple du Tournoi des Six Nations féminin, est moins patrimoniale que le Tour de France ? Il y a quand même des propos qui m’interrogent et des orientations que je ne partage absolument pas. »
Marina Ferrari, ministre des Sports

Elle a rappelé que le sport, en tant que vecteur de valeurs républicaines et d’intégration, mérite un soutien public renforcé, et non une baisse des financements dédiés à sa diffusion. « On a besoin de continuer à soutenir la mise en avant du parasport et du sport féminin », a-t-elle insisté, évoquant la nécessité de poursuivre sur cette voie pour garantir une représentation équitable de toutes les disciplines.

Contexte : un rapport controversé et des débats en cours

Le rapport d’enquête sur l’audiovisuel public, piloté par Charles Alloncle, a été adopté le 5 mai 2026. Il recommande notamment une rationalisation des dépenses, incluant une baisse significative du budget consacré au sport. Ce document, issu d’une commission transpartisane, a suscité des réactions contrastées. Si certains y voient une nécessaire modernisation, d’autres, comme Marina Ferrari, y perçoivent une menace pour les missions de service public.

Franceinfo - Politique a révélé que ce rapport pourrait servir de base aux discussions budgétaires pour les années à venir, alors que l’État cherche à réduire le déficit de l’audiovisuel public. La ministre des Sports, quant à elle, a appelé à une réflexion plus large sur la place du sport dans la société, bien au-delà des considérations financières immédiates.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des décisions prises par le gouvernement et l’Assemblée nationale dans les semaines à venir. Une réduction du budget sportif pourrait être intégrée au projet de loi de finances rectificatif pour 2026, dont l’examen est prévu avant l’été. La ministre des Sports a d’ores et déjà prévenu qu’elle défendrait activement le maintien des financements actuels, tandis que les partisans de la rigueur budgétaire devraient maintenir leur pression pour des coupes claires. Reste à voir si un compromis pourra être trouvé entre ces deux visions.

Dans l’immédiat, le débat se concentre sur la capacité des acteurs publics à concilier économies budgétaires et préservation des missions de service public, alors que le sport continue de jouer un rôle central dans la cohésion nationale et l’inclusion sociale.

Selon Marina Ferrari, les sports moins médiatisés, notamment le parasport et les compétitions féminines, seraient les premiers impactés. Elle craint une baisse de visibilité pour des disciplines comme le handisport ou les championnats féminins, dont la couverture dépend largement des chaînes publiques.